Ghost recon : La Guerre souterraine.
Chapitre I
Russie, Ossétie du Nord, entrepôt désaffecté au sud de Vladikavkaz, non loin de la frontière Géorgienne, 2 heures 06 heure locale.
- Akula, à 10 heures.
- Vu, Sokol.
Vladimir Orlianov, alias Akula, terme Russe désignant requin, s’arrêta net. Il jeta un œil alentours et avisa un tas de caisses près duquel un type tentait d’allumer sa clope. Il s’accroupit et avança, tout en prenant soin de viser la tête dudit personnage avec son AK-200 de la fabrique Priket Kalashnikov. Automatique à 750 coups minute, elle dispose d’une forte puissance d’arrêt sur des portées plus élevées qu’un fusil d’assaut normal. Vladimir l’avait équipée comme à son habitude d’un silencieux, ainsi que d’un viseur réflex à obturation visuelle moyenne, précédé d’une lunette type reflex fermé à optique à rétrodiffusion, permettant grâce à des rayons X de voir au travers d’une paroi sur une courte distance par simple pression d’un poussoir.
Quand il fut assez près, il appuya sur la détente, attrapa le corps chancelant avant qu’il tombe au sol et le cacha entre deux caisses. « Comme au bon vieux temps …» se disait-il intérieurement. Le temps de Voron...
Un temps pas si ancien, Voron étant une initiative commune entre le SVR et le FSB créée depuis 2008, à l’instar d’Echelon 3 de la NSA. Ce programme servait à l’extraction de données confidentielles par le biais d’agents de terrain hautement équipées et assistées par une équipe technique à distance : les cellules dissidentes. Quand Bodark l’avait sélectionné, il eut son nom de code suite au nom de la tenue qu’il portait autrefois.
http://images.wikia.com/splintercell/images/3/3e/SCC_VR_SV1_Akula.png
- Dormeur, propre.
- Reçu. Reste où tu es. Tangos à 12 heures.
- Correct, mais hors de portée.
- Laisse-moi faire.
Anton Yorasenko épaula son KSVK et le mis sur son bipied. Ce fusil de précision a de très bonnes performances, mais dispose d’un maniement médiocre. Il fit la mise au point de son viseur 6-24x et attendit, la mire braquée sur le cou d’un des deux gardes depuis sa colline enneigée, camouflage actif.
- Qu’est ce que tu fous, mudak ! Ils viennent vers moi !
- Attends.
- Mais…
- J’ai dit attends !
Quand les deux gardes allaient se tourner vers Akula, l’ex-Spetsnaz, nommé Sokol, faucon pour sa dextérité au fusil de sniper, tira. La balle chemisée traversa le cou des deux hommes, leur laissant coincé à jamais leur dernier soupir.
- Pourquoi t’as attendu autant ?
- Pour que tu aies moins de fatigue à trainer leur corps de moins loin… Et pour économiser une balle… Ca ne pousse pas sur les arbres, ces machins-là…
- C’est bien ce que je disais, t’es vraiment qu’un crétin.
- Quel concert de louanges ! Plus sérieusement, Mirazh, ce scan donne quoi ?
- C’est la fête, là dedans, croyez moi ! 15 hommes, tous armés d’AK-47. Je vous les marques.
- Compris, répondit Akula. Laisse ton drone en stationnaire au dessus du bâtiment rendez-vous à l’entrée, avec Chaika. C’est maintenant l’heure de s’inviter…
2 heures 15. Entrée de l’entrepôt.
L’équipe Bodark avait rejoint l’entrée du bâtiment. Akula vérifiait son silencieux, Sokol remettait son fusil dans son dos et dégaina un VSS. C’est une arme de 840 coups minute très polyvalente à silencieux intégré. Sokol avait ajouté un viseur 1-4x et un chargeur de 30 balles. Mirazh s’appuyait quand à lui sur son SR3-M, il l’avait équipé d’un réflex ouvert et d’un détecteur cardiaque. Il regardait les images que son drone UCAV lui envoyait depuis sa Cross-Com.
Kiril Raisev est le plus jeune membre de l’équipe. Ce mordu d’informatique a étudié en France l’ingénierie de l’armement à l’école d’ingénieur de l’ENSIETA à Brest. Il tient sa double nationalité de sa mère. Il était promis à un bel avenir d’ingénieur en armement opérationnel sans la mise en contact par Bodark. Il se fait surnommer Mirazh, pour mirage, car quand il pirate quelque chose, il ne laisse tout bonnement rien derrière lui.
Akula prit la parole :
- Bien, il y a une verrière au dessus de l’entrepôt, et d’après les plans, les murs latéraux sont fragiles ici et ici (il désigne deux points sur le plan de sa Montre-Terminal Palm), voilà ce qu’on va faire...
L’entrepôt baignait dans une lumière intense et blanche, et le calme y régnait. A l’intérieur, les gardes ne semblaient pas prêter attention à ce qu’ils faisaient : certains déambulaient sans but à travers des rangées de caisses, d’autres se servaient d’elles comme table de fortune pour jouer. Les derniers fumaient ou dormaient. Ils ne savaient pas que le chaos allait régner sous peu.
Soudain, la verrière explose, et quatre grenades IEM tombent dans la pièce. Le noir se fit, les hommes à l’intérieur pris d’étonnement s’hurlaient des ordres entre eux afin de couvrir le bruit. L’air semblait exploser quand les charges qu’avait placées Chaika sur les points sensibles des murs firent leur office.
Serguei Erikilin était un ancien Spetsnaz de l’unité Vympel, chargée d’intervention en milieux dangereux. Il pourrait dire jusqu’au moindre détail la composition de tous les missiles connus par lui, du V1 au Sol air Bloodhound, en passant par les nouveautés de l’armée de terre comme les Stingers. S’il ne savait pas, c’est que ça n’existait pas.
De chaque trou formé par les explosions, d’un côté Akula paraissait et de l’autre arrivait Sokol. Ils contournaient le plus vite possible les gardes afin de les prendre dans un étau. En effet, ils étaient plus préoccupés par ce qu’il se passait à la porte d’entrée.
Chaika était posté sur une caisse, et avait appuyé le bipied de son Ultimax Mk 5. Equipée d’un chargeur rond de 150 balles, d’un reflex ouvert et d’un frein de bouche, cette arme d’une puissance non négligeable, d’un chargeur permettant un rechargement rapide et d’une cadence de tir de 540 coups par minute pouvait se montrer déterminante lors d’un tir de suppression.
Et c’est ce que Chaika faisait, ce qui permettait à Mirazh de rappeler le drone posté à la verrière et de commencer à avancer avec son SR3-M. Il devait se rendre au fond de la salle au milieu de la cohue. D’après le briefing, c’est là que devait se trouver l’objectif.
Il profitait de la fumée des explosions et des fumigènes qu’il lançait au fur et à mesure, se servant de la Cross-Com et du détecteur cardiaque de son arme pour slalomer entre les caisses et les ennemis. Une fois arrivé à l’arrière porte, il rengaina le fusil de défense personnelle afin de sortir son Stun Gun, pistolet incapacitant à tir unique délivrant une charge électrique de 10 000 volts et de 0,02 ampères. Ca pique, ça sonne, mais ça ne tue pas.
Il savait qu’il n’y avait qu’une personne dans la pièce et qu’il lui tournait le dos, grâce au marquage de son drone. Il donna un grand coup de pied à la porte, entra, et en moins de temps qu’il ne m’en fallu pour l’écrire, tira sur le pauvre homme entre les omoplates.
Quand il eu fini de lui passer les menottes souples, il pressa son oreillette et parla :
- Assoupi. Propre. A tous, j’ai rejoint l’objectif.
- Parfait, répondit Chaika. Le charnier est fini de nôtre côté. Eh, au fait, tu t’es trompé, ce n’étaient pas des AK qu’ils avaient, mais des Types 56. http://www.armeetpassion.com/TARM/chine%20type%2056/chine%20type%2056.jpg
- Des Types 56 ? Qu’est qu’une contrefaçon chinoise peut foutre ici, dans le pays des originaux ?
- On en sait pas plus que toi, intervint Akula. On te rejoint.
Mirazh raccrocha. Il s’interrogeait. « Reste à savoir ce que nôtre nouveau camarade aura à nous dire. »
« Les types… Ils ne peuvent pas être d’ici… Si ils ont des copies chinoises, c’est qu’ils ne sont pas russes… Je dois en avoir le cœur net »
Il se retourna vers le chargé de maintenance assoupi et tendit la main vers son masque, le saisit, puis l’enleva.
A travers son cache-col frappé par le bas de la gueule d’un loup et ses lunettes, on pouvait voir son expression changer.
Le garde était un Asiatique.