L'article des DNA
Près de 50 d’entre eux se sont retrouvés devant les grilles pour se répartir les tracts à distribuer avant le match histoire de faire monter la sauce.
Vendredi dernier, Jonathan Helbling, 26 ans, employé des Grands Moulins de Strasbourg, en a eu assez. Assez de voir le Racing partir en vrille. Assez de rester les bras ballants. Alors il s’est lancé. «J’ai créé une page Facebook en faveur du “rachat du Racing Club de Strasbourg par ses supporters “, comme ça, avant le repas», se souvient le jeune homme.
La page a bien «buzzé» tout le week-end. Au point de dépasser les 1 000 membres vers midi ce lundi, pour s’arrêter vers 1 350 à une heure du coup d’envoi contre Orléans.
«Des investisseurs renommés nous ont contactés»
Jonathan Helbling avait donné rendez-vous aux plus motivés devant les grilles de la Meinau pour répartir les paquets de tracts à distribuer avant le match — «Un petit clic pour un grand club», résument les feuilles A4 imprimées dans l’urgence. Vers 19 h, ils sont une cinquantaine.
«On voulait voir où on en était. On sait très bien que les supporters ne pourront pas racheter le club comme ça, d’un coup de baguette magique. L’idée, c’est de montrer que le Racing bénéficie encore d’un vrai soutien populaire, pour attirer des repreneurs potentiels, intéressés par un projet dans lequel les supporters auraient leur place», résume Jonathan.
«Des investisseurs renommés nous ont contactés. Des PME se sont manifestées. Ca part bien, appuie Yvan Giessler, l’administrateur du groupe, qui s’est joint à l’aventure dans le week-end. Notre objectif, maintenant, c’est d’être visible dans le stade au prochain match à domicile. Que les joueurs sachent qu’on les soutient.»
L’idée d’une participation des supporters «comme au Barça» — où les socios élisent le président depuis 1978 — séduit tous les présents. «Si ça fonctionne dans d’autres pays, pourquoi pas ici, avance Denis Lentz, 37 ans, agent de restauration. L’important, en tout cas, c’est de se mobiliser avant qu’il ne soit trop tard. Il faut éviter à tout prix le dépôt de bilan et garder le statut pro.»
«Je suis prêt à investir dans un projet raisonnable à la hauteur de mes moyens, rebondit Loïc Lambert, 24 ans. Si on se retrouve en régional, on repart de zéro, mais de chez zéro. Ca me semble impensable : il y a tellement de gens attachés à ce club.»
«Je ferais n’importe quoi pour sauver le Racing. J’ai vu mon premier match à 3 ans, avec mon père. Je me rappelle des grands moments, la victoire au Stade de France en 2005, celle contre l’OM, cette même année. On ne peut pas nous priver de ça», acquiesce Andy Galler, 17 ans.
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