( suite)
J’émerge………« Que m’est-il arrivé ? …Où suis-je ? …Qui suis-je ? »…Autant de questions restant sans réponses ! Il fait nuit…La faible lueur d’un réverbère envahi d’insectes m’éclaire encore……Je me relève avec difficultés et constate avec horreur le trou béant dans ma poitrine. Le sang coule à flot mais ce n’est pas le pire, j’ai les tripes à l’air et une substance verdâtre les recouvre. « Je n’y comprends rien……Que s’est-il passé ? » Vu l’ampleur des dégâts, je ne devrais plus appartenir à ce monde ! Mais je suis toujours là…Bien que mon état soit on ne peut plus critique, je ne ressens aucune douleur. Je pars dans cette ruelle déserte à la recherche de soins………………………………………...
Je marche au moins depuis deux bonnes heures mais avec toutes ces habitations barricadées, aucun moyen de m’introduire à l’intérieur pour m’y reposer. Je décide donc de m’asseoir un moment… « Tout est calme ici, bien trop calme à mon avis ! !…… » Je reprends ma route, le ciel est toujours noir…L’horloge de l’hôtel de ville indique 10h03, bref…c’est vraiment bizarre…J’ai dépassé un chantier il y a de ça 10 minutes, la barre à mine que j’y ai trouvé me servira peut-être par la suite. Le sang ne coule plus mais cette substance verte s’est étendue et commence à combler ma plaie. Je déchire la manche droite de ma chemise et essaie de faire un garrot comme je l’ai vu sur le canal 34 de la BBC. Pas facile, qui plus est, je me suis fait passer pour malade lors du passage du brevet de secourisme. La mémoire me revient par bribes, je m’appelle Grégory, Grégory STRIKER, américain pure souche……Je me suis fait agresser la veille par une horde de monstres. « Pourquoi ne m’ont-elles pas tué ? M’ont-elles contaminé ? » Je ne souffre pas pourtant ! Il y a un vétérinaire au coin de la rue, il me faut pour le moins un spray désinfectant. La porte est verrouillée, je savais que la barre à mine allait servir. Je pénètre à l’intérieur, l’endroit semble inoccupé. L’électricité ne fonctionne plus. Je fouille la pièce principale qui présente un bureau de style moderne, des étagères remplies de livres et une machine à écrire…Pas de calmant. Il y a une porte derrière le bureau, peut-être est-ce une réserve pharmaceutique. A peine l’ai-je ouverte qu’en espèce de larve me file entre les jambes et disparaît par la vitre que j’ai brisé. Je pénètre dans la pièce adjacente…Gagné ! !……S’en est une. Je fonce vers l’armoire qui me fait face, elle doit sûrement contenir ce dont j’ai besoin. C’est une armoire blindée codifiée……bordel de merde ! J’ai pas le temps de jouer aux devinettes ! !! De plus, la barre à mine a rendu l’âme en même temps que la vitre. J’entends derrière moi comme un murmure, je me tais quelques instants et essaie de trouver d’où cela peut venir. Une nouvelle fois je l’entends puis une troisième…Ca y est, cela émane du casier au fond de la pièce. Je saisis lentement le scalpel sur ma gauche et m’approche du casier. Il faut que je l’ouvre…Je l’entrebâille et un cri de détresse retentit. C’est une femme, elle a été terrifiée lorsque je l’ai découverte. « Mais qui êtes-vous ? …Que faites-vous ici ? » lui demandai-je. « Mon nom est Judith, Judith SMITH, je suis vétérinaire… » Je ne me souviens pas de la suite, je m’évanouis d’un coup……………………………………………………….
Lorsque je repris connaissance, j’étais allongé dans un brancard. Cette femme préparait je ne sais quoi, elle me tournait le dos. Elle se retourna vers moi et me dit : « Tu as été contaminé par les Rippers. A l’origine, ce sont des personnes comme toi ou moi. Si ma mémoire est bonne, le 3 juin 1997, la Umbrella Corporation a enlevé la fille du Maire de la ville afin d’expérimenter leur nouvelle toxine, un dérivé du virus Ebola. Elle s’est très rapidement morphosée en Ripper et Umbrella a été incapable de la contrôler. Ce qu’elle était loin d’imaginer, c’est que cette créature avait la faculté de se reproduire en injectant un œuf dans le corps d’autrui et ainsi se multiplier. ( Essuyant ses larmes) Les scientifiques en ont fait les frais… .
« Ce que je vais te donner n’est en aucun cas un vaccin mais juste une décoction qui retardera la croissance de l’œuf que tu portes en toi. La solution à ton problème se trouve aux laboratoires d’Umbrella, ils servent de dernière demeure aux scientifiques mutés. Tu devras tuer le chef des Rippers et me rapporter son cœur, c’est la base du vaccin. » Elle se tut quelques instants et reprit : « Mais prends garde, le cœur doit rester intact sans quoi le vaccin aura l’effet contraire et amplifiera la croissance de l’œuf. Avec ce que je t’ai injecté, tu n’as qu’un répit de quelques heures, dépêches-toi et saches que tu n’es pas le seul à avoir tenté ta chance, Eric STEALMAN, le tenancier du bar de la place, est dans le même cas que toi, je n’ai d’ailleurs plus de nouvelles depuis longtemps, je me demande s’il s’en est sorti…… » Je lui répondis alors : « STEALMAN est mort, il s’est suicidé………
………Je suis désolé. Je suis Grégory STRIKER, comptable pour la Chambers’ Compagny… »
Judith me coupa la parole et me tendit un plan d’accès au repère des monstres.
Je la quittai en priant qu’elle ne soit pas morte à mon retour. L’affrontement me préoccupait, comment allai-je me débrouiller avec un simple scalpel. Les labos ne sont qu’à un ou deux kilomètres de ma position actuelle, je dois trouver autre chose pour me battre. A peine une cinquantaine de mètres au Nord de la clinique, je revis cette larve, elle n’était plus aussi innocente « à supposer qu’elle le fût ! », elle était en face de moi et poussait des hurlements stridents……D’un coup, avec un cri bien plus aigu, elle déchira son enveloppe externe et ce que je découvris ne fût pas comparable………Une gigantesque dégénérescence prit forme devant moi et je n’avais qu’un scalpel en main pour me défendre……Je devais ruser pour m’en sortir. Mais je devais réfléchir vite, la bête était furieuse, il n’y avait pas de mots pour la décrire, elle avait un teint blafard, un bras plus grand que l’autre. Soudain je vis ce bras foncer vers moi avec une vitesse incroyable, cette créature pouvait détendre son bras droit comme elle le souhaite. Le bras arrivait trop vite, le temps n’était plus à la réflexion mais à l’action. Je me baissai et évitai le coup…Par chance, la créature avait endommagé le pylône électrique derrière moi. Rapidement, elle tenta une seconde attaque, pas très réfléchie, son bras alla se ficher dans le pylône et l’arc électrique la fit griller en un éclair dans un déchirement de chair et de cris. Ces restes formaient une gélatine noirâtre puant le rat mort. Je continua ma route en reprenant mon souffle……
Je ressentais quelques douleurs au niveau du thorax…Judith m’avait prévenu, la mixture ne me donnerait qu’un sursis…Je voyais à présent ce maudit œuf implanté en moi, il était enlacé dans mes tripes, chaque extrémité de mon intestin était reliée à cette excroissance. Celle-ci avait besoin de mon sang pour survivre…Pas très loin des laboratoires Umbrella, je vis débouler d’une galerie commerciale, « High Mall je crois », une femme apparemment très pressée, elle portait un débardeur bleu, une jupe noire, des bottes en daim, elle avait en guise de ceinture un sweat blanc. A sa démarche, je suis prêt à parier qu’elle occupe un poste gradé dans la défense, et je me trompe rarement…
J’essayai de l’interpeller tout en avançant, mais trop occupée, elle ne fit pas attention à moi. Soudain, j’entendis la même porte s’ouvrir derrière elle, on aurait dit les pas d’un T-Rex……J’avançai discrètement et découvris l’inimaginable…Un homme d’environ deux mètres cinquante se tenait devant moi « Moi qui fais à peine un mètre soixante dix, je faisais pitié ! !! ». Il était intégralement vêtu d’une combinaison en cuir noir, le tout serré par des ceinturons en cuir également, il tenait un bazooka dans sa main droite. On aurait dit qu’il était brûlé au troisième degré. Je m’approchai de lui et demandai s’il avait besoin d’être soigné. Il n’avait pas l’air de se soucier de moi non plus car il ne disait rien et vu sa carrure, je n’en menais pas large…Cependant, d’un air ravageur, il leva la tête vers le ciel et tout en écartant les bras qui laissèrent entrevoir ses veines éclatées et purulentes, il cria : « STAAAAARRRSSSSSSSSS ! !!!!! », s’avança dans la rue et se mit à courir…Pendant ce temps, cette femme avait réussi à escalader les labos d’Umbrella et avait à présent devant elle toute une armée de Rippers. Trop lourd, cet homme brûlé avait du mal à faire de même, furieux, il arma son bazooka et tira dans le sas d’entrée du labo. Pour les Rippers, il était l’heure de trouver de nouvelles victimes. L’arrivée de cette femme avait été des plus discrète, sa présence n’avait pas été détectée. Mais l’explosion du sas les alerta et elles distinguèrent ce monstre armé d’un bazooka entrer d’un coté et cette femme de l’autre. Apparemment ce monstre voulait la femme. Le chef Rippers l’avait remarqué. D’un cri de ralliement, il lança ses sbires à l’attaque du monstre mais ce dernier ne s’en préoccupait pas. Seul cette femme était l’objet de son intérêt. Les Rippers le gênaient de plus en plus, d’un geste vif, il les repoussa……mais elles revenaient à la charge…Il arma son lance-roquettes et explosa les créatures dans un grondement assourdissant. Il venait d’utiliser son dernier obus. Des lambeaux de chair traînaient partout sur les murs, les abords du labo ressemblaient à un véritable charnier. La femme avait réussi à s’échapper…Ce que je vis par la suite me glaça le sang, le chef était très furieux, toute son armée avait été décimée d’un coup d’un seul. Il fixa cet homme-créature et changea son apparence physique de sorte à ressembler le plus à cette femme. Je n’en revenais pas ! !! Il s’avança vers le Ripper, aveuglé par cette illusion de femme, se mit à courir et asséna un violent crochet dans la tête de son opposant le faisant voltiger sur le capot d’une voiture de la NYPD. « Mais que fait-elle justement, la police ! ! » Puis, d’un geste nonchalant, il leva la créature en le tenant par le cou et un tentacule rose et dégoulinant lui traversa la figure de part en part, il jeta la dépouille tout en s’éloignant. Au loin, je pouvais encore entendre sa marche terrifiante, sa mission n’avait pas l’air achevé car je l’entendis une nouvelle fois crier : « STAAARRRRSS ! !!! ». Puis, plus rien………
J’avançai discrètement vers la carcasse putréfiée du chef, qui avait reprit sa forme d’origine. Lui détacher le cœur n’était pas chose aisée, qui plus est, j’avais paumé le scalpel ! !!Je ramassai alors un vieux pieu qui traînait par-là et commençai à lacérer la chair encore chaude. Bientôt, j’accédai aux côtes, il fallait en défoncer au moins une ou deux pour accéder au cœur. La première fût facile à casser, elle avait été rongée par le soufre ; par contre la seconde me posa problème, elle était très résistante, de plus la sectionner était obligatoire car ma main coinçait encore. Je donnai un violent coup à l’aide du pieu et……rien…, puis un second… qui rippa et se ficha à coté du cœur « C’était moins une ! !! », un troisième coup, un quatrième…Enfin, la côte se brisa, je réussi à détacher le cœur du monstre sans trop de difficultés et l’emballa dans ma manche restante. Je fis demi-tour et trouva un magnum chargé à bloc « Ca fera l’affaire j’espère ! ! », je devais rallier la clinique vétérinaire dans les plus brefs délais car la douleur se faisait plus forte. « Allai-je retrouver cette femme saine et sauve ? Qu’elle puisse au moins me sauver, le reste ne sera plus mon affaire ! ! »……………………….
Sur le chemin du retour, rien de spécial……Ah si,……Le corps du monstre grillé s’est tout simplement volatilisé, plus de traces de son passage…bizarre…J’entre à nouveau dans la clinique où j’aperçois Judith en prise avec un zombis, au moment où j’arrive, elle est mordue par ce monstre que j’abats sèchement d’une balle de magnum. Mais ce n’est pas grave, pour elle un spray la soignera…Elle est contente de me voir, quelques minutes plus tard, elle serai peut-être morte. « En tout cas, j’veux pas qu’elle crève avant de m’avoir guéri ! ! » Je lui tends le cœur…Tout est parfait, encore un moment et tout sera terminé. » Elle remarque qu’une écharde est plantée dans le ventricule gauche. Elle me dit que cette écharde ne pouvait avoir détérioré le cœur mais j’aperçus quand même qu’à l’endroit précis où le morceau de bois était fiché, un suintement de cette substance verdâtre que j’ai à même le corps. Bref, passons……Elle concocte alors le vaccin. Peut-être une demi-heure après, c’est terminé. Judith me renseigne sur la façon dont elle va procéder. Cela se fera par intraveineuse. « Ca me rassure, une simple prise de sang, pas de quoi en faire un plat ! !! » Le liquide commence à couler dans mes veines…Je la regarde, attentif, et vois s’esquisser un sourire funeste sur son visage. Je lui demande pourquoi. Elle m’explique alors que j’allai servir de cobaye à un modèle expérimental du Tyran 908 X. Et que la substance introduite dans mon corps par ses soins ne faisait qu’amplifier la réaction…Je……Je ne voulais pas croire ce que j’avais entendu « Je me suis fait prendre à mon propre jeu ! », Judith était un agent travaillant pour le compte d’Umbrella…Hébété par ce que je venais d’apprendre, je saisis alors le magnum et lui plombai la jambe droite d’une première balle, une seconde dans l’autre, elle s’écroula. Elle me cria : « Vas-y, tue-moi ! ! ». Je répondis : « Je ne sais pas, peut-être, avant je veux prendre du plaisir à te voir souffrir ! ! » Je tirai une troisième et une quatrième balle dans chaque bras, sa mutation en zombis l’a rendu plus résistante. Je l’achève en lui tirant une balle dans le ventre et une autre en pleine tête. Elle est morte, elle trésaille encore…dans son sang…
Je sens à présent que ma fin est proche et c’est irrémédiable ! !! Le liquide a investit l’intégralité de mon corps. Il faut que j’en finisse avec tout ça. Je lève alors le magnum au niveau de ma tempe droite. J’appuie……rien ne se passe. Je vérifie le chargeur……Il est v……..vide ! !!! « Qu’ai-je fait ? Que vais-je devenir ? » J’entends alors comme des pas dans la rue, dans un élan de courage, je sors de la clinique et là…une espèce de gorille décharné me fait face, mes blessures me ralentissent énormément à présent. La seule chose dont je me souvienne est qu’il avait l’air intéressé par ma présence. Il avait d’énormes griffes et courait vers moi recroquevillé. Il sauta et je sentis comme une brûlure au niveau du cou. Puis ma vue baissa lentement puis plus vite. La seule chose qui m’effrayai fût cette vision d’horreur, il me souleva par les cheveux et j’aperçus mon corps baignant dans mon sang. Le monstre m’avait décapité… « Quelle ironie ! ! J’ai évité la mort par deux fois déjà, la troisième m’a été fatale mais il y a une chose que je sais maintenant, c’est que je suis enfin libre ! !!…………………………….
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F I N 