14 juillet
POPOVYCH SE REPLACE... UN PEU
Après le Russe Denis Menchov, jeudi au Pla-de-Beret, c´était au tour de l´Ukrainien Yaroslav Popovych de s´imposer, en solitaire, au pied des magnifiques remparts de Carcassonne. Le coureur de la Discovery reprend plus de quatre minutes à ses principaux rivaux pour la victoire finale. Décidément, il y a du nouveau à l´Est.
Carcassonne sur son 31
Carcassonne attendait le Tour de France et une étape en ligne depuis 1962 et la victoire de Jean Stablinski. Un temps que les moins de vingt ans. Et la cité médiévale n´a pas manqué de vivre fiévreusement, parfois avec frénésie, et ce depuis plus de 24 heures, au rythme des coups de pédales des 165 rescapés du Tour 2006. Ce vendredi, dans les rues de Carcassonne accablées de chaleur, les rumeurs succédaient aux rumeurs. On annonçait successivement les arrivées du Tour de France, de Michel Drucker, de Nicolas Sarkozy et. de Zinédine Zidane, dont l´actualité est plus chargée, depuis dimanche dernier, que celle d´un ministre ! Le tout devant être clôturé dans la soirée par le plus beau des feux d´artifice, inspiré des couleurs et du rythme. du peloton.
L´année du coq
Selon nos amis Chinois, et leur calendrier, 2005 était «l´année du coq», une année chère à Guy Sorman qui n´est pas un coureur cycliste et encore moins un directeur sportif. L´année 2005 donc avait vu un Français, David Moncoutié, s´imposer à Digne-les-Bains le jour de la Fête nationale, une date importante dans l´histoire de la France et des Français. Depuis Louis Trousselier, vainqueur à Grenoble en 1905, les coureurs français ont connu 28 fois la victoire en ce jour si symbolique. Mieux même, Charles Pelissier, Jacques Anquetil, Bernard Thevenet et, plus récemment, Laurent Jalabert s´imposaient par deux fois un 14 juillet. Aujourd´hui, parmi les quatre homme échappés, Christophe Le Mevel (Crédit Agricole) a longtemps cru pouvoir inscrire son nom dans la légende. Plus précisément jusqu´à huit kilomètres de l´arrivée. Le coureur breton, miraculé du cyclisme après la rupture de son nerf sciatique et un an d´inactivité, a tout fait pour entretenir son rêve. Mais Yaroslav Popovych (Discovery Channel) veillait et, en fin calculateur, avait compris que dans un final à quatre avec le Français, Oscar Freire (Rabobank) et Alessandro Ballan (Lampre), ses chances de l´emporter seraient réduites à néant. Le coéquipier de George Hincapie, encore en vue aujourd´hui, répétait ses attaques que seul Freire était en mesure de contrer. Les autres ne pouvaient suivre le tempo imposé par l´Ukrainien. Dans les faubourgs de Carcassonne, Popovych plaçait une accélération décisive et franchissait la ligne avec une poignée de secondes d´avance sur ses compagnons d´un jour. Quatre minutes plus les bonifications, le «poulain de Lance Armstrong» réintègre le peloton des favoris, qu´a quitté son coéquipier Paolo Savoldelli, dépité.