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Du sursis pour le Vert qui a vu rouge
Publié le 13/12/2013
REIMS (51). Condamné après les violences du match contre Saint-Etienne, un supporter des Verts a vu sa peine rétrécir en appel : six mois avec sursis au lieu d’un an ferme.
Ce n’est pas encore Noël, mais c’est un beau cadeau que la cour d’appel de Reims vient d’offrir à un supporter de Saint-Etienne condamné l’hiver dernier pour des violences survenues lors du match de Ligue 1 contre les Stadistes.
Disputé le 17 février, ce match fut le pire de la saison à Delaune en termes de débordements. À la fin de la rencontre, furieux qu’un des leurs soit interpellé pour un jet de fumigène, 300 Verts déchaînés ont pris à partie les policiers au moment d’être raccompagnés vers les autocars. Canettes, branches d’arbres ont volé en direction des forces de l’ordre qui ont eu huit blessés dans leurs rangs. Les assaillants ont chargé à plusieurs reprises, porté des coups avec les hampes de drapeaux « transformés en arme ». Pour se dégager, les policiers ont tiré quatre fois au Flash-Ball et lancé 14 grenades lacrymogènes. Sept supporters furent arrêtés (puis relâchés).
Un avant-match bien arrosé
De tout cela, Sébastien Laval, 27 ans, n’a rien vu car lui se trouvait déjà au commissariat, interpellé avant le match. Avec une trentaine de collègues stéphanois, il s’était d’abord fait remarquer place d’Erlon où la terrasse d’un bar fut renversée. Décrit comme « particulièrement agité », le groupe fut ensuite escorté jusqu’au stade par des policiers insultés tout au long du trajet. Trois des fonctionnaires accusent le prévenu d’avoir jeté dans leur direction « un tas d’aliments et des pétards non allumés », puis d’avoir tiré l’un d’eux et s’être débattu à coups de pied alors que les policiers poussaient le groupe qui refusait d’entrer dans le quartier des visiteurs. Maîtrisé, l’homme avait bien bu : 2,16 grammes d’alcool par litre de sang. Il était le trésorier de l’association de supporters stéphanois « Magic fan’s ».
Pour ces faits, Sébastien Laval fut condamné en comparution immédiate à un an de prison ferme, mais laissé libre (L’union du 20 février). Il avait tout contesté, à part quelques insultes. Il a maintenu cette ligne de défense devant la cour d’appel, sans échapper à une décision de culpabilité toutefois fortement atténuée par sa personnalité. Au vu des éléments produits, la cour estime en effet que le prévenu « a pris conscience de ses débordements et s’engage dans la voie de la réinsertion ».
Dès lors, « il n’y avait plus lieu de prononcer une peine privative de liberté », commente son avocat stéphanois, Me Laurent Vérilhac. D’un an ferme, la condamnation a été ramenée à six mois de prison intégralement assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve. L’interdiction de fréquenter toute enceinte sportive pendant cinq ans est maintenue, mais l’avocat n’a pas cherché à la contester. « Mon client n’est plus dans le milieu des supporters. Il a pris du recul. »
Au fait, on oubliait ! Ce 17 février, Reims et Saint-Etienne ont fait match nul un but partout.