Retour aux bonnes manières ?
Henri Ancel (au premier plan) devrait succéder dans quelques jours à Patrick Spielmann (au centre) à la tête de l’association, Frédéric Sitterlé prenant la présidence de la nouvelle SAS prochainement créée.Photo Jean-Marc Loos
Après un trimestre d’explications musclées, l’association amateur RCS et Frédéric Sitterlé ont fini par s’entendre sur une convention de gestion consensuelle valable jusqu’en juin 2016. L’assemblée générale a validé cet accord hier matin.
« Tout est bien qui finit bien. » Voilà comment Patrick Spielmann, président de l’association support RCS foot, a ouvert son intervention devant la presse hier midi à la Meinau, au sortir d’une assemblée générale rondement menée autour d’un consensus dégagé au forceps, après quelques joutes sévères sur lesquelles aucun des protagonistes n’a souhaité s’étendre.
Sur fond de « On efface tout et on recommence », la signature de la nouvelle convention de gestion liant l’asso à la future SAS (1) a été validée à l’unanimité par la trentaine de membres fondateurs et dirigeants présents. Pour être précis, pouvoir a été donné à P. Spielmann de la signer et la soumettre au Préfet et aux services de la DRJSCS (2), susceptibles d’y apporter quelques modifications.
Cette convention de quatre ans et quelques semaines - jusqu’en juin 2016 - prendra effet dès cet examen administratif passé (3). Une nouvelle SAS sera créée, Frédéric Sitterlé assumant alors les besoins en trésorerie jusqu’en juin, estimés entre « 400 et 500 000 euros » par Henri Ancel, probable successeur de Spielmann. Car ce dernier a pratiquement officialisé ce que « L’Alsace » annonçait dès le 14 février : son prochain retrait. « Dans un futur proche, je passerai la main. Depuis des mois et même plus que ça, ce rôle de président occupe toutes mes journées, parfois plus. Il est logique d’être gagné par la lassitude. »
Comme prévu, Henri Ancel devrait lui succéder. « À supposer que le conseil d’administration l’accepte à l’unanimité. » Ce passage de relais n’interviendra que lors d’un CA ultérieur, à une date à fixer.
Comme prévu aussi, la convention validée hier en AG a été débarrassée des exigences initiales de F. Sitterlé, « sur la base d’un texte qui, dans sa structure, reprend le texte type du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale », selon Spielmann.
Henri Ancel confirme « qu’on ne parle plus de redevance de marque, ni d’indemnité à l’échéance à verser par l’association à la SAS en cas de non-renouvellement unilatéral. »
Un conseil de club pour réfléchir au sportif
Quelles nouveautés y sont-elles liées ? D’abord, la création d’un conseil de club de six membres : trois représentants de la SAS et trois de l’association, dont les deux présidents. « Ce conseil n’aura qu’un rôle consultatif, mais réfléchira avant le 30 juin à la politique sportive pour 2012-2013 », détaille Ancel, « En cas d’égalité, la voix du président de la SAS, qui sera aussi président de ce conseil (Ndlr : Sitterlé, qui en est à l’initiative), sera prépondérante. »
Ensuite, le versement par la SAS à l’association de 50 % des indemnités de mutation des joueurs formés au club. Une clause inapplicable aujourd’hui, puisque le centre de formation n’est plus labellisé (voir par ailleurs). « Mais ces sommes ne viendront pas s’ajouter à la dotation de la SAS vers l’asso », pointe H. Ancel, « Elles s’y substitueront. Ça permet de consolider l’indépendance de l’association. » La contribution de la SAS au fonctionnement de l’association amateur sera définie chaque année avant le 30 juin. Pour cette saison, le déficit d’exploitation devrait osciller entre 1 et 1,3 million d’euros.
Aujourd’hui que la nouvelle convention est avalisée, Frédéric Sitterlé s’engage à respecter ses promesses. « Mon investissement a toujours été conditionné par cette convention qui est l’acte de propriété du club. La convention plus simple a le mérite d’être expliquée et comprise plus facilement. L’idée, c’est de réduire les charges de la SAS et de revenir à un point d’équilibre beaucoup plus bas. Le Racing a cette chance de repartir de zéro et de pouvoir mettre en place un modèle économique qui s’appuierait sur quatre secteurs équilibrés : 1. Les sponsors ; 2. Le marketing et le merchandising ; 3. La billetterie ; 4. Les droits télé et de mutation. Certains clubs dépendent à 60 % des droits télé. C’est beaucoup trop. J’ai bon espoir que dans 18 mois, lorsque nous serons en National, nous puissions refermer la parenthèse du dépôt de bilan. »
(1) Société par actions simplifiée.
(2) Direction régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale.
(3) La convention doit prendre effet avant le 30 juin pour que Frédéric Sitterlé puisse assumer les besoins en trésorerie jusqu’à la fin de saison. Or, sa durée ne peut législativement excéder cinq ans. C’est pour cette raison qu’elle ne porte « que » sur quatre ans et quelques mois.
L'Alsace