CE SERAIT FABULEUX
http://www.olympiquedemarseille.com/Multimedia/Photos/une040506b_u.jpg
Marseille, 24 avril 1991. Le stade Vélodrome exulte. Le public marseillais vient de pousser son équipe vers la première finale européenne de son histoire. Une image restera de ce moment de bonheur : Jose-Carlos Mozer, le dur des durs, fondant en larmes dans les bras de Basile Boli.
Dans quelques heures, la même scène se rejouera peut-être avec Didier Drogba, Fabien Barthez ou Manuel Dos Santos dans les rôles principaux.
Dans quelques heures, le Vél´ explosera peut-être, telle " la bombe" promise par José Anigo.
Dans quelques heures, l´OM sera peut-être en finale de la coupe d´Europe…
Il ne lui reste plus qu´une marche à gravir. 90 minutes, ou un peu plus*. Qui l´aurait imaginé en décembre dernier quand un but de Mido et un arrêt de Gavanon dans le froid de Belgrade permettaient aux Marseillais d´être reversés en coupe de l´Uefa ?
L´OM cultivait alors involontairement l´habitude de flancher dans ses grands rendez-vous. Depuis, José Anigo a repris les choses en main. Son approche diffère de son prédécesseur. Les résultats plaident pour lui. Son équipe a toujours répondu présent, sans flageoler devant l´enjeu ou la difficulté.
Elle s´est découverte un caractère, une force collective. Elle a fini par coller à l´esprit olympien.
Dans un sport où les jambes suivent toujours la tête, le dialogue tient une place prépondérante. Ces derniers jours, Anigo a donc pris encore plus de temps que d´habitude pour discuter avec ses joueurs. Il les a réuni par petits groupes, personnalisant ainsi mieux son discours.
" Les joueurs savent ce qu´ils jouent aujourd´hui. Ils sont remontés comme des pendules. Si vous voyiez un garçon comme Didier, c´est clair qu´il est dedans à 200%", observe-t-il.
Une fois sur le terrain, cette conviction devra devenir action. Parce qu´ils ont tenu en échec Newcastle sur son terrain, les Marseillais partent avec un avantage certain. " Mais si nous voulons aller en finale, nous devons gagner", s´empresse de préciser Anigo. " La qualification de Porto à La Corogne malgré un résultat similaire au notre à l´aller est là pour nous rappeler que rien n´est fait avec 0-0".
Pour s´épargner d´éventuels regrets, le technicien phocéen incitera ses joueurs à aller chercher la victoire dès le coup d´envoi. " Contre Liverpool, nous avions fait l´erreur d´attendre et nous avions pris un but. J´aimerais que notre match ressemble plus à celui contre l´Inter à domicile où nous avions vu que nous étions capables de mettre pendant toute la rencontre la tête de nos adversaires dans l´étau".
A l´arrivée, l´OM s´était imposé 1-0. Un score qui suffirait amplement à son bonheur ce soir. Il le propulserait vers Göteborg, avec l´ambition de devenir la première équipe française double-championne d´Europe. Le simple fait d´avoir ce rêve en tête pendant deux semaines, ce serait fabuleux…
Laurent Oreggia
- But en argent : Si l´OM et Newcastle sont à 0-0 à la fin du temps réglementaire, on jouera les prolongations. Si une équipe mène à la fin de la première période des prolongations, elle est qualifiée. Si une équipe mène à la fin de la deuxième période des prolongations, elle est qualifiée. Mais s´il y a match nul, ( 1-1 ou 2-2, par exemple), on devra recourir aux tirs au but, car les buts à l´extérieur ne comptent plus.