Il est vrai que quand tu commences ce jeu, la production vidéoludique se découpe en deux parties: Ninja Gaiden et le reste des jeux. Pourquoi? A cause de sa difficulté, son exigence.
Il faut compter deux à trois heures ( effectif, c a d Game Over(s) compris) pour finir le premier niveau, ce qui constitue en soi habituellement la moitié de la durée de vie d´un jeu de ce genre.
Et autant te dire que tu en chies au début: il faut apprendre à utiliser la garde à bon escient, alors qu´elle est souvent superflue dans les autres jeux, mémoriser quelques coups dévastateurs pour les sortir en cas de mauvaise posture, et apprendre à exploiter à fond les décors pour s´y déplacer pendant les combats.
Tu t´habitues cependant à cette difficulté, qui fait tout le charme de Ninja Gaiden: aucune récompense n´a jamais été aussi méritoire, si tu boucles un niveau, c´est que tu as fait ce qu´il fallait pour. Ninja Gaiden se vit d´une façon passionnelle, une sorte d´amour vache, qui fait regretter la baisse de difficulté relative des derniers niveaux. Les ennemis sont plus nombreux et coriaces, mais les boss, bien que leur nombre grimpe ( 5 en tout dans le chapitre 15!), s´avèrent faciles à battre car souffrant des mêmes points faibles. Ils sont souvent plus imposants que résistants.
Néanmoins, le jeu propose une durée de vie colossale dans son genre et de façon globale très généreuse, et fortifie l´ego de quiconque parvient à son terme. C´est un vrai plaisir de gamer, intelligent et exigent, qui fait devenir sévère sur l´absurde facilité du reste de la production actuelle. C´est simple: il faut renoncer à jouer simultanément à d´autres titres en simultané et longtemps encore après avoir fini le jeu, tant ils semblent aisés et évidents. Alors il ne reste plus qu´à recommencer Ninja Gaiden en Very Hard et poursuivre la quête des 52 scarabées, ce que je m´apprête à faire 