PANORAMIC
L1 / MARSEILLE :
Ange ou démon ?
Luis GARCIA - dimanche 19 octobre 2008 - 16h32 Jouissant d'une bonne réputation à Marseille, présenté comme un agresseur de policier en Espagne, Santos Mirasierra, supporter de l'OM est emprisonné depuis 18 jours…
C'est l'histoire d'un supporter marseillais parti soutenir son équipe en Espagne, face à l'Atletico Madrid. Pris dans les échauffourées opposant la police espagnole aux fans français le 1er octobre suite à une charge des forces de l'ordre espagnoles pour enlever une banderole des Ultras marseillais, il a été arrêté et incarcéré… A entendre la presse espagnole, le club et les sources policières, Santos Mirasierra serait emprisonné depuis 18 jours pour avoir « troublé l'ordre public » et occasionné des « blessures sur un représentant des forces de l'ordre ayant entraîné la pose de sept points de suture. » Le seul souci, c'est que les Marseillais contestent cette version des faits : les témoignages font état d'une agression pure et simple de la part des agents, une version que nie la famille, ce supporter originaire de Miramas, membre des Ultras 84 étant plutôt réputé pour son côté pacifique. Il aurait plutôt tenté de calmer les policiers. D'origine espagnole, il maîtrise en effet la langue de Cervantès.
Ange en Provence, démon en Espagne, Santos Mirasierra semble plutôt être devenu l'otage dans cette affaire. Le relâcher serait pour la justice espagnole reconnaître non seulement une erreur mais également, cela donnerait raison aux supporters marseillais jugés responsables des heurts du côté de la police… Ce que se refusent les forces de l'ordre, évidemment et l'Atletico Madrid, qui joue sur la pseudo agressivité des Marseillais pour justifier l'intervention musclée de la police, rejetant la faute exclusivement sur les supporters et les agents… Et ce pour s'éviter une suspension coûteuse en Ligue des Champions. Bref, l'affaire dépasse largement le simple cas de Santos Mirasierra.
Les dirigeants marseillais, le staff, les joueurs, soutiennent Santos Mirasierra. Sa famille, qui attend dans le stress aussi. Le football français peine à se positionner. Ce dimanche, l'OM a longtemps attendu avant d'obtenir l'autorisation de la LFP de porter un tee-shirt de soutien à Santos avant le match contre Valenciennes. Les pouvoirs publics, alertés, bien pris par une actualité ne semblent pas faire une priorité de son cas, pour faire pression sur la justice espagnole. Une attitude qui peut être compréhensible mais qui agace à Marseille quand on sait que les hautes administrations espagnoles, relayées par la presse du pays, n'ont pas manqué de défendre la police et l'Atletico Madrid dans cette sinistre affaire, rejetant la faute sur les seuls Marseillais. Au grand dam de Santos qui attend toujours, à l'ombre.