Chapitre 37 : Fabien
Les jours passaient de plus en plus vite. Ce moment difficile s’éloignait peu à peu. De toute façon, mon esprit s’était vite tourné vers la compétition. Les quarts de finale approchaient à grande vitesse.
Le hasard avait voulu qu’on rencontre l’une des équipes les plus fortes du moment. La République Tchèque. Une équipe qui s’était placée parmi les grosses cylindrées européennes et ce depuis une dizaine d’année maintenant. Leurs attaquants étaient redoutables. Onze buts inscrits depuis le début de la compétition. Il était évident qu’après notre piètre prestation contre l’Uruguay, la République Tchèque était favori et de loin.
- M. Hassan ? M. Hassan ?! !
Encore un de ces foutus journalistes. Je n’avais vraiment pas envie de me retourner.
- M. Hassan ? S’il vous plaît ?
Pff… Pire que des mouches…
- Oui ? Quoi ? dis-je sur un ton assez sec.
Le type en face de moi avait le sourire jusqu’aux oreilles. Je crois bien que le mien devait être le même.
- Ca alors !! ! Comment ça va ?
- Plutôt bien. T’as l’air en forme Samir. T’as bien changé.
- Ah bon ? Ca me fait bizarre de vous revoir.
Oui. Ca me faisait vraiment bizarre de le revoir. Ca faisait presque quatre ans que je ne l’avais pas vu. Si cette Coupe du Monde avait été pauvre en temps de jeu pour moi, elle ne l’avait pas été en rencontres. Après ces deux gamins avec qui j’avais passé toute la soirée à discuter football dans ma loge, puis cette rencontre avec Abramovich et là… Là, mon ancien entraîneur. Oui, cette Coupe du Monde avait été riche en rencontres.
- Alors, me demanda-t-il, tu vas jouer ce soir ?
- Non. Et ça commence à me saouler vraiment.
- Faut pas désespéré. Moi je sais ce que tu vaux. Et crois moi, tu as largement ta place ici. Je suis persuadé que l’entraîneur finira par te faire jouer.
- Oui mais quand ? Ce soir c’est les quarts de finale, et je ne suis même pas sur le banc. Si on perd, je n’aurai jamais joué. Et si je ne joue pas maintenant, ce n’est pas en demi ou en finale qu’il me laissera jouer. J’ai l’impression de ne servir à rien. C’est rageant.
- Tu n’as que dix huit ans…
- Non ! Pas tout à fait, dis-je en souriant.
- Justement. Tu as tout le temps de te faire un nom et de gagner des trophées avec la France. Des Coupes du Monde, tu pourras en jouer encore deux ou trois après celle là si tu progresses encore.
- Ouais, peut-être… Bon, on va parler d’autre chose. Ca vous dirait de venir voir le match avec moi en loge ?
- Avec plaisir !! !
Une pluie fine commençait à tomber. L’arbitre posa le ballon au sol et siffla le début de la rencontre. Comme prévu, les Tchèques, prirent rapidement le jeu à leur compte.
- Alors M. Paumas. Vous avez fait le voyage France – Afrique du Sud rien que pour me voir ?
- D’abord appelle moi Fabien, et tu peux me tutoyer. Tu n’es plus le gamin de douze que j’ai connu Samir. Ensuite, si je suis venu c’est d’abord pour l’équipe de France, ensuite, c’est vrai, un peu pour toi. Mais surtout je ne serais jamais venu si je n’avais pas gagné ce voyage.
- Vous… Tu as gagné un voyage ?? C’est génial ça !!
- Oui. Mais je repars demain. Heureusement, grâce à toi je vais passer une excellente soirée.
- C’est le moins que je pouvais faire. Mais…
- Aïe !! !
Notre attaquant était étendu par terre. Il se tenait la jambe à deux mains.
- Tu crois qu’il est blessé ?
- Je ne sais pas, répondis Fabien.
Tandis qu’on l’évacuait en dehors du terrain, un autre attaquant était parti s’échauffer.
- Ca semble grave, me dit Fabien.
- J’espère que ça ne va pas nous empêcher de gagner parce que sinon, moi, je peux dire adieu à la compétition pour cette fois ci.
Heureusement, la blessure n’était pas si grave mais surtout, cela n’avait pas empêché la France de l’emporter un but à zéro face à des Tchèques pourtant très motivés. Mais ils étaient tombés sur un gardien français des grands jours.
Vous et moi le savons depuis le début de ce récit. La France va participer à la finale. Mais à ce moment là, moi, je ne le savais pas encore et les demi finales qui approchaient me faisaient rêver. Car à présent, j’étais persuadé que même si on allait en finale, je n’y participerais pas. Je pensais donc que le prochain match face aux anglais serait ma dernière chance de jouer.
Ca faisait presque deux mois sans suite... mais je dois vous avouer que je n´ai rien écrit depuis plus de trois mois et comme je passe moins sur le forum, j´avais un peu zappé cette histoire mais je m´engage à la terminer.. pour pas vous laisser sur votre fin 