Cyclisme - Tour
Schleck prépare son duel
Deuxième du classement général, Andy Schleck estime que la course au Maillot Jaune va se résumer à un duel avec Alberto Contador. Avec l'avantage psychologique en sa faveur.
Seulement un duel ?
Le classement général ne ment pas : Cadel Evans porte le Maillot Jaune à l'issue des huit premiers jours de course. Pourtant, Alberto Contador (3e 1'01) a fait d'Andy Schleck (2e à 20) son « rival n°1 ». Et le grimpeur luxembourgeois lui renvoie l'ascenseur sans ciller : «Cadel Evans est vraiment fort. Il sera un gros candidat ... pour le podium. Hier, nous avons eu une belle montée mais c'était loin d'être la plus pentue du Tour. Moi, je me suis focalisé sur Contador», a-t-il expliqué lundi lors de la première journée de repos. Et quid du Belge Jürgen Van Den Broeck (4e à 1'03) ? «C'est un coureur de ma génération. Il est très bon en montagne. Mais je ne le vois pas sur le podium, pas cette année», a dit Andy. Du côté d'Astana, le manager Yvon Sanquer consent à élargir la liste des adversaires : «Cadel Evans, Denis Menchov (5e à 1'10) et Levi Leipheimer (8e à 2'14'') sont à surveiller en montagne car ils sont capables de bien rouler en contre-la-montre. »
Un avantage psychologique
Les dix secondes d'avance sur Alberto Contador glanées lors du final de la 8e étape ont offert au moins 24 heures de satisfaction à Andy Schleck : «C'est la première fois que je le vois en difficulté sur le Tour de France, s'est réjoui le maillot blanc. Je n'ai pas regardé derrière mais on m'a dit qu'il avait essayé de suivre. Il faut que je regarde sur Youtube. J'ai été surpris car je m'attendais à ce qu'il attaque.» Chez Astana, on tempère l'avantage d'Andy Schleck : «C'était une accélération dans une partie presque plate après qu'Alberto a répondu à une série d'attaques», observe Yvon Sanquer. Mais même Contador a reconnu que ce dernier kilomètre a offert un petit avantage psychologique au Luxembourgeois. «Cela a boosté mon moral, en sourit ce dernier. Je suis dans la forme de ma vie. C'était l'étape de montagne la plus facile. J'espère que cela va se reproduire ailleurs car j'ai besoin de plus d'avance. »
Continuer sans Frank
Tout en confirmant les belles dispositions d'Andy Schleck, les premières étapes de montagne dans le Jura et les Alpes ont montré que l'équipe Saxo Bank était moins fringante que sur les pavés, avec les grimpeurs attitrés, Chris Anker Sorensen et Jakob Fuglsang, en retrait. «C'est sûr qu'avec Frank (Schleck), ce serait plus facile, a regretté le leader de l'équipe danoise. Mais Astana n'a qu'un leader. Même si les autres attaquent, il me suffit de suivre Alberto Contador.» Satisfait du travail d'usure de Tiralongo, Vinokourov et Navarro dimanche en tête du peloton, Yvon Sanquer se méfie toujours des hommes de Bjarne Riis : «Ils ont une telle expérience avec des coureurs qui sont toujours présents quand il faut : je pense à Jens Voigt, Stuart O'Grady ou Fabian Cancellara qui peut faire le rythme dans une ascension.» Chez Saxo Bank, on refuse d'imaginer l'aide indirecte de Lance Armstrong et de son équipe : « Je suis ami avec Lance mais aussi avec Alberto, s'est défendu Andy Schleck. RadioShack a encore Levi (Leipheimer) au classement général et l'équipe va courir à 100 % pour lui. »