Cyclisme - Tour
Qui allumera la mèche ?
Avec 40 km d'ascensions empilés en 80 kilomètres, la 12e étape vers Luz-Ardiden est idéale pour juger le rapport de force entre les leaders. A condition d'oser.
Quatorze juillet oblige, les organisateurs ont prévu le terrain pour le tir de formidables feux d'artifices jeudi, après une première étape dans les Pyrénées qui offrent un parcours idéal pour que se jaugent, se défient et s'affrontent les candidats au Maillot Jaune. Les 211 km entre Cugnaux et Luz-Ardiden proposent trois ascensions des plus sélectives dans les trois dernières heures de course, avec aucun répit ou presque entre montées et descentes. Cela commence par les 9,9 km inédits de la Hourquette d'Ancizan (7,5 % de pente moyenne) avant les 17,1 km plus connus mais aussi plus redoutables du Tourmalet via La Mongie (7,3 %) pour finir en apothéose avec 13,3 km de montée vers Luz-Ardiden (7,6 %) ... Pas vraiment le terrain idéal pour que les Français organisent leur fête nationale, à commencer par Thomas Voeckler qui prépare déjà le public à la perte de son Maillot Jaune... Une victoire française passera probablement par une échappée qui anticipera le bouquet final, avec des profils comme celui d'Anthony Charteau, candidat aux pois, ou David Moncoutié, habitué des aventures au long cours.
Contador : «A Luz Ardiden, je pense que tout le monde attendra. Quelqu'un doit lancer la course, surtout les frères Schleck.»
Après dix jours d'attente nerveuse, de slalom entre les chutes et de lutte contre les éléments, les ambitieux du classement général sont désormais en terrain découvert. «Notre Tour commence jeudi. Luz Ardiden, c'est plus dur que le Plateau de Beille (samedi)», annonce Andy Schleck (Leopard), 5e du général, avant de prévenir : «Avec Frank (4e au général), nous sommes en bonne position, ce n'est pas à nous d'attaquer.» Troisième à 2'26 de Voeckler et premier des favoris, Cadel Evans se prépare également à une stratégie défensive face à ses rivaux. Tous les regards du peloton sont déjà tournés vers Alberto Contador, en retard d'1'30 sur Andy Schleck. Mais l'Espagnol de Saxo Bank pense plutôt à soigner son genou droit en feu, que de tenter sa chance dès le Tourmalet dans une hypothèse qui excite déjà spectateurs et observateurs : «Ce sera la première journée où les favoris ne pourront plus se cacher, annonce-t-il. A Luz Ardiden, je pense que tout le monde attendra. Quelqu'un doit lancer la course, surtout les frères Schleck. Je prendrai une décision sur la course à mener dans la dernière montée.»
Evans cite aussi Velits
Nygaard (Leopard) : «Si l'équipe remarque qu'un favori a un jour sans, nous n'hésiterons pas à attaquer.»
Après dix jours de bluff et d'exégèse des quelques minutes d'ascension dans les arrivées sélectives de Bretagne, Normandie et d'Auvergne, les leaders semblent déjà prêts à une course d'attente. Manager de Leopard, Brian Nygaard prévient néanmoins : «Les stigmates laissés par la première semaine devraient aider à créer des écarts dans les Pyrénées. Si l'équipe remarque qu'un favori a un jour sans, nous n'hésiterons pas à attaquer.» Au-delà des favoris annoncés au podium (Contador, les frères Schleck et Evans), les outsiders ont une chance rare de jouer leur carte. Au moment d'évoquer ses rivaux mercredi, Cadel Evans a d'ailleurs cité spontanément le Slovaque Peter Velits, troisième de la dernière Vuelta et 7e au général (à 12 de l'Australien). Sa remarque permet de pointer ces leaders épargnés par les orages de la première semaine, d'Ivan Basso (11e à 3'36) à Tony Martin (6e à 2'38''). Chercheront-ils l'étincelle ?
Ils vont se neutraliser 