Il est le dernier des Mohicans. Le seul joueur d'expérience à ne pas avoir vu sa situation évoluer. Un peu plus d'un mois après avoir été victime de la réduction du groupe professionnel voulue par le coach Laurent Roussey dans la course au maintien, le latéral droit Marvin Esor reste, en effet, le dernier « banni » de Créteil.
Hugo Konongo, son homologue du côté gauche écarté lui aussi, a résilié les deux années de contrat qui le liait avec le club val-de-marnais. Comme Maxime Bourgeois l'avait fait avant lui. Après deux semaines de « loft », Aurélien Montaroup a, lui, été invité à revenir auprès de ses partenaires à l'entraînement et dans le vestiaire.
La situation d'Esor, en fin de contrat en juin, n'a en revanche pas évolué. « Au début, je venais m'entraîner avec Aurélien (NDLR : Montaroup) sous la direction de Francis (De Percin, le coach adjoint), glisse-t-il. Mais maintenant, je fais du travail individualisé avec un ami préparateur physique qui s'est mis à ma disposition afin que je diversifie un peu les exercices. »
J'ai ma part de responsabilité
Cette situation inconfortable — « inédite depuis mes débuts pros il y a huit ans » — aurait pu faire naître aigreur et colère. « Mais je respecte ce choix, glisse-t-il avec philosophie. Je comprends qu'une situation urgente et critique puisse parfois entraîner des décisions exceptionnelles. » Pourtant, Esor l'admet : « Les séances collectives et les matchs me manquent. Ce n'est pas facile à vivre de ne pas pouvoir exercer son métier, surtout lorsqu'on considère que c'est l'un des plus beaux au monde. Et puis soyons clairs, ça fait un peu mal à l'ego et à la fierté. » Malgré tout, il continue à venir assister aux matchs à Duvauchelle et à se poser devant son écran de télé lors des rendez-vous à l'extérieur. « Parce qu'après avoir connu une descente avec Châteauroux, je ne souhaite à personne de vivre une relégation, dit-il. Et puis ce sont mes potes qui jouent dans cette équipe, je ne leur souhaite pas de mal. »
D'ailleurs, même s'il « ne croit pas au miracle », il se dit prêt à venir donner un coup de pouce si on le rappelle. Conscient que ce scénario « peu probable » se réalise, il prépare déjà l'exercice 2016-2017 logiquement sous d'autres cieux. « Vu ce qu'il vient de m'arriver, ce ne serait pas réaliste de m'imaginer ici l'an prochain, convient-il. Alors je me prépare du mieux que je peux en me disant aussi que j'ai ma part de responsabilité dans ce qu'il s'est passé. Si j'avais été hyper performant, on aurait compté sur moi dans un moment si critique. »