Chelsea, la cité de la peur ? 
Trois ans après leur échec en demi-finale contre le Barça, les Blues disposent d'une revanche mercredi (20h45). A condition de prendre leur responsabilités dans le jeu, ce qu'ils n'acceptent guère cette saison.
Des deux côtés, vainqueur et vaincu, on n'a rien oublié. On a eu un peu plus de mal côté Chelsea, forcément. Trois ans après leur rendez-vous épique face à Barcelone, cette folle nuit où un certain Tom Henning Övrebo est devenu l'espace d'un instant l'homme le plus détesté d'Angleterre, les Blues veulent mettre de côté ce souvenir noir de leur histoire. Même si tout est fait pour le leur rappeler, comme ces mots de Dani Alves dans les colonnes du Guardian ce mardi. Durs, un rien provocateurs : «Les gens ont dit que Chelsea aurait gagné sans cet arbitre, mais ce n'est pas notre problème. (...) Chelsea n'a pas été en finale par peur. L'équipe qui a un joueur en plus, qui joue à domicile, et qui mène doit attaquer plus. Mais bien sûr, si tu n'as pas cette philosophie d'attaque qu'a Barcelone, tu restes derrière et tu te fais éliminer. Je pense que Chelsea a manqué de courage en attaque, et l'a payé.»
Un jugement quelque peu hâtif quand on se souvient des penalties en faveur de Chelsea oubliés en première période, ou que le seul tir cadré du match pour les Barcelonais fut celui victorieux d'Andres Iniesta. Mais s'il y a bien une chose que doit retenir le camp de Di Matteo avant ce deuxième rendez-vous, c'est de laisser la peur au vestiaire. De ne pas oublier de jouer, comme il a pu le faire lors du quart de finale retour contre Benfica (2-1), où il aurait pu sortir par la petite porte faute d'avoir pris ses responsabilités. Bref, d'adopter un visage plus ressemblant à celui affiché dimanche contre Tottenham en Cup (5-1). Sauf que bon, c'est Barcelone en face : «Si on joue comme on l'a fait contre les Spurs, avec la même concentration et détermination, on doit croire à notre chance», a assuré Frank Lampard en conférence de presse.
«On ne peut pas montrer trop de peur face à eux. Il faut qu'on les respecte, mais qu'on joue comme contre Tottenham.» Frank Lampard«On ne peut pas montrer trop de peur face à eux. Il faut qu'on les respecte, mais qu'on joue comme contre Tottenham. Cette performance incarne ce que Chelsea peut faire de mieux.» Pas de peur, donc, surtout qu'en Ligue des champions, les Londoniens n'ont perdu qu'une seule fois lors de leurs quatre dernières réceptions du Barça (22 février 2006, quart de finale), et que leurs récentes oppositions ont été serrées. Leur ancien boss, Claudio Ranieri, est persuadé qu'ils ne joueront pas petit bras. «Ils respecteront le Barça, mais en avoir peur ? Non, a-t-il expliqué à la BBC. (...) Le Barça va garder la balle, donc Chelsea devrait attaquer vite, et cela sans se soucier de la possession de balle, parce qu'il ne va pas l'avoir.» Facile à dire, compliqué à comprendre... Et impossible à faire ?