LA PARENTHÈSE BRIDGESTONE
Si les monoplaces équipées de pneus Michelin étaient bien au départ, contrairement à 2005, le résultat reste le même : un doublé de Ferrari, Michael Schumacher devant Felipe Massa, moins de dix voitures à l´arrivée et Fernando Alonso, cinquième, qui perd provisoirement du terrain.
«19 points, c´est beaucoup mais pas impossible»
Indianapolis 2005 et ses six monoplaces au départ était une parenthèse, encore fallait-il la refermer. Ce n´était visiblement pas le cas pour Michelin, qui jouait gros devant un (maigre) public américain d´une grande importance commerciale pour l´entreprise clermontoise. «Les Bridgestone étaient clairement supérieurs», a confirmé Giancarlo Fisichella, pourtant le pilote le plus à l´aise avec les pneumatiques français ce week-end, troisième des essais qualificatifs comme en course. Les Renault n´ont dominé ce Grand Prix qu´au départ, soit l´espace de quelques secondes. Alors que Felipe Massa dépassait Michael Schumacher, Fernando Alonso plongeait de la cinquième place pour se retrouver au niveau de l´Allemand dans le premier virage. Mais l´Espagnol ne pouvait tenir sa trajectoire et rentrait dans le rang avant de perdre des places au fil du Grand Prix avec une R26 mal chaussée, mal réglée, mal en point tout simplement. Sans l´abandon de Ralf Schumacher à dix tours de la fin, le champion du monde en titre aurait même fini sixième. Loin donc de monter sur son seizième podium de rang, ce qui en fait un Grand Prix à part.
Une course sans les McLaren-Mercedes, éliminées dès le départ lors d´un carambolage qui a éliminé cinq voitures d´un coup, seules neuf voitures ralliant l´arrivée ; une course où les Toyota (en pneux Bridgestone) ont été du niveau des Renault avec une tactique gagnante à un seul arrêt de Jarno Trulli, quatrième après être parti des stands ; une course où Ferrari a archi-dominé comme avant. «Tout était parfait et avoir Felipe à mes côtés montre que c´était une course de rêve», résume «Schumi», auteur de sa 72e pole, puis de sa 87e victoire. La troisième de la saison, qui lui permet de revenir à 19 points d´Alonso à huit courses de la fin du Championnat. «19, c´est beaucoup d´une certaine manière, mais ce n´est pas impossible à remonter», explique Michael Schumacher. «Maintenant, on doit être performant sur chaque course et leur mettre la pression pour réduire l´écart», poursuit Massa, qui a reçu le satisfecit de son illustre équipier. «J´étais derrière lui (jusqu´aux premiers ravitaillements), note Schumacher, et j´ai pu observer son pilotage. Il était efficace, propre et fluide». Un état de grâce qui ne doit pas faire perdre les pédales au clan Ferrari, sachant que Fisichella rappelle que Renault a pu malgré tout obtenir le «meilleur résultat possible» dans ces drôles de circonstances. Et que le prochain Grand Prix aura lieu en France, le 16 juillet . Non loin de chez Michelin.