Depuis un mois, Valenciennes a un nouveau latéral droit qui fait son trou après un an et demi d'attente. Arrivé du Paris FC en 2011, Kenny Lala (21 ans) a saisi sa chance et ne compte pas lâcher sa place de sitôt. Portrait. (Photo Presse-Sports)
A première vue, Daniel Sanchez ne fait pas partie des 615 followers de Kenny Lala. C'est pourtant à la suite d'un tweet déterminé que la carrière du latéral droit de Valenciennes s'est accélérée il y a un peu plus d'un mois. «J'attends avec impatience mon premier match avec les pros ! J'ai faim ! Mes dents touchent le bitume !», lâchait-il le 7 avril dernier. Quelques jours plus tard, Lala remplaçait Rudy Mater à la mi-temps de VAFC-Saint-Etienne (0-0, 32e j.), avant d'enchaîner trois titularisations avec succès. «Je ne m'y attendais pas du tout, confie l'intéressé. Quelques jours avant Saint-Etienne, j'avais discuté avec le coach. Je lui avais dit que j'étais déterminé, que j'avais envie de jouer. A la mi-temps du match, son discours a été rapide : il m'a dit d'entrer sans pression, que c'était le moment ou jamais de montrer de quoi j'étais capable. Et comme j'étais pris de court, très surpris, je ne me suis même pas mis de pression...»
Révélation de l'équipe nordiste en cette fin de saison, le joueur de 21 ans connaît donc une éclosion aussi fulgurante qu'inattendue. Car depuis son arrivée en provenance du Paris FC à l'été 2011, Lala avait plutôt enchaîné les déceptions et écumé les terrains de CFA avec l'équipe B (23 apparitions au total). «C'est un garçon qui a toujours répondu présent, même si c'était parfois compliqué, explique Jérôme Foulon, entraîneur de la réserve valenciennoise. Quand on est professionnel mais qu'on est régulièrement aligné en CFA, on se pose des questions. Et cela a certainement été son cas parce que sur le terrain, à un moment donné, ce n'était plus trop ça. Il faut aussi se mettre à sa place. Il était à Valenciennes depuis bientôt deux ans et jusque-là il avait toujours joué en réserve. Mais on a su en parler et ensuite, Kenny a fait le boulot comme il fallait. Il a su se donner les bonnes réponses, et l'appel du coach est arrivé. Certainement à un moment où il ne s'y attendait pas, mais il était prêt à relever ce défi. Dès sa première apparition, il a répondu présent.»
De la «frustration» à la révélation
Avant de se révéler ces dernières semaines, le bilan de Kenny Lala en Ligue 1 était bien maigre : deux bouts de matches la saison passée pour 13 minutes de jeu au total. La faute notamment à une opération à un genou en février 2012, et à une adaptation plus longue qu'il ne l'imaginait. «En arrivant du PFC, je ne me suis pas dit que j'allais jouer immédiatement, il y a quand même une bonne différence entre le National et la Ligue 1, précise-t-il. Mais c'est sûr qu'il y a eu des moments de frustration... J'avais envie de jouer ! Quand on arrive dans un club, on a toujours envie de montrer de quoi on est capable, donc c'est clair que quand on ne t'en donne pas l'occasion... C'était dur pour moi, mais on ne m'a jamais mis à l'écart. On m'a toujours fait comprendre que je faisais partie du groupe. Je n'ai pas baissé les bras, j'ai continué à travailler et aujourd'hui on peut dire que ça paye.»
La semaine passée, Lala a même crevé l'écran dans un stade qu'il fréquente depuis son plus jeune âge : le Parc des Princes. Face à Ezequiel Lavezzi, le natif de Villepinte a livré un match plein et emmagasiné une bonne dose d'expérience. «Ça faisait un moment que j'attendais ça. J'ai travaillé pour ça, mais c'est vrai qu'il m'a fallu beaucoup de patience.» La récompense est enfin arrivée, et il paraît compliqué aujourd'hui d'imaginer Daniel Sanchez se priver des «grandes qualités de vitesse et de puissance» de son jeune élément, dixit Foulon. «Et c'est vraiment un bon garçon, ajoute ce dernier. J'ai bien sûr dû lui rappeler certaines choses au départ au niveau de l'attitude, mais sans avoir à lui répéter dix mille fois. Aujourd'hui, il montre toutes ses qualités à un autre niveau, et ça marche très bien.» A tel point que pour afficher sa détermination et ses progrès, son terrain d'expression favori n'est plus un oiseau bleu, mais un rectangle vert.
http://www.francefootball.fr/#!/news/2013/05/11/001746_lala-son-heure-est-arrivee.html
Et bonne lecture 