Cyclisme-Tour
«S'il y en a qui ne m'aiment pas»
Leader médiatisé, coursier émérite, Thomas Voeckler admet susciter défiance et jalousie dans le peloton mais note un changement de retard du peloton depuis trois ans.
Son sens de la course et son caractère roué en ont fait un compagnon d'échappée aussi craint que désiré. Ses dix jours en jaune lors du Tour de France 2004 l'avaient propulsé comme l'un des jeunes coureurs les plus médiatisés du peloton. Et l'un des plus jalousés ? De nouveau cerné par les sollicitations depuis qu'il a revêtu le jaune à Saint-Flour, Thomas Voeckler reconnaît son image un peu ambiguë dans le peloton : «En 2004-2005, il y a eu des années où les coureurs étrangers estimaient que j'avais trop de publicité par rapport à mes résultats sportifs, a raconté le leader d'Europcar lundi en conférence de presse. Les sollicitations, je suis à l'aise et je dis souvent oui. Je pense qu'il y avait de la jalousie et les étrangers ne me prenaient pas au sérieux. »
L'accident spectaculaire qui avait jeté dans le fossé Juan Antonio Flecha et Johnny Hoogerland dans le fossé sur la route de Saint-Flour a aussi réveillé quelques critiques entre Thomas Voeckler. Le Français aurait dû se relever pour attendre les blessés, a critiqué un Flecha tout en assurant que Voeckler semait toujours la zizanie dans les échappées : «Cela m'est complètement égal, a coupé court le Maillot Jaune. Quand je vais arrêter ma carrière, je ne vais pas aller en vacances avec eux ou ils ne vont pas venir chez moi faire un barbecue. Déjà dans le peloton, on n'a pas le temps de discuter quand ça roule vite Cela ne me pose aucun problème s'il y en a qui ne m'aiment pas. Mais je suis conscient de cela. Il y en a qui ne me disaient pas bonjour mais qui me disent plus bonjour depuis quelques années. »
Plus décisif que jamais depuis qu'il a passé les 30 ans lors de la saison 2009, Thomas Voeckler a d'ailleurs noté un changement d'image depuis qu'il aligne les belles victoires avec le passage à la trentaine : «A une époque, j'avais l'impression de ne pas être trop apprécié. Depuis 2-3 ans, cela a peut-être changé. Peut-être que j'avais la grosse tête, peut-être que je ne l'ai jamais eue. » En mal de coureurs capables de gagner le Tour depuis 1985 et Bernard Hinault, le peloton français se serait-il converti à la Voecklermania comme le public amassé au bord de la route? « Non, je ne sens pas d'engouement, assure le Maillot Jaune. Mis à part Christophe Riblon qui m'encourage deux fois dans la montagne où on le rattrape... Je sens la sincérité quand il le dit. Vous savez, tout va vite dans un sens ou dans l'autre. »
Chaud 