Bien que favoris du groupe D, les Reds prennent l’OM très au sérieux.
LIVERPOOL
et MARSEILLE –
de notre envoyé spécial
METTANT DE CÔTÉ la victoire de
l’OM à Liverpool (1-0) il y a un an, la
seule à ce jour remportée à Anfield
par un club français, Rafael Benitez
n’a que de bons souvenirs face à
Marseille.
Avec le FC Valence, il avait enlevé
son premier trophée européen aux
dépens de l’OM (2-0, finale de la
Coupe de l’UEFA 2004), ce qui marqua
le véritable point de départ de
sa renommée internationale.
En réponse à l’humiliante et surprenante
défaite du 3 octobre 2007,
lors de la deuxième journée de la
Ligue des champions, les Reds
s’étaient ensuite vengés en infligeant
un cinglant 4-0 à l’OM au
Vélodrome, ruinant du même coup
les derniers espoirs olympiens dans
cette compétition.
Si Benitez laisse supposer qu’il
s’agissait de la prestation la plus
accomplie de ses joueurs en phase
de poules, il rappelle aussi très vite
combien il est capital de bien débuter
ce mini-Championnat.
« La saison passée, nous étions
venus à Marseille avec beaucoup de
confiance, confesse le technicien
espagnol. Dès le début du match,
nous pouvions voir que chacun des
joueurs savait exactement ce qu’il
devait faire. Tactiquement, l’équipe
était très bien organisée, très
concentrée et prête à travailler dur.
Nous avions très bien joué en
contre-attaque. Ce match a vraiment
boosté mes joueurs pour la
suite. Dans la formule de Ligue des
champions avec six matches, débuter
par une victoire procure forcément
plus de confiance pour la
suite. L’an passé, à cause de nos
mauvais résultats au début (nul 1-1
à Porto, défaite contre l’OM), nous
avions dû utiliser nos joueurs clés
systématiquement, ce qui constitue
un problème. »
Toujours invaincu
cette saison
C’est la raison pour laquelle il n’est
pas question pour Liverpool, même
grandissime favori de ce groupe D,
de mésestimer cette fois les Olympiens.
Les progrès affichés dans le
jeu par les Marseillais depuis le
début de saison n’ont d’ailleurs pas
échappé à Benitez.
« Parce que nous avons gagné
4-0 l’an passé, les gens peuvent
s’imaginer que ce sera facile pour
nous, poursuit-il. Ce ne sera pas le
cas. Le risque pour nous est sans
doute plus grand car aller à Marseille
juste après avoir joué Manchester
United sera très dur. Les
Français possèdent une meilleure
équipe aujourd’hui. Ils sont bien
équilibrés et peuvent s’appuyer sur
des joueurs de qualité comme
Niang, Zenden, Hilton ou Koné. On
va essayer de contrôler leur secteur
offensif et de se créer des occasions.
»
Benitez ne s’en cache pas. Le succès,
samedi dernier, face à Manchester
United (2-1), sans l’apport
de ses joueurs majeurs, laisse forcément
présumer des qualités se son
groupe, plus armé cette année pour
lutter face aux grosses écuries
anglaises. Alors que la menace de
MU,qui pointe désormais à une longueur
des Reds et de son record de
titres de champion d’Angleterre (17
contre 18) se fait de plus en plus
pressante, il sait qu’il peut enfin se
montrer compétitif face aux ténors
de la Premier League.
« Notre équipe est plus forte
aujourd’hui. J’ai confiance car nous
avons de meilleurs joueurs. Mais les
autres équipes ont aussi progressé.
Il est trop tôt pour dire si nous pouvons
demeurer compétitifs sur plusieurs
tableaux. Dans trois mois,
nous verrons où nous en serons.
Nous aurons alors une meilleure
idée de notre potentiel. »
À charge pour l’OM de contester la
belle assurance du coleader de la
Premier League (avec Chelsea), toujours
invaincu cette saison.
JÉRÔME LE FAUCONNIER