A CHRONIQUE D'ANGEL MARCOS
La Ligue des champions
2008-2009
SA FICHE
L'ATTITUDE CHANGE
Notre consultant Angel Marcos pense avoir vu, chez Marseille, Bordeaux et Lyon, des comportements qui le rendent optimiste sur l'évolution des mentalités en France. Elogieux sur leur potentiel offensif, il les invite à prendre le parti du jeu porté vers l'avant.
Le capitaine de l'OM, Lorik Cana, félicite Mamadou Niang, auteur d'un doublé. (L'Equipe)
« Après les matches de Bordeaux, Marseille et Lyon cette semaine en Ligue des champions, on n'a pas trop envie d'analyser les matches chacun de leur côté, mais plutôt de parler des attitudes affichées par nos équipes. D'abord car certains adversaires, notamment les deux équipes roumaines, sont parmi les plus faibles qu'on a vu en Ligue des champions ces dernières années. Ensuite et surtout parce ces matches ont confirmé qu'il était impossible d'espérer avoir des résultats au niveau international sans prendre le ballon et poser son jeu dans le camp adverse, d'autant que je prétends que Bordeaux, Marseille et Lyon disposent d'un potentiel offensif dont peu d'équipes au monde peuvent se vanter, et je pèse mes mots. En Europe, il y a peut-être trois clubs qui ont mieux, et encore, je n'en suis pas certain.
L'illustration de tout ça, c'est évidemment Marseille. On avait été très dur, ici même, après la défaite concédée aux Pays-Bas à l'aller (0-2), et on avait raison devant tant d'attentisme et de timidité. Le match de mardi, remporté 3-0 avec quelques actions en boulet de canon, nous confirme qu'il y avait les moyens de gagner aux Pays-Bas. Le potentiel de l'OM est-il né avant-hier ? Evidemment non. A-t-on fini par comprendre que pour aller loin en Ligue des champions, il faut avoir le ballon, imposer son rythme et obliger les adversaires à subir ? Qu'il faut montrer qu'on est là physiquement mais surtout techniquement ? Par le passé, c'est ce qui a manqué à Lyon, à Bordeaux, à Lille, à Marseille il y a peu. Pourtant je le répète, il y a beaucoup de possibilités dans ces équipes, à un point tel qu'il est incompréhensible de sentir, parfois, qu'elle ne veulent pas jour le coup. Le risque du contre est dans les germes du foot, du sport. Il est inconcevable de ne pas vouloir prendre ce risque.
Le potentiel de Bordeaux
Question, désormais : l'OM a-t-il plus de chances contre Liverpool en se repliant derrière et en soutenant un marteau piqueur ou est-il préférable que l'équipe marseillaise prenne le match en main comme elle l'a fait l'an dernier à Anfield, en utilisant ses atouts qui sont la mobilité et la vitesse ? Quand on s'appelle Lyon et qu'on possède Benzema, Fred, Ederson, Govou, Delgado - qui se découvre - ou Grosso, est-il préférable de rester en place 90 minutes et d'attendre le coup franc de Juninho ou plutôt de prendre le match en main, comme mercredi en première mi-temps ? Parlons de Bordeaux. Chamakh, Cavenaghi, Gourcuff, Obertan et compagnie, c'est impressionnant comme potentiel ! En France, il n'y a pas de problème de joueurs, mais d'attitude. J'ai l'impression que les choses sont en train de changer, et j'inclus l'équipe nationale dans cette réflexion. On ne gagne plus rien en état attentiste, on finit toujours par se faire bananer par une équipe plus faible ou plus puissante, on se rend compte que la différence est inexistante, et alors les regrets sont éternels.
Les clubs français jouent avec panache
La première mi-temps de Lyon, par exemple, n'a pas été parfaite. Il lui a manqué un peu de force, l'équipe jouait trop vite et manquait de créativité. Mais elle a joué dans le camp du Steaua, dont on a pu mesurer qu'elle n'était pas loin du niveau L2. Elle a pris le match en main. Lyon a baissé de régime, après le repos, et l'équipe roumaine, tout en étant très limitée l'a fait souffrir jusqu'au contre de Réveillère. Avec un coup franc bidon, Lyon aurait concédé le nul et ça n'aurait pas été supportable. Je préfère observer que les équipes françaises jouent maintenant plus haut et accompagnent davantage les attaquants. C'est un jeu plus agréable à voir, à jouer, il offre plus de possibilités, et quitte à perdre, au moins cela aura eu lieu avec panache. Même commentaire pour Bordeaux. A Cluj, l'équipe a plus livré un combat qu'autre chose, car l'équipe en face était agressive et limitée. Bordeaux a balancé un peu, fut parfois coupé en deux, mais l'équipe a gardé cette idée directrice consistant à mettre trois ou quatre joueurs offensifs en bonne condition. C'est la bonne direction. Les résultats l'ont montré. »