BUTTON ÉMERGE DU CHAOS
Jenson Button (Honda) remporte le premier Grand Prix de sa carrière à l´issue d´une course sensationnelle marquée par les abandons successifs de Kimi Räikkönen, l´auteur de la pole-position, de Fernando Alonso, alors en tête, et de Michael Schumacher à trois tours de la fin. L´Espagnol garde onze points d´avance avec cinq courses à disputer.
Tambay : «une erreur qui coûte très, très cher à Renault»
Il y a des Grands Prix qui valent des saisons entières et celui-là en fait partie. Ce qui était imprévisible trois jours avant et restera inconséquent pour la fin du championnat. Imprévisible parce que le circuit de Budapest était réputé pour son allergie aux dépassements. Inconséquent car elle ne modifie pas la situation en tête des classements pilotes et constructeurs. Seule la huitième place de Felipe Massa permet à Ferrari de reprendre un point à Renault avec désormais neuf longueurs de retard. Restera le souvenir d´une épreuve qui a rassemblé tout ce qui fait le sel de la Formule 1 : les exploits personnels, les renversements de situation et la nouveauté, symbolisée par ce premier succès de Jenson Button. L´éternel espoir efface d´un coup une réputation de plus en plus tenace de loser. «113 Grands Prix sans l´emporter... Au moins ça c´est fait, on arrêtera de m´en parler», résume le Britannique.
Déjà lors des essais libres, Fernando Alonso et Michael Schumacher avaient gouté aux délices amers du style baroque. Pénalisés de deux secondes en qualifs, une sanction sortie de nulle part, l´un pour un mouvement d´humeur, l´autre pour avoir dépassé sous les drapeaux, ils ont dû s´élancer au-delà de la dixième place sur la grille. Comme un certain Jenson Button. Dès le départ, pris sur une piste détrempée qui a pris son temps pour sécher, ils grillaient la moitié du peloton et débutaient une épreuve d´anthologie. Parti quinzième, l´Espagnol était quatrième après cinq tours... Le reste fût d´une richesse sans nom. «Au début de la course, la contre-performance des Ferrari sur piste humide est marquante. Michelin a effectué un grand pas en avant sur les pneus intermédiaires», estime Patrick Tambay. Très chargé en essence, Alonso décale son premier arrêt aux stands et prend la tête à Räikkönen au 18e tour.
Tenant du titre, le Finlandais «a réussi une grande performance, selon notre consultant, mais il est tombé dans un piège» en percutant Vitantonio Luizzi au 26e tour. Avec l´entrée en piste du safety-car, l´avance d´Alonso est réduite à néant mais «Schumi» a déjà un tour de retard après avoir percuté Fisichella au 16e tour. Quatrième temps fort, «le dernier ravitaillement d´Alonso est une erreur qui coûte très, très cher à Renault». Un écrou mal vissé à l´arrière, l´Espagnol doit s´arrêter avant de perdre sa roue. «Schumi» n´en profitera pas. Le septuple champion du monde en titre se retire à trois tours de la fin avec une Ferrari cramée par presque deux heures de course. Fin du tourbillon. La vie normale peut reprendre mais celle de Button a changé.
LE CLASSEMENT
1. Jenson Button (GBR/Honda)
les 306,663 km en 1h52:20.941(163,773 km/h)
2. Pedro de la Rosa (ESP/McLaren) à 30"837
3. Nick Heidfeld (GER/BMW-Sauber) à 43"822
------------------------------------------
4. Rubens Barrichello (BRA/Honda) à 45"205
5. David Coulthard (GBR/Red Bull-Ferrari) à 1 tour
6. Ralf Schumacher (GER/Toyota) à 1 tour
7. Robert Kubica (POL/BMW Sauber) à 1 tour
8. Felipe Massa (BRA/Ferrari) à 1 tour