C. Carrasso : "C’est dans la difficulté que l’on apprend"
02/11/06 - OM-Lorient
Avec franchise et honnêteté, le gardien de l’Olympique de Marseille a répondu aux questions de la presse marseillaise. Au menu, ses performances, celles de l’OM, les raisons des défaites, le championnat et Lorient.
La défaite contre Lyon est-elle toujours en travers de la gorge ?
Le match de Lyon nous a fait mal et on n’a pas du tout su réagir à Saint-Etienne. Les deux matchs sont liés. A Nice, c’est différent, il y a eu une prise de conscience du groupe et on l’a vu dans le jeu. Parfois, tout le monde veut tellement bien faire que chacun en fait un peu trop. A l’image du premier but niçois, en temps normal, peut-être que je ne serais pas sorti mais je voulais tellement être sur tous les ballons... Puis la réussite s’ajoute à cela. Je n’aurais peut-être pas dû sortir mais une fois que c’est fait, je poursuis mon action mais je tombe sur un joueur qui a de la réussite. Il veut frapper fort, il rate son tir mais ça passe et pourtant il y a quatre joueurs sur la ligne… On aurait pu gagner le match sur la fin mais finalement on le perd sur un penalty. On s’est beaucoup investi sur le dernier match, à l’image d’Habib Beye qui provoque le penalty et se sent responsable alors qu’il a beaucoup donné ces derniers temps pour le groupe. Ceux qui ont le plus souffert durant le match sont ceux qui ont le plus aidé à ce que le groupe relève la tête. Mais ce n’est pas dramatique, on n’est quand même pas en position de relégable.
A quoi tout cela est-il dû ?
Moins de réussite, moins bien physiquement et mentalement… C’est un tout. C’est un peu comme quand nous avions gagné cinq matchs consécutifs, nous pensions pouvoir battre n’importe quelle équipe.
On a pu lire dans la presse que vous sembliez moins en forme actuellement qu’en début de saison ?
C’est vrai. On le voit dans les résultats. Mais ensuite il faut réfléchir pour savoir dans quel sens je suis moins bien. Je suis moins décisif, c’est vrai. Quand on perd et que l’on prend des buts, le gardien et la défense sont visés. Je travaille encore plus à l’entraînement. Je me sens moins décisif et je pense que c’est normal, dans une carrière, qu’il y ait des jours moins beaux que d’autres. C’est par le travail que je compense cela.
Pensez-vous pouvoir retenir la meute des poursuivants au championnat ?
Pour le moment, on sprinte contre nous-mêmes. Les coups font mal, mais on doit apprendre à les prendre. Dans un groupe jeune, quand tout va bien, cela va encore mieux car le groupe est capable d’enflammer mais quand il prend des coups, il les prend plus fort. C’est ce que l’on vit aujourd’hui. On touche du doigt ce qu’est la défaite, le fait de prendre des buts, d’être mal, de ne pas marquer. On sait ce que c’est désormais. C’est dans la difficulté que l’on apprend.
Vous aviez déjà connu ce genre de situation difficile à l’OM…
Je ne peux pas comparer cette année avec les autres. Tout le monde l’a compris en voyant l’état d’esprit de ce groupe. Cela fait un an que l’on vit ensemble, on est en train de construire quelque chose. Aujourd’hui on est deuxième, je ne vois pas pourquoi on révolutionnerait tout après trois défaites. Il faut réagir, c’est sûr, on a mal joué, d’accord, mais tout n’est pas fini. Tout le monde, des joueurs aux supporters, se serre les coudes pour atteindre les objectifs fixés en début de saison. J’ai l’image du match contre Lyon où on vient de perdre mais le Vélodrome nous applaudit. Je pense que tout le monde a compris qu’il peut y avoir des passages à vide.
Lorient, c’est l’occasion de faire redémarrer la machine à gagner…
Oui, car c’est important sur un plan comptable mais Lorient, c’est le douzième match du championnat. On a un groupe très jeune et finalement on est deuxième du championnat. Ce groupe ne peut pas être bien tout le temps. Si on pouvait gagner tous nos matchs, cela se saurait. En ce moment, on vit trois défaites de rang, on aurait pu stopper cette spirale à Nice, car un point nous aurait satisfait. Il faut oublier ce qui s’est passé et relever la tête.
"C’est dans la difficulté que l’on apprend"
Hé ben on a dû apprendre un paquet de choses depuis 13 ans...