12/09/2007
F1 - Espionnage - McLaren, la tête à l´envers?
En s´adjugeant les deux plus hautes places du podium du Grand Prix d´Italie, dimanche dernier, McLaren a infligé un camouflet à Ferrari sur ses propres terres. Mais cela n´est pas grand-chose à côté de la tempête que traverse l´écurie dirigée par Ron Dennis, dont le succès à Monza pourrait même n´avoir servi à rien au final. Car, jeudi, le Conseil mondial de la FIA se réunit à nouveau pour juger l´affaire d´espionnage qui oppose le leader au classement constructeurs à son dauphin. Et cette fois McLaren ne devrait pas s´en sortir aussi facilement qu´à la fin du mois de juillet, risquant une exclusion du championnat pour la saison actuelle et pour 2008.
Le 26 juillet, en effet, le Conseil mondial n´avait pas pénalisé l´écurie de Fernando Alonso et Lewis Hamilton. Il avait estimé que les preuves d´une éventuelle utilisation, et donc d´un profit, des informations confidentielles concernant la F2007 de Ferrari, n´étaient pas suffisantes. Le problème pour McLaren est l´apparition de nouveaux éléments, qui rendent caduques les explications alors fournies par Ron Dennis. Le patron de l´écurie avait affirmé que seule une personne (Mike Coughlan, concepteur des voitures de Hamilton et Alonso) avait eu connaissance des informations concernant les Ferrari. Une version contredite par... Fernando Alonso en personne, à l´issue de la course à Monza.
Alonso crache le morceau
L´Espagnol, champion en titre, semble avoir craqué à cause de la persistance de la FIA, qui ne veut pas laisser s´installer la loi du silence et a promis l´amnistie en échange d´informations. Alonso, revenu à trois unités de son équipier Hamilton au classement pilotes grâce à son succès en Italie, a avoué être informé depuis le début de saison des secrets de réglages des Ferrari, conduites par deux concurrents directs pour le titre, Kimi Raïkkonen et Felipe Massa. Cette révélation a apporté de l´eau au moulin des autorités italiennes, le parquet de Modène traîtant le volet judiciaire de l´affaire et ayant remis auparavant un «avis de garantie» à Ron Dennis, lui signifiant une enquête à son encontre.
L´étau se resserre donc autour du patron de McLaren. D´autant plus que dans le camp adverse, on ne veut pas passer à côté de cette nouvelle occasion de mettre les choses au point: «Nous devons apporter un maximum de preuves pour que le Conseil mondial comprenne ce qui s´est passé, lâche Jean Todt, le patron de Ferrari. Nous avons de nouvelles preuves à apporter et cette fois nous pourrons tout présenter». L´inquiétude de Lewis Hamilton, exprimée le week-end dernier, est donc fondée. Le Britannique devra certainement composer avec ce poids jusqu´au terme de la saison, le calendrier rendant difficile une nouvelle réunion d´ici là. Au volant, Hamilton pourrait donc garder la tête jusqu´au bout. Et la perdre après la ligne d´arrivée.
(Avec AFP)