On l´appelait la " Perle noire"... 02/09/2004
En voyageant au Maroc, l’OM touche de près le berceau de l’une des plus grande étoile qui ait parsemé la galaxie olympienne, Larbi Ben Barek. Olympien en 1938-39 puis exilé pour cause de conflit mondial, il retrouvera l’OM encore deux saisons de 1953 à 1955. Portait.
Retour à la toute fin de l’entre deux guerres. A l’été 1938, un jeune marocain débarque à Marseille dans l’anonymat le plus total en provenance de l’US Marocaine où il s’est révélé quelques années plus tôt. Le natif de Casablanca en 1917 ou 1914, sa date de naissance ayant variée au gré de ses clubs et de ses sélections, a marqué de son empreinte le stade Vélodrome au cours de la saison 1938-39.
L’inter offensif, qui serait aujourd’hui un flamboyant numéro 10, éclabousse alors de sa classe la saison olympienne. Félin du rectangle vert aux dribbles chaloupés et au jeu de tête explosif, il bat à lui tout seul le grand Racing de Paris avec une passe décisive et deux buts lors de la mémorable victoire 5-2 face au club de la capitale.
L’OM finit deuxième derrière Sète et Barek inscrit douze buts dans cette saison où il honorera même sa première sélection en équipe de France contre l’Italie. Barrée par l’histoire, il doit quitter l’Europe dès la fin de la saison quand éclate la seconde guerre mondiale. Ben Barek disparaît alors du foot européen et travaille ses gammes au Maroc.
Larbi Ben Barek
La France libérée, le dieu du stade refuse une offre de 50.000 Francs de l’OM et rejoint le Stade Français alors en D2. Aux côtés du Hongrois Nyers, il fait remonter le club de la capitale et élimine même l’OM en quart de finale de la coupe de France ( 3-1).
La saison suivante, il est au sommet de son art et plante 20 buts avec le Stade. Le prestigieux Atletico Madrid arrache alors le prodige pour 17 millions de franc malgré le fameux article d’un journaliste parisien qui titrait : «Vendez la Tour Eiffel, mais ne vendez pas Ben Barek». Sous le maillot des «Colchoneros», il devient «La perle noire» et il est sacré deux fois champion d’Espagne en 50 et 51 au nez et à la barbe du grand Barça.
Fin 53, le Marocain alors âgé de 36 voire 39 ans n’est plus vraiment apprécié du côté de Madrid et le président de l’OM, Pierre Robin le fait revenir à Marseille pour embraser à nouveau le Vélodrome. «Retrouver Marseille et le Vélodrome, c’était le plus beau jour de ma vie» dira-t-il plus tard. Aux côtés de l’autre légende olympienne Gunnar Anderson, il fait les beaux jours du club phocéen avec une finale de la coupe de France perdue face à Nice ( 2-1) en 54 et une 17ème cape chez les Bleus à 40 ans et 5 mois!
Il met un terme à sa carrière après la saison 1954-55 et occupera des fonctions d’entraîneur au Maroc. Il s’éteint dans la pauvreté et l’oubli en 1992 chez lui, à Casablanca…