L1 / MARSEILLE :
Le métronome
Luis GARCIA - vendredi 14 novembre 2008 - 13h00 Mathieu Valbuena et Hatem Ben Arfa aimeraient être les patrons du jeu marseillais. Mais le boss pour le moment s'appelle Benoît Cheyrou. La confirmation de son talent aurait sans doute mérité une sélection…
« Si tu ne fais pas attention, tu as sept joueurs qui veulent jouer dans l'axe et plus personne sur les côtés. » Eric Gerets le sait : les Valbuena ou Ben Arfa, pour ne parler que des milieux offensifs, rêvent d'un rôle axial de numéro 10. Mais irrémédiablement, ils se retrouvent sur les côtés avec le Belge. L'entraîneur marseillais n'a effectivement pas besoin d'un numéro 10. Sa rampe de lancement est plus basse sur le terrain et elle s'appelle Benoît Cheyrou. Déjà excellent la saison passée, l'ancien capitaine de l'équipe de France Espoirs confirme cette année. Sur Internet, les supporters phocéens réclamaient même en chœur sa sélection pour France-Uruguay. Mais il devra patienter jusqu'au match contre l'Argentine à Marseille en février, dixit Raymond Domenech jeudi pour justifier cette absence.
Un qui ne se prive pas en revanche du talent de l'ancien Auxerrois, c'est Eric Gerets : treize matchs de championnat et déjà onze pour Cheyrou. Seulement remplaçant contre Rennes lors de l'ouverture de la L1 puis absent à Nantes, il a depuis gagné ses galons de titulaire indiscutable et s'affiche comme le véritable baromètre de sa formation. « C'est mieux d'être sur le terrain que dans les tribunes », confiait le joueur cette semaine à La Commanderie. Intelligent, Cheyrou sait toutefois que sans une nouvelle réussite face au but, son étoile médiatique ne se serait pas mise à scintiller aussi fort. « Mes performances sont plus mises en valeur parce que je marque. Mais ce n'est pas parce que je marque des buts que je fais de meilleurs matchs. J'ai fait des bons matchs sans marquer. Dans l'équipe, tout le monde prend ses marques au fur et à mesure. Et on est plus à l'aise et performant. » Mais Cheyrou sait aussi que s'il marque plus (deux buts en championnat, soit autant que la saison passée), c'est qu'il ne se contente plus de colmater comme en début de saison les trous défensivement.
Mieux huilée, l'équipe olympienne est plus compacte malgré quelques errements. Et Cheyrou peut participer plus pleinement au jeu offensif de sa formation. « Il y a du mieux, on progresse mais tout n'est pas parfait, explique-t-il. Le score à Grenoble ne reflète pas tout à fait la physionomie du match. On s'est mis en danger plusieurs fois mais on n'a pas encaissé de but alors que contre Paris, on a peut être fait un meilleur match mais on l'a perdu. Il faut faire attention que ce résultat à Grenoble ne soit pas l'arbre qui cache la forêt. Ce n'est pas parce qu'on a gagné que tout est bien. Il faut qu'on réfléchisse un peu plus. En première mi-temps, on est parti un peu à l'abordage et on a laissé trop d'espaces entre les lignes. Ça fait partie de nos défauts. On laisse des opportunités importantes à l'adversaire. En deuxième mi-temps, on a su se ressaisir. On a peut être eu moins le ballon, on a peut-être subi un peu plus mais on n'a pas du tout été mis en danger. » Un meneur de jeu, même reculé, doit savoir faire jouer les autres mais aussi lire le jeu et adapter celui de son équipe aux développements sur le terrain. Avec Cheyrou, Gerets semble armé dans ce domaine.
Avec Christian Rodat à Marseille