L1-L2 / LA MENACE DE GRÈVE :
A Marseille, la grève divise
Christian RODAT - mardi 14 octobre 2008 - 15h09 Alors que la grève se précise et que la majorité des joueurs semble y adhérer, le discours peut varier au sein d'un même club. Ainsi, à Marseille, on a du mal à parler d'une seule et même voix.
Benoît Cheyrou (milieu de terrain)
Je suis solidaire de notre syndicat, comme tout le monde. C'est sûr que ça peut choquer certaines personnes de voir que des joueurs qui gagnent bien leur vie et qui font un métier de rêve peuvent faire la grève. Mais je pense qu'il faut aussi se poser la question de savoir pourquoi les présidents veulent tous les pouvoirs au lieu de les partager, comme ça se fait dans une démocratie. Je pense que la Ligue fonctionnait plutôt bien jusqu'à présent. Les présidents nous disent qu'ils ne vont pas tout révolutionner : il n'y a aucune menace pour l'instant mais s'ils veulent le pouvoir, c'est pour changer les choses. En s'opposant maintenant à cette transformation de la Ligue, on essaye de conserver les droits de tous les joueurs pour plus tard. L'UNFP s'est battue pour avoir certains droits : il faut donc être solidaire. Ça serait mieux pour tout le monde de ne pas en arriver à la grève car ça embête tout le monde. Mais il faut défendre les intérêts des joueurs.
Mathieu Valbuena (attaquant)
Je ne suis pas trop pour la grève. A titre personnel, j'ai envie de jouer le match face au PSG.
Eric Gerets (entraîneur)
Je suis contre à 100%. Je suis un entraîneur de football et j'adore ce sport. Alors j'espère qu'on va jouer un très bon match contre le PSG. Il faut que tout ça s'arrête parce que ce n'est pas une bonne publicité pour le football français. J'espère que les deux parties vont communiquer et trouver une solution. Les supporteurs travaillent depuis deux mois pour se payer une place pour ce match contre le PSG. Comment expliquer à des gens qui gagnent 1 000 € par mois à l'usine qu'on ne joue pas parce qu'on fait grève ?