Une nuit apparemment comme un autre, dans la banlieue d'une ville importante, une fenêtre s'alluma. Derrière cette fenêtre, dans l'appartement, habitait Donphan, un étrange personnage. Il portait toujours un chapeau cubique surplombé d'une statue de Monsieur Aulas, personnage mythique qu'il rêvait de rencontrer. Il venait de se réveiller en sursaut et était donc habillé avec un pyjama représentant, lui, plusieurs ballons de football et parcouru par une inscription disant « Galactico, je t'aime ! » sur le haut. Le bas était tissé avec ce qui semblait être des fils d'une quelconque matière, mais il y tenait comme à la prunelle de ses yeux, ce qui laissait penser que c'était plus que ça. Il portait donc son chapeau.
Donphan, après avoir allumé la lumière avec l'interrupteur se situant au pied de son lit en céramique, se leva et alla vers son bureau. Il écarta d'un geste machinal les feuilles représentant une montgolfière en plomb qu'il avait inventée la veille et finit par mettre la main sur un bout de papier encore vierge. Il saisit son crayon décoré par une minuscule photographie d'Aulas serrant la main à Zinedine Zidane, puis arrêta son geste pour réfléchir quelques instants. Il repensa à ce rêve étrange qu'il venait de faire. Il était un nounours en guimauve et défiait les oiseaux sauvages. Ces-derniers, fiers, acceptaient le duel qu'il leur proposait, consistant à manger le plus de pâte à modeler possible. Il les battait avec une étonnante facilité puis les dévorait pour sceller sa victoire. Après les avoir tous battus et mangés, il partait vers la forêt de Squalaf (c'était en tous cas ce qui était écrit sur la pancarte indiquant sa direction) afin de manger les arbres. Et là, il marchait sur un hérisson. La douleur était intense, et il s'était réveillé.
Non, ce n'était pas possible, se dit Donphan. Un rêve aussi stupide signifie forcément quelque chose ! Il griffonna alors sur sa feuille en essayant de décrypter le sens caché de cette vision grotesque. Ainsi, il était un nounours en guimauve. Il n'avait jamais été très gourmand, il émit donc l'hypothèse que ce rêve représentait l'inverse de la réalité. Poursuivant sur cette idée, il estima que les oiseaux représentaient des tortues et la forêt la mer. « Squalaf » devait donc être en fait « Falauqs », et il finit donc par conclure que cela voulait dire « falaise ». Il continua, inlassablement, à décrypter son rêve. Il conclut enfin qu'il devait partir en direction de la plus proche falaise après s'être fait battre à la course par des tortues. Écrasé de fatigue et par son chapeau, il alla se recoucher, heureux.
Le lendemain, un grand « prout » accueillit son réveil. Il était 7 heures pétantes. Néanmoins, il n'était pas grognon comme chaque matin. Il était au contraire résolu à quitter ce lit et cette habitation. Donphan passa 3 heures à trier ce qu'il emmènerait dans son expédition ambitieuse. Il emporta finalement son chapeau, son pyjama, de nombreux vêtements à la gloire d'Aulas, du papier, son fidèle crayon, des sandwiches au jambon et à la tomate, son sac de voyage pour caser le tout, et disparut dans les ténèbres de cette nuit hivernale (très très au nord !).
Après deux heures de déambulation dans la ville, il retourna chez lui pour prendre une boussole. Ceci fait, il ressortit puis revint vite quand il sentit la faim le tirailler. Il mangea des côtelettes de porc footballeur, emporta cette fois ses économies (au cas où il croiserait un restaurant ambulant), son GPS (plus utile qu'une simple boussole), et son générateur d'électricité fonctionnant grâce au poids (son chapeau ferait parfaitement l'affaire) pour recharger ce dernier objet. Il alla ensuite au zoo dans le but de rencontrer des tortues. Il s'adressa au gardien, un homme antipathique qui lui demanda d'aller voir ailleurs. Donphan, déterminé, pénétra par effraction (c'est mal) dans l'enclos de ces lents reptiles, habité par un seul, et fit une rencontre qui allait changer son existence.
« Allez, du vent ! lui dit la tortue.
- Plaît-il ? répondit Donphan.
- Je ne me suis pas fait comprendre ? Sors de chez moi, ce n'est pas pour les humains !
- Ho, du calme. Je suis juste là pour…
- Ça ne m'intéresse pas ! Va-t'en !
- Pourriez-vous avoir l'amabilité de me dire votre nom, s'il-vous-plaît ?
- Grr… Je m'appelle Zul.
- Zul ?
- Oui, Zul ! Et maintenant, vous allez partir ?
- Puis-je d'abord vous informer de l'objet de ma visite ? »
Zul consentit finalement à écouter Donphan. Il éclata d'un rire profond et cristallin quand il apprit que ce-dernier voulait juste être battu à la course par une tortue, chose tellement fréquente que cela lui semblait ridicule. L'humain répliqua qu'il n'avait jamais vu de tortue rapide, et qu'il ne comprenait pas pourquoi il riait ainsi. Zul lui demanda alors de le sortir de son enclos et de le poser sur le plat (non, pas là où on met un repas) afin de commencer la course. Il lui dit aussi d'aller s'instruire. Donphan obtempéra et le garde siffla pour signaler le problème. Les deux concurrents prirent ceci pour le départ de la course et démarrèrent exactement au même moment. L'humain prit assez rapidement une longueur d'avance mais la tortue le rattrapa et finit par le battre en arrivant le premier à l'énorme spaghetti tendu par Donphan entre deux girafes pour servir de ligne d'arrivée. Ils continuèrent cependant pour échapper aux gardiens enragés qui les poursuivaient en brandissant des réverbères, et finirent enfin leur course haletante au niveau de la sortie de la ville.
Donphan, impressionné par la vitesse de la tortue, lui demanda comment elle faisait pour aller si vite. Zul lui répondit que c'était grâce aux pouvoirs de Martin Mystère et de jordan combinés. Il demanda également à l'humain pourquoi il tenait tant à courir avec un chapeau aussi lourd. Celui-ci fut assez évasif sur la question et remercia la tortue, lui disant maintenant de retourner au zoo.
« Tu es fou, si j'y retourne, le gardien Final_Zack va me manger, farci aux pruneaux. C'est lui qui a prévenu les autres. Je dois donc venir avec toi, même si cela me désole.
- Mais, ma quête risque d'être dangereuse…
- Ne me fais pas rire, tu vas juste voir une stupide falaise.
- Comment sais-tu ça ?
- Tu devrais arrêter l'alcool. »
Et, sur ces paroles étranges, le duo s'avança vers le désormais lumineux paysage qui constituait sa quête.
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J'ai légèrement dérogé à la règle étant donné que cette fic n'est pas finie et que je vais poster la fin plus tard car là j'en ai un peu marre. 
Les critiques développées sont les bienvenues, et pourront éventuellement être prises en compte pour la deuxième partie. 