Sur les yeux miroitants de colère et de larmes,
Dans l’acier placide des casques et des armes,
A l’orée des courbes de grands vaisseaux posés,
Brillaient les reflets d’une planète blessée.
Cercle lumineux emplissant l’horizon sidéral,
Masse sombre gisant sur le tapis des astres,
Consumant la vie dans son plus grand désastre,
Palaven brûlait d’une lueur infernale.
Etait-ce bien ce monde d’argent qui naguère
Inspirait le courage d’un peuple si fier ?
Maintenant, plus qu’un tourbillon de cendres et de sueur,
Plus que la plainte des combats rythmés par l’horreur.
Maintenant, les pleurs des veuves abandonnées,
Et le cauchemar embrumant la vue des condamnés.
Ces formes oblongues et arachnéennes
Déferlaient en une sombre danse sur Palaven.
Dans les prunelles des regards rigides,
Humides de haine et de frustration,
Brûlaient un autre feu, une autre fougue, une autre passion.
Celle d’un amour et d'un espoir solide
Pour tout ce qui s’était fait vie,
Pour tout ce pourquoi l’on avait ri.
Et cette rumeur montait dans les cœurs saignés,
Cette lueur rougissait la poigne des exilés,
Ce halo baignait, telle une fusionnelle lave,
Les camarades, les soldats, les braves.
Autour de l’ultime bastion, autour de l’ultime épée,
Autour de Ménaé.