Les Chroniques de Dalbaran
INTRODUCTION :
Intro – Machination.
Yulnir décocha la dernière flèche de son arc. Maintenant, il le savait, son sort ne pouvait être que funeste. Il ne voyait aucune issue dans l´obscurité, malgré ses yeux habilement adaptés aux ténèbres.
L´assassin du Roi n´avait sans doute jamais connu pareille situation, tant il s´acquittait avec facilité de ses missions d´ordinaire, pourtant d´une difficulté telle qu´elles auraient découragé la moitié des gardes les plus braves du royaume d´Erhn.
Un dernier regard désésperé autour de lui, puis, le sifflement d´une flèche qu´on décoche, puis, le terrible pressentiment de la mort, puis, enfin, une douleur lancinante entre les épaules. Le glorieux archer venait juste de mourir.
Le palais royal connaissait souvent des scènes de liesse et d´orgie, mais ce soir-là, à la lueur dansante des chandelles, les conseillers du Roi Urdar relevaient plus de corps cadaveriques que de hauts fonctionnaires d´Etat. Ils étaient tous assis autour d´une grande table rectangulaire, recouverte d´une masse informe de documents. Les voix étaient monocordes et lentes, et quiconque ne parlerait pas la langue d´Erhn croirait plus à de vieux chants traditionnels qu´à des discours de la plus haute importance. Néanmoins, le ton s´élevait au fur et à mesure que le jour tirait à sa fin.
-La guerre ne doit pas être déclarée !, s´écria un conseiller.
La voix dure et sèche du Roi se fit alors pour la première fois entendre :
-Du calme, Kufkar ! La guerre est sans doute inévitable, et vous le savez mieux que quiconque. Arrêtez de refusez l´évidence !
-Votre majesté, les Dernyis ont montré plusieurs signes de pacifisme et de volonté de paix ces derniers temps ! Cette guerre ne rimerait à rien !
-Taisez vous ! rugit le Roi. Les Dernyis sont fourbes et manipulateurs. On ne peut s´y fier.
Le voix du Roi fit taire toute l´assemblée, tant la puissance de celle-ci était impressionante. Celui-ci se tourna vers un messager qui l´interpellait.
-Majesté, quelqu´un pour vous, dit celui-ci en chuchotant.
-Est-ce ... ?
Le messager marqua quelques secondes de silence.
-Oui, c´est lui.
Le Roi repris d´une voix plus forte :
-Mes amis, je me vois obliger de vous quitter. Nous reprendrons la séance demain, à l´aube.
Les murmures envahirent la table, mais le Roi n´en tint pas compte et sortit vers un but bien précis. Il sortit par la porte du fond, marcha quelques mètres, monta un escalier, et arriva enfin dans une pièce où l´attendait un homme robuste, portant les insignes impériales. On voyait à ses vêtements rapiécés et sa mine exténuée qu´il venait de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres. Il était mal rasé, courbé, avait les cheveux grisonnants et sales, et, malgré tout, une impression de majesté et de noblesse émanait de lui.
-Bienvenue, Yun, dit le Roi sans parvenir à cacher un sourire de soulagement.
-Majesté. Yun s´inclina en signe de respect puis se releva promptement. Il n´en était visiblement pas à sa première entrevue avec le Roi.
-Majesté, Yulnir est arrivé au chateau du Roi Azer Hampegarde. L´assassinat est prévu cette nuit.
-Très bien !, s´exclama le Roi.
Yun ne parvint pas à cacher plus longtemps le doute qui l´étreignait.
-Majesté, n´avez-vous pas peur qu´il échoue ? C´est entreprise risqué que d´envoyer un homme seul en pays Dernyi, et, aussi exceptionnel que puisse être Yulnir, il se peut que ce projet soit arrivé aux oreilles Dernyis...
-Je ne m´en fais pas pour lui. De toute façon, il peut échouer, cela ne changera rien.
-Que.. quoi ?
-J´ai fait en sorte de laisser assez d´indices sur Yulnir pour que les Dernyis comprennent d´où il vient. Crois-moi, que Yulnir réussisse ou non, dans quelques jours, ce seront les Dernyis qui viendront à nous ! Et rien ni personne n´empêchera alors la guerre de débuter. Ces stupides débats de pacifisme n´auront plus lieu d´être. La guerre aura lieu. La guerre, Yun, la guerre !
-Et la victoire... dit Yun dans un large sourire. De toute évidence, lui comme le Roi avait une confiance absolue en les armées d´Erhn.
L´un des complots les plus meurtiers de l´histoire venait juste d´avoir lieu.
C´est pas du grand art, chui d"accord 
Mais la vraie histoire commence bientot 