Il n'y a même pas eu de sprint au mont des Alouettes, sur les hauteurs vendéennes des Herbiers. Invincible depuis mi-avril (10 victoires), Philippe Gilbert s'est extirpé avec une vélocité incroyable du reliquat de peloton pour s'imposer au terme de la première étape et revêtir le premier Maillot Jaune du Tour de France 2011, le premier de sa carrière. Grand favori annoncé, le champion de Belgique ne s'est nullement caché. Après avoir fait rouler son équipe toute la journée derrière l'inoffensive échappée du jour (Roy, Werstra et Quémeneur partis au premier kilomètre) - dont un Jürgen Van de Walle râpé par une chute - , il a abordé en tête la montée finale... Et il n'a plus reculé. Ni quand Vinokourov a lâché les chevaux sous la flamme rouge, ni quand Fabian Cancellara a placé un contre en puissance à 800 m de la ligne. Les 400 derniers mètres se sont mués en parade pour le Wallon. A l'arrivée, il troque son maillot tricolore contre le Jaune, le Vert et le Blanc à pois.
Contador piégé
Si la victoire de Philippe Gilbert était prévisible, le chaos provoqué dans les rangs des favoris par deux chutes collectives dans le final a fait de cette journée un épisode majeur dans la quête du Maillot Jaunee à Paris. A moins de 9 km de l'arrivée, un coureur Astana accroche une spectatrice, s'effrondre et provoque une chute massive qui arrête plus d'une centaine de coureurs dont le triple vainqueur du Tour de France Alberto Contador. L'Espagnol n'a jamais revu la tête de la course et passé la ligne avec 1'20'' de retard sur le vainqueur du jour et plus d'une minute sur ses rivaux annoncés Cadel Evans, Frank Schleck ou Andreas Klöden. Rescapé de la première chute, Andy Schleck a lui même été pris par une deuxième chute dans les tout derniers kilomètres : s'il a passé la ligne en même temps que Contador, il devrait être crédite du temps du premier groupe.
Philippe Gilbert
