LA VICTOIRE EN DÉCHANTANT
Les Bleus ont perdu leur adresse mais ils ont gagné la bataille (65-61). Face à des Serbo-Monténégrins rugueux, moins d´un an après l´humiliation de Novi Sad, Boris Diaw a réussi les lancers-francs de la victoire en fin de match. L´équipe de France peut prendre une belle option sur la deuxième place du groupe si elle bat le Nigeria lundi.
A l´aile et sous le cercle, du progrès
Après l´insouciance, ce trait enfantin caractéristique des Bleus en préparation, voici venu l´âge ingrat. Le visage présenté par l´équipe de France ce dimanche était recouvert de scories, de balles perdues (13) et de shoots ratés (35%, 2/13 à 3 points). Comme un jeune homme en train de se découvrir, les Bleus ont fait semblant de mal jouer mais dans le fond, ils ont appliqué ce que leur père - pardon leur entraîneur - leur demandait. Claude Bergeaud avait fait de la justesse de percussion des ailiers et de l´apport de la balle sous le cercle des axes de travail à approfondir pour cette deuxième levée du Mondial. Or dès le début de la rencontre, les Mickaël (Gelabale et Piétrus) ont fait feu de tout bois, montrant aux Serbes que la dureté de leur défense aurait du répondant. Quitte à ce que cela ne dure pas, avec un Foirest encore en difficulté, et à en passer par les fautes à l´instar de Boris Diaw, sanctionné deux fois dans les trois premières minutes et resté sur le banc de longues minutes avant la mi-temps.
Jeanneau et Diaw : 6/6 aux lancers dans la 40e minute
Sans Parker et donc sans Diaw, les Bleus ont tenu le cap en cassant le rythme, au point de perdre le leur en attaque, bien aidés par des adversaires qui ne leur ont pas laissé la moindre possibilité de jeu rapide, hachant le jeu et les bras. Limités au duo Rakocevic-Milicic comme seuls dangers en attaque, les Serbes ont trop longtemps trouvé l´intérieur en deux, trois passes. Venger l´affront de l´Euro ne semblait pas la tâche prioritaire. Bien jouer, grandir était pour eux un défi comme il l´était pour les Français. Mais la bonne nouvelle, c´est que les Bleus ont su les imiter, servant Fred Weis (11 points, 7 rebonds), puis Johan Petro (8 points après la mi-temps), près du cercle. Ce dernier permettait de rester au contact dans le quatrième quart-temps alors que les Bleus n´osaient plus shooter de loin dans un match aussi serré (+6, écart maximum). Aymeric Jeanneau, puis Boris Diaw, ont finalement emporté la décision sur la ligne des lancers francs en réussisant un 6/6 dans la dernière minute, quand Bojan Popovic, puis Igor Rakocevic ne réussissaient qu´un 2/6 (de 59-58, 39e, à 65-61, 40e). L´âge adulte est encore loin mais confirmer cette solidité face au Nigeria serait un pas supplémentaire. En perdant contre le Venezuela (84-77) dimanche matin, les Nigerians ont invalidé leur victoire du premier jour face aux Serbes (82-75). En cas de victoire lundi, les Bleus seraient idéalement placés pour rester dans le sillage laissé par le navire argentin, facile face au Liban (101-72) et déjà seul en tête du groupe.