J'ai pas mal hésité à venir poster le premier chapitre de ma fic ici à cause de la mentalité puérile un peu trop présente sur les forum de JV à mon goût mais c'était le meilleur moyen pour la faire connaître.
Mass Effect : Aftermath commence quelques minutes avant la fin de Mass Effect 3 et se place dans l'univers de Mass Effect tel que je l'ai laissé dans les jeux (conciliation++ depuis ME1 et synthèse). Cette fiction suivra la vie de trois personnages évoluant chacun dans un tableau différent (un capitaine turien membre de la résistance sur Palaven, un jeune krogan et ses deux amis sur Tuchanka et une ingénieure quarienne dont le vaisseau a pris part à la libération de la Terre). En tant que passionné de l'univers de Mass Effect, j'ai commencé à écrire cette Fic pour le faire perdurer et y ajouter un peu de mon imagination, j'espère que cela vous plaira.
Musique d'ambiance pour ce chapitre :
http://www.youtube.com/watch?v=WMaNKIw0SAc&list=PL7C43F5CE8A8535F2&…
Journal de Wilkhan Caesar : Entrée n° 450
Encore... Il fallait encore se planquer. Cela ne faisait pas si longtemps que ces saloperies de scarabées mécaniques géants étaient arrivés par le relais de la Crête Apienne, qu'ils avaient défoncé notre flotte et commencé à bombarder Palaven... Notre monde. Et pourtant j'ai l'impression que ça fait une éternité...
Comme tous les turiens je suis un soldat, entraîné au combat, habitué à la mort, prêt à tous les sacrifices pour l'honneur du régiment, l'honneur de mon espèce... Tous les sacrifices ? Notre vie n'a-t-elle vraiment aucune valeur ?
Oh et puis de toute façon c'est pas le moment de réfléchir, je suis là avec mon escouade (ou plutôt ce qui en reste) à me cacher dans un étage d'immeuble en ruine, essayant de nous soustraire à l’œil écarlate de ce foutu cyclope dont la lumière projetai des ombres cauchemardesques sur les murs de la pièce poussiéreuse. Le sol trembla une fois, puis une autre, raisonnant sous les pas du titan. Maintenant il fallait qu'on bouge.
Ah Palaven, ses innombrables tours d'argent, Cipritine notre capitale, brillant dans la lumière de Trébia, notre étoile orange... Maintenant tout est en ruine, ce qui reste de nos tours élancées et anguleuses baigne dans un épais et toxique nuage de poussière parsemé d'incendies.
Le sol brûlé craquait sous mes pas, alors que je marchais doucement pour ne pas le faire s'effondrer sous mes pieds, nous progressions d'une pièce à l'autre, arme à la main, pour répondre à un appel de détresse venant de la tour d'à côté qui s'était effondrée contre la notre.
Je regardais par le carreau brisé pour estimer combien d'étages il nous restait encore à gravir pour passer d'un immeuble à l'autre quand je vis un corps qui pendait d'une fenêtre en face, j'ai zoomé avec les optiques de mon casque qui fonctionnaient toujours malgré la fissure qui lézardait ma visière. Une femme à qui il manquait un bras, elle avait du se vider de son sang après que le cycosaure ne se soit écrasé sur la tour où elle se cachait. Encore un étage à monter.
Les escaliers n'étaient pas surs et il nous a fallu percer un trou dans le plafond et s'y hisser à la courte échelle. C'est là qu'on a commencé à entendre les cris et les coups de feu.
Nous sommes entrés dans l'autre tour par une fenêtre assez proche pour être facile d'accès, se déplacer était devenu encore plus difficile à cause de l'inclinaison du sol, mais nous avons accéléré la cadence pour arriver avant qu'il ne soit trop tard... Nous sommes arrivés dans un couloir sombre, j'ai dit à mes hommes d'activer la vision nocturne avant d’apercevoir une porte qui nous barrait la route, nous avons couru, omnitech au poing pour commencer à découper cette porte coupe feu qui nous séparait de notre objectif. Le vacarme s'intensifia.
Même à quatre on a du pousser de toutes nos forces pour faire tomber ce maudit bout d'acier, une fois de l'autre côté : l'horreur...
Pris dans un combat acharné une famille tentait de se défendre contre ces monstres, des humains, des butariens... Des turiens... La mère et ses deux fils, cachés derrière un meuble en acier criblé de trous tiraient tout ce qu'ils pouvaient sur les abominations de l'autre côté de la pièce ravagée qui s'ouvrait sur l'extérieur par un trou béant, laissant pénétrer le nuage toxique sur le champ de bataille noirci. La mère, à l’œil bandé, se tenait le flanc droit et tirait avec un simple pistolet sur les assaillants. Ses fils, tout aussi légèrement armés étaient indemnes.
Ils avaient eu de la chance, leur petite sœur était étendue à côté de la barricade, une balle avait traversé son crâne de part en part. Au milieu des forces des moissonneurs, une chimère, amalgame d'un krogan et d'un turien, d'une taille monstrueuse la bête finissait de déchirer ce qui avait du être le père en deux avant de nous jeter un regard et un hurlement bestial. C'est dans ces moments là que tu sens la mort poser sa main sur ton épaule.
Comme à l’entraînement, sans réfléchir on a appliqué la procédure standard en nous positionnant à couvert, tirant des courtes rafales mortelles pendant que mon équipier sentinelle, armé d'une revenant, maintenait un tir de suppression sur les zombis. Voyant notre arrivée et attirés par l'échange de tir d'autres moissonneurs sont arrivés et nous ont cloués à couvert. Sous le déluge de balles, j’échafaudai un plan pour mettre les civils en sécurité. J'étais sur le point d’attraper ma grenade quand un tir extrêmement puissant éclaira le couloir d'une lumière rouge sang. J'ai fermé les yeux et me suis ramassé sur moi même pour limiter les dégâts. J'ai senti l'explosion faire claquer mes mandibules et vibrer mes tripes. Un instant de silence... J'aurais aimé une accalmie mais l'impact d'une balle sur mon bouclier me rappela que ce n'était que mon casque qui avait préservé mes oreilles du boucan de l'explosion. En ouvrant les yeux je ne vis que la lumière orange du technoblindage de la sentinelle, baignée dans un flou bleuté. Il me fallut quelques secondes pour réaliser que la tache noire sur ma visière était en fait ce qui restait du doigt d'un des enfants. Les phalanges glissèrent mollement de ma visière, dégoulinante de sang bleu, avant de tomber au sol.
Le tir avait éventré la barricade, réduit l'un des enfants à une gerbe de sang et d'entrailles et arraché le bras de son frère. J'ai mi mon Incisor en bandoulière et j'ai tiré sur l'exterminateur avec mon Phaéton, remplissant cartouches thermiques après cartouches thermiques. Alors qu'un de mes hommes érigeait un mur de flammes entre les nuées et nous je jetais un œil à la mère, à deux doigts de sombrer dans l'inconscience tenter d’empêcher son fils de se vider de son sang alors que celui ci tirait encore sur les monstres en jurant sur sa vie que sa famille serait vengée.
J'ai finalement joué notre survie à quitte ou double en jetant une paire de grenades à fragmentation aux pieds de la brute, non pas pour la tuer mais pour faire céder la structure de la tour. Mes soldats ont attrapé les deux rescapés et on a couru comme des damnés vers la fenêtre par laquelle on était entrés. Je sentais les poutres d'acier gémir et grincer sous le déséquilibre.
A bout de souffle nous avons regardé la moitié de la tour disparaître dans le nuage de poussière où baignait Cipritine. Notre tour n'était pas sûre mais nous avons dû faire une pose. Alors que j’administrai le médigel à la mère étendue au sol elle tendit sa main vers mon visage et toucha ma visière du bout de ses doigts, sombrant dans l'inconscience, sa main glissa, laissant deux traces dans le sang de son fils.
"Tout est perdu..."
Et son bras tomba au sol. Son fils lui aussi avait perdu trop de sang et tomba dans les pommes. J'ai du demander une évacuation aérienne, cela faisait bien une semaine et demi que mes hommes et moi patrouillions dans ces ruines où trouver le sommeil tenait de l'impossible, nous étions à bout et se trimbaler deux civils sur 20km de territoire contrôlé par l'ennemi était trop risqué. On allait devoir se serrer dans la soute d'un chasseur qui est allait nous chercher sur le toit. Après une demi heure de galère pour l'atteindre j'avais déployé un fumigène, plus discret qu'une balise, et j'avais regardé autour de moi, des ruines, des épaves, des cadavres et ces saloperies d'ombres géantes qui parcouraient la ville... Il parait que la Terre, le monde des humains, avait subit le même sort... Qu'est-ce qu'on aurait pu faire de plus pour se préparer ? Palaven était quasiment un monde forteresse, imprenable qu'ils disaient... Tu parles, ils leur a pas fallu une journée pour commencer les bombardements... J'ai enlevé mon casque et regardé les éclaboussures de sang, la poussière, le verre brisé et la trace laissée par la femme... J'ai hésité à l'essuyer, mais je l'ai laissé tel quel, un souvenir du sacrifice de mon peuple.
Alors que je voyais le chasseur isolé arriver, un éclair vert traversa le ciel de part en part, éclairant le crépuscule mourant de cette fin d'après midi avant de libérer une gigantesque onde émeraude depuis ce qui semblait être la position du relais. L'onde se propagea extrêmement vite et il ne fallut que quelques secondes pour que la vague verte ne balaie la surface de Palaven.
Plus loin dans le couchant je voyais Nanus et Menaé s'éclairer d'une douce lueur verte. Quand elle m'a traversé j'ai senti mon corps se dérober, mon cœur palpita puis cessa de battre avant de reprendre à un rythme calme et serin. En un instant je n'avais plus assez de force pour me tenir debout et quelques secondes plus tard je me sentais fort et solide comme jamais je ne l'avais été, une énergie venue de nulle part m'envahit et je me relevais d'un bond. Je rouvris enfin les yeux, d'abord floue ma vision se précisa, se teinta de vert avant de me laisser voir le monde comme je ne l'avais jamais vu avant, données, scanners multispèctres, vision électronique par balayage, mes yeux me montraient tout sans aucun apport extérieur.
Malgré le spectacle cauchemardesque qui nous entourait je ne pouvais pas m’empêcher de trouver cela magnifique. Par un simple regard sur une tache de sang je décomposais le code génétique de la personne et le déchiffrait intuitivement pour créer un portrait de l'individu dans ma tête... D'un simple coup d’œil. Je pouvais voir précisément à des kilomètres. Nous avions tous subit cette étrange transformation et le pilote du chasseur manqua lui même de s'écraser pendant la mutation avant de se poser comme prévu grâce à ses nouveaux réflexes accrus. Il semblerait que nous n'avions pas développé la même spécificité... Pas le temps de chercher à comprendre ce qu venait de se passer, j'ai ordonné à mes soldats désorientés d'embarquer sur le champ. En bon capitaine j'étais le dernier à monter, je jetais un coup d’œil derrière moi avant d'embarquer dans la soute. C'est alors que je vis tous les moissonneurs, parcourus d'une énergie verdâtre, cesser leur génocide et prendre leur envol en chœur dans le ciel de Palaven. C'est à ce moment là que j'ai eu peur.