Pour en revenir à ton pavé Tova, je vais faire court car j'ai pas énormément de temps en ce moment (bah ouais, sache que pour la 3ème année, l'Angleterre c'est un mauvais plan niveau glandouille : on y bosse quasiment plus qu'à SP...)
On est à peu près d'accords sur l'influence partagée de la génétique et de la socialisation.
J'irais même jusqu'à t'accorder le fait que l'influence du milieu social ait le dernier mot pour être honnête.
Pareil pour le despotisme, on est à peu prêt d'accords.
Le métier de médecin nécessite en effet énormément d'études contrairement au métier d'ouvrier. Cependant, je part du principe que la valeur créatrice de tous les travaux est égale. Un balayeur de feuilles contribue autant à la société qu'un chirurgien, car sans le premier les rues seraient impraticables, et sans le second pas mal d'hospitalisés y passeraient.
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Je trouve, par ailleurs, ta vision de l'intelligence bien réductrice. Chacun possède une intelligence, elle est intellectuelle pour un économiste, pratique pour un ouvrier. C'est une intelligence qui n'est pas donnée à tout le monde que de savoir réparer une voiture, et il en est de même pour la capacité à analyser les conjonctures.
Bien sûr que la complémentarité entre intellectuels et manuels est essentielle pour qu'une société puisse continuer de tourner rond.
Cependant, j'ai vraiment du mal à accepter cette notion "d'intelligence pratique". On peut parler de savoir faire mais le terme "intelligence" reste pour moi exclusivement lié aux capacités intellectuelles. Ensuite, je suis formellement opposé à la "doctrine" de notre cher système éducatif qui voudrait faire des mathématiques le seul déterminant de l'intelligence. Au sein du domaine intellectuel, les différentes formes d'intelligence se valent mais "l'intelligence intellectuelle" restera pour moi toujours supérieure en terme de valeur brute à "l'intelligence pratique". Les personnes qualifiées ont une valeur "utile" supérieure aux personnes non-qualifiées, elles sont plus "précieuses" pour la société. Si le choix de sauver 200 scientifiques/ingénieurs/professeurs/érudits en tous genre ou 2000 ouvriers se pose, je crois bien que je choisirais de sauver les 200 travailleurs qualifiés (d'ailleurs je crois bien qu'il y a une mission secondaire de ce type dans ME2
). Mais bon, encore une fois, cela découle de mon ultra-pragmatisme et de ma vision déshumanisée de la société
Qui plus est, même si l'ouvrier a fait beaucoup moins ou pas d'études par rapport au médecin, son travail, physiquement parlant, reste bien plus dur que selui de médecin, et ça il le traîne toute sa vie. Ce n'est pas par hasard que l'espérance de vie ouvrière est presque de 10 inférieure à celle du reste de la population.
C'est pour cela qu'il faut mener des réformes pour rendre moins pénible le travail ouvrier (et je sais ce que je dis car j'ai bossé dans une blanchisserie. C'est peut-être pas aussi dur physiquement que l'usine mais c'est tout aussi aliénant). Mais égaliser tous les salaires, non ! Très honnêtement, je suis tout à fait favorable l'augmentation des salaires les plus faibles et à la diminution des salaires les plus élevés ou du moins à leur taxation radicale. En effet, tu disais "à chacun selon ses besoins" mais je ne suis pas d'accord. Je pense qu'un besoin minimum existe au-dessous duquel il n'est pas possible de vivre dignement. Je crois aussi qu'il existe des besoins abusifs qu'il n'est pas décent de satisfaire. Donc oui, il faut réduire les inégalités de façon à les rendre socialement acceptables, socialement tenables mais je pense qu'en aucun cas il ne faut les supprimer car, au risque de passer pour gros mec de droite (même si il n'y a aucune honte à être de droite, chose que les gens de gauche semblent avoir oublié (bien la persécution des quelques rares jeunes UMP à sciences po Rennes ?
)), l'existence d'inégalités sociales au sein d'une société est quelque chose de naturel qui garantit à la société en question un certain équilibre naturel (l'objectif est donc d'empêcher les inégalités de s'exacerber, ce qui menacerait l'équilibre social et de les réduire mais pas de les supprimer).
Je prône l'établissement de conseils ouvriers, de soviets, qui à l'échelle locale planifieront démocratiquement la production afin de contrer cette dynamique capitaliste. Je considère cette situation dans le cas d'un régime décentralisé, car je ne crois pas à la société communiste centralisée et à son caractère de planification arbitraire qui ne tient pas compte des réalités économiques (plans quinquennaux).
Je suis d'accord avec ça. L’existence d'un unique pouvoir central déconnecté des réalités locales est tout sauf une bonne chose. Le retour à une gouvernance à l'échelle locale est quelque chose vers quoi nous devons tendre. Le fédéralisme m'apparaît optimal car il permet de partager les domaines de la politique, certains étant traités à l'échelle locale et d'autres à l'échelle nationale. Toutefois, contrairement à ce qui se fait dans la plupart des Etats-fédéraux, je pense que l'éducation ne doit pas être un domaine relevant de la compétence de l'Etat/landers/collectivité territoriale mais de celle du gouvernement national.
TOUTEFOIS, en parallèle doit aussi se développer l'échelle au dessus du niveau national c'est à dire la coopération toujours plus importante entre les Etats, l'établissement d'organisations internationales toujours plus étendues, la création d'instances politiques supranationales dont l'autorité prévaudrait sur celle des Etas souverains, du moins pour certaines questions majeures et universelles. Je pense notamment à l'environnement car la planète ne pourra être sauvée que si l'humanité toute entière présente un front uni contre ce problème (suis-je le seul à penser qu'un totalitarisme écologiste à l'échelle planétaire est notre dernière chance pour sauver la planète ?
)
Pour moi, l'organisation de la production doit être décidée par les soviets, et chacun doit être libre de travailler en fonction de ses besoins. Donc si l'un veut tant, il travaillera tant. Si l'autre veut moins, il travaillera moins mais sera moins rémunéré.
Cette souplesse dans le processus productif doit être engagée dès après la révolution.
Mmmm... sur ce point, je dirais juste que ça pue l'idéalisme et l'utopisme à plein nez 
Ce que tu proposes là peut paraître très logique en apparence, plein de bon sens mais cela supposerait comme tu l'as bien stipulé que la production soit COMPLÉTEMENT déconnectée de toute logique capitaliste. Hors, je ne sais même pas si une telle chose est encore possible de nos jours où ne l'a jamais été
Dans ce cas, dans quel brut produirait-on ? Uniquement dans le but de fournir à ses prochains les biens dont ils ont besoin pour leur épanouissement personnel ? Là encore, c'est incompatible avec ma vision de l'homme comme un être profondément égoïste, individualiste et ne recherchant que son utilité personnelle, bref un homo oeconomicus !
Ces débats avec toi ainsi que d'autres débats que j'ai actuellement avec ma voisine qui est de sciences po lyon sont très enrichissants car ils me permettent d'affiner ma pensée politique.
Toutefois, je suis un peu perdu... Si on remonte aux fondements des 2 idéologies (grossièrement droite/gauche) on se rend compte que je serais plutôt fondamentalement de droite mais tout en incorporant des idées socialistes (notamment la réduction des inégalités de salaires mais dans une mesure limitée, divers sujets purement sociétaux (euthanasie, avortement, mariage gay (mais pas adoption gay
), l'immigration même (j'en suis arrivé à la conclusion personnelle que l'immigration était un bienfait pour nos sociétés occidentales et pas un fléau), la laïcité (et même dans mon cas un anti-religionisme radical) même si je ne sais pas si on peut parler d'une valeur de gauche pour cette dernière) voir même des idées... d'extrême droite en ce qui concerne la justice (durcissement de la justice, allongement des peines de prison pour les crimes graves (mais allègement des peines pour les délits mineurs), castration automatique des délinquants sexuels récidivistes et ce au mépris total de la soi-disant dignité humaine qu'ils se plaisent tant à mettre en avant, retour de la peine de mort pour certains cas particulièrement inacceptables) !
Du coup, si tu pouvais relire mon pavé et les précédents et me dire pour qui voter en 2017 ça m'aiderait pas mal 