Vu dans FF - 01/11/2007
Pedretti, l´ombre du doute
Chef de file d´une génération sochalienne qui s´est éparpillée après sa conquête de la Coupe de France 2004, Benoit Pedretti marche à l´ombre avec Auxerre après ses passages malheureux à Marseille et Lyon.
« Depuis l´OM, je ne fais plus de plan de carrière ». Une phrase lourde de sens dans la bouche de Benoît Pedretti, qui ne signifie pas renoncement. L´ancien sochalien sait juste qu´il s´est perdu en route depuis son départ de Franche Comté en 2004. Marseille, Lyon, le temps des désillusions, puis Auxerre où il cherche aujourd´hui de l´air, un nouveau souffle, du plaisir. « Je commence à ressentir un peu ce que je ressentais à Sochaux : toucher beaucoup de ballons, être le liant entre le milieu et l´attaque, dans l´axe. Je sens que l´on compte sur moi, et j´en avais besoin. » C´est ce qu´il confie ce vendredi dans France Football, résumant tout sa situation. Celle d´un joueur qui a versé dans l´anonymat le plus complet, tombé de son piédestal. Vingt deux sélections au compteur à vingt cinq ans à peine, un destin tout tracé, il a pourtant dû se rendre à l´évidence. Sans doute n´était-il pas fait pour affronter lui le calme, lui si précoce, le volcan marseillais, peut-être n´était-il pas plus taillé pour se glisser dans le costume lyonnais, avec sa forte concurrence. Probablement aussi qu´il n´est pas arrivé au bon moment, à l´OM surtout. Rien n´a tourné comme il le voulait. Il en a conscience, mais il en parle sans état d´âme. « L´OM , c´était le choix du coeur, le club qui m´avait fait rêver gamin » assure-t-il. De Lyon, il se souvient d´un « groupe et d´une ambiance extraordinaire », en ajoutant immédiatement, « mais je ne jouais pas. » A bientôt vingt sept ans, Benoit Pedretti tente donc de refaire surface, au sein d´une équipe auxerroise dans l´attente. Une tâche à laquelle il s´est attelé sans problème, en quête des sensations d´hier. « Même s´il assume ses responsabilités et son rôle de leader, le joueur n´a pas apporté ce qu´on attend de lui et il vous dira la même chose » nuance cependant Jean Fernandez, l´entraineur de l´AJA, signe qu´il n´y a aucune raison de s´emballer. Reste finalement l´image d´un Benoit Pedretti stoppé net dans sa belle ascension, d´un milieu de terrain très doué qui n´a pas pris le virage qu´il fallait au bon moment, d´un espoir d´hier qui rame dur pour revenir au premier plan. Reste qu´à son âge, il n´a pas à désespérer de son avenir, puisqu´il lui appartient.