eye : «Strasbourg, mon petit jardin» 06/04/2005
Dimanche dernier, son ami et ancien coéquipier Danijel Ljuboja n’a pas vu le jour. Habib Beye a été impressionnant. Un autre match chargé d’émotions l’attend samedi à la Meinau, un stade qu’il surnomme son «petit jardin».
Avant OM-PSG, on t’avait proposé une interview croisée avec ton ami Danijel Ljuboja. On l’a revu après le match, et il nous a dit qu’il t’avait baladé sur le terrain…
( Rires) Il n’a pas pu dire ça. Il sait très bien que ça ne s’est pas passé comme ça. Ca a été un beau duel. Il m’avait secoué au match aller, j’ai fait pareil au match retour. Ca reste mon ami, mon frère. Mais pendant 90 minutes, on a mis ça de côté.
Plus sérieusement, l’OM rencontre des difficultés depuis plusieurs rencontres…
On est moins bien dans le jeu depuis un mois et demi. On a du mal à engranger les points. Même si contre Paris, au vu de la physionomie du match, on peut qualifier ce nul de bon point de pris. A présent, il reste sept matches. Il faudra essayer de gagner les sept.
Dimanche, tu retrouvais l’axe, notamment en raison du forfait de Fred Déhu. Et tu as de nouveau été très bon. Ta polyvalence est un sérieux atout pour la défense marseillaise…
Chaque joueur est là pour porter l’équipe vers le haut. Et si je donne ça, c’est aussi parce que je prends du plaisir à jouer dans ce stade. Pour en revenir au placement, que ce soit à droite ou dans l’axe, j’ai mes marques. Ca ne change rien. Je n’ai pas de préférence. Le plus important c’est de donner le meilleur de soi-même.
Samedi, c’est le retour au bercail, à Strasbourg. Le club de tes débuts professionnels…
C’est mon petit jardin. J’y ai joué six ans donc ça marque. Ce sera un match un peu spécial pour moi, dans un stade où j’apprécie toujours d’évoluer. L’année dernière je n’avais pas beaucoup joué, dix minutes je crois. Donc on verra cette année… C’est avec grand plaisir en tout cas que je retrouverai cette équipe au sein de laquelle j’ai pris beaucoup de plaisir.
Que peux-tu nous dire de ce public alsacien ?
J’étais apprécié. Je suis resté plusieurs saisons au Racing et je commençais à coller à ce club. Les gens avaient peut-être cette reconnaissance du fait que je restais là-bas. . Bon, je pense que samedi les supporters ne seront pas de mon côté puisque j’ai changé de camp. Maintenant c’est différent du Vélodrome. C’est une ambiance plus familiale, disons.
Que te disent tes anciens partenaires avant le match de samedi ?
J’ai effectivement gardé des contacts avec certains membres du staff, mais aussi et surtout avec des joueurs. Notamment Bassila que je retrouve en sélection, ce qui est plus simple pour entretenir l’amitié. Je l’ai même eu au téléphone avant-hier. Il m’a confirmé que lui et ses partenaires étaient très motivés avant de nous accueillir. Je lui ai dit que nous l’étions tout autant à l’idée d’aller là-bas. Maintenant ça va être un match sympa, mais ce ne sera certainement pas une rencontre entre amis.
As-tu suivi le parcours de ton ancienne équipe ?
A domicile, Strasbourg n’a perdu qu’une fois, contre Lyon. Donc c’est un bon parcours, surtout depuis janvier après le changement d’entraîneur. Ils ont pris conscience qu’il y avait urgence. Que le maintien du club en Ligue 1 était en jeu. Il ne leur reste plus beaucoup de points à prendre aujourd’hui. A mon avis, en plus d’être un match de gala, la rencontre de samedi aura cet enjeu-là pour eux.
La mission ne s’annonce donc pas simple pour l´OM …
C’est sûr… Il va falloir être bien armés, même sans doute hausser le ton par rapport à d’habitude. Si on y va « tranquilles », on rencontrera à coup sûr des difficultés.