Une reprise en main
Le RCS se prépare à un grand chambardement : changement de propriétaire, de président, de cellule recrutement, d’entraîneur et même de joueurs au mercato. Toute l’équipe Ginestet va quitter le club. Vendredi, une société anglaise majoritairement détenue par un homme d’affaires français installé à Londres en prendra le contrôle effectif.
Tout sera officialisé vendredi midi, mais qu’on ne s’y trompe pas : la vente du Racing Strasbourg est déjà entérinée. Philippe Ginestet, qui détenait 70 % d’EuroRacing, la holding qui possède le club à 78 %, a accepté de céder l’intégralité de ses parts à une société anglaise contrôlée par un homme d’affaires français domicilié à Londres, actif dans le monde de la finance et la gestion de fortunes.
Les choses ne traîneront pas : vendredi à 10 h, les actionnaires de la SASP (1) (*) seront réunis en assemblée générale. Une heure plus tard, le conseil d’administration, enrichi de deux nouveaux membres, représentants de l’acquéreur, nommera le nouveau président-salarié, Julien Fournier, ex-secrétaire général de l’Olympique de Marseille (comme dévoilé en exclusivité dans « L’Alsace » d’hier). À midi, le 22 e président en 103 ans d’existence sera présenté en conférence de presse. Il entrera aussitôt en fonction.
Jusqu’à l’AG, le nouveau propriétaire restera dans l’ombre, en respect de la clause de confidentialité qui a régi le processus de vente. Il n’est d’ailleurs pas certain qu’il soit présent lors de la passation de pouvoir.
Philippe Ginestet devrait conserver un titre honorifique (président d’honneur en l’occurrence), mais n’exercera plus aucune fonction. Ses proches emprunteront eux aussi la porte de sortie. Le président délégué Jean-Luc Herzog et les recruteurs Pierre Ginestet et Jacky Canosi seront remerciés moyennant indemnités, tout comme sans doute le coordinateur sportif Pascal Camadini. Une opération financièrement pas neutre dont le repreneur accepte de supporter le poids pour permettre au Racing de repartir sur d’autres bases.
Sur le repreneur en question, rien n’a filtré ou presque. Tout juste sait-on qu’il s’agit d’un grand amateur de foot doublé d’un supporter du RCS, même s’il n’est pas Alsacien. Sa passion pour le club bas-rhinois aurait motivé sa démarche, similaire à celle du nouveau boss du FC Lorient, Loïc Fery, et l’aurait amené à choisir l’Alsace, plutôt que Watford, 9 e de D 2 anglaise, ou les Grasshoppers de Zurich, 5 es du championnat suisse, qu’il aurait aussi envisagé de racheter. Son objectif et celui de Julien Fournier seraient le maintien en Ligue 2 dans un premier temps, puis la remontée en L 1 sous deux ans.
Pour ce faire, les deux hommes vont refondre l’équipe dirigeante. Leur but avoué : que tout le monde tire dans le même sens là où, depuis des mois, tout le monde s’est tiré dans les pattes. Bref, retrouver une unité en interne et en externe autour d’un projet fédérateur.
La nouvelle direction compte s’appuyer sur un centre de formation qui avait subi des coupes franches ces dernières années. Mais elle entend aussi donner une nouvelle impulsion à l’effectif pro.
Un entraîneur arrivera dès la semaine prochaine, en remplacement d’un Pascal Janin dont l’intérim s’achèvera avec le changement de patron. Mais l’actuel technicien, sous contrat jusqu’en 2011, ne montera pas forcément dans la charrette. Son aptitude à enrayer le cycle infernal des défaites aurait séduit le repreneur qui pourrait lui proposer de retrouver son poste d’adjoint, en soutien d’un coach qui ne devrait pas être Elie Baup. Contacté, l’ex-entraîneur de Bordeaux, Saint-Étienne et Toulouse aurait préféré honorer la mission ponctuelle de sélectionneur du Maroc durant la Coupe d’Afrique des Nations en janvier en Angola. J. Fournier recevra en principe P. Janin en début de semaine.
Même si des mesures draconiennes d’assainissement et d’économie seront prises, l’effectif subira un profond remaniement lors du mercato d’hiver (du 1 er au 31 janvier). Certains joueurs seront invités à trouver un club. D’autres arriveront pour renforcer l’équipe, recrutés grâce - dit-on - à « un investissement important et nécessaire. »
Dans 48 heures, le Racing changera à la fois d’air et d’ère.
Et voilà, enfin le ménage 