L1 / MARSEILLE :
Qu’il est grand, ce petit
dimanche 27 janvier 2008 - 12 h 55 - Olivier DE LOS BUEIS
Qu’il est grand, ce petit
Du haut de son mètre soixante-sept, Mathieu Valbuena a su s’élever au dessus des débats face à Caen. Dans un match mal engagé, ses deux coups de génie ont mis son équipe sur le chemin d’un incroyable succès.
Pour son premier but au Vélodrome, Mathieu Valbuena n’a pas choisi le plus moche dans sa collection. Un contrôle orienté, une frappe enroulée lobée de 30 mètres, il y avait du génie et de la grâce dans ce geste. Le second, inscrit plus tard est du même acabit, avec un modèle de lob tout en maîtrise. Le héros raconte : « Il y a beaucoup d’émotion, de fierté, j’ai pensé à pleins de personnes qui m’ont fait venir ici, qui me font confiance aujourd’hui ça fait plaisir. Je sais d’où je viens je n’oublie pas. Pour moi le but de samedi est plus beau que celui de Liverpool. Je suis dos au but, j’arrive à me débarrasser de mon adversaire sur un contrôle orienté après j’enroule fort la balle et elle va dans la lucarne. Le deuxième c’est un dédoublement, Laurent Bonnart me la met en retrait, j’ai vu le gardien qui était avancé, j’ai mis une « pichenette »… J’ai eu de la vista. Dans le football il faut aussi avoir de l’audace. Des fois ça réussi, des fois pas. Là, ça a réussi. J’en suis très heureux. »
Sous la direction d’Eric Gerets, Valbuena est devenu un pion important de l’OM. D’abord vu comme un élément de complément, un joker bien utile pour arracher la C1 à Saint-Etienne l’an passé ou pour gagner à Liverpool, Valbuena a su prouver qu’il avait sa place dans l’équipe et qu’il ne devait pas être vu comme une simple doublure pour Nasri. Les Ziani, les Zenden qui pensaient s’installer dans le onze ont dû apprendre à composer avec lui. S’il pensait, lui le natif de Bruges (en Gironde, pas en Belgique), pouvoir devenir aussi important quand il a débarqué sur la pointe des pieds à Marseille ? « Si je dis oui, on va dire que je suis orgueilleux… Mais j’y croyais. Mentalement je ne lâche rien, je connais mes qualités j’ai confiance, je sais qu’il faut persister. Le travail paie toujours. Mais il faut savoir garder la tête froide, avoir beaucoup d’humilité et continuer à travailler. J’ai vécu l’un de mes plus beaux moments de ma carrière samedi. Mettre un but au Vélodrome ça, a une saveur particulière. » Alors deux…
Si les deux buts marqués par l’ancien joueur de Libourne ont une importance particulière pour la formation de Gerets, l’esprit du joueur a également eu sa part. Ne lâchant rien, ne doutant pas, il a su remettre l’équipe sur les rails sur cette prise de risque insensée. Alors qu’en début de saison, certains craignaient le Vélodrome, son public, sa pression, Valbuena n’a pas tremblé au moment de se saisir du ballon et de frapper de 30 mètres, quitte à provoquer en cas d’échec une bordée de sifflets et d’injures bien sonores venant des travées. Valbuena ne doute pas. Confronté depuis toujours aux doutes sur sa capacité de mener une carrière pro malgré sa petite taille (1m67), il s’est forgé un mental d’acier qui s’est propagé samedi au reste de l’équipe : « Nous avons eu une belle réaction d’orgueil. On n’est pas bien entré dans ce match, on prend un but ou bout de deux ou trois minutes de jeu, ils ont encore une action où il y a but, qui n’est pas accepté. On a été K.O mais on a su réagir et ça c’est important. Je ne sais pas si, il y a deux mois, on aurait eu la même réaction… »
Valbuena.
