LE SACRE DE REHHAGEL
Le titre de champion d´Europe des nations ressemble à un couronnement de carrière inattendu pour Otto Rehhagel. Aujourd´hui âgé de 65 ans, il vit avec la Grèce, qu´il a prise en main fin 2001, sa première expérience en sélection. Son palmarès en Allemagne lui valait déjà un respect considérable. Malgré son départ fracassant du Bayern Munich au beau milieu de la saison 1995-1996, il y a remporté une Coupe des vainqueurs de Coupe en 1992 avec le Werder Brême ( contre Monaco - au Stade de la Luz ! ), et deux Bundesliga ( 1987 avec Brême, 1998 avec Kaiserslautern). Autoritaire voire despotique dans ses méthodes, manichéen dans ses rapports avec les journalistes, Rehhagel a su nouer avec ses joueurs des rapports paternels qui ont débouché sur l´exceptionnelle cohésion affichée à l´Euro. «Ce que j´ai toujours préféré dans mon travail, c´est conduire les jeunes sur le chemin de la vie» a-t-il déclaré à Lisbonne. Sa longue expérience - il fut un défenseur moyen du Championnat d´Allemagne mais sa carrière s´est étirée - a fait naître chez lui une somme de certitudes qu´il n´a plus l´âge de remettre en cause. Il ne parlera de tactique publiquement à aucun prix, mais les rares professions de foi qu´il a faîtes devant micros correspondent parfaitement au jeu que la Grèce a proposé. «La star, c´est l´équipe», ou «la bonne méthode, c´est la méthode qui gagne». Seul entraîneur parmi les seize engagés à pratiquer le marquage individuel, Rehhagel a remis au goût du jour une animation défensive que même l´Allemagne avait fini par abandonner au tournant du siècle. Depuis le départ de Völler et le renoncement de Hitzfeld, son nom circule pour chapeauter la sélection allemande en vue de la Coupe du monde 2006