PSG-OGCN : ON A COCHÉ LE 2
Vendredi 12 avril, service des sports de Canal +, midi. Le directeur Cyril Linette dévale les escaliers de la rédaction. Il entre livide dans le spa de la chaîne cryptée pour annoncer la terrible nouvelle à ses collaborateurs : "je n'ai rien pu faire. Rien. Je vous implore de me pardonner. Mais nous allons diffuser un match de l'OJC de Nice, à 21h, en prime-time, un dimanche, aux yeux de tous". Astrid en laisse choir sa serviette, Hervé n’a plus de voix et Pierre plus d'appétit. Cyril Linette de poursuivre : « le PSG, c'est l'assurance d'un taux d'audience aussi élevé que le cholestérol de... Non mais Nice ! Pourquoi, pourquoi cela n'arrive qu'à moi ? Je m'étais juré de ne jamais les diffuser ».
Le spa semble glacé à cet instant. L’incompréhension le dispute au désarroi. Le coup était pourtant parfait. PSG-Nice aurait dû se disputer samedi 20 avril à 17h, quatre heures avant la finale de Coupe de la Ligue entre l'ASSE et le Stade Rennais. Du grand art. Léonard de Vinci, incline-toi et admire Canal ! Mais le coup a fait pschiit, comme une mauvaise limonade sans gaz.
C’est donc officiel. Sauf tremblement de terre en Ile de France, les Niçois ne pourront plus déplorer n’être jamais passés après le brief du CFC. Il faut dire que quelques minutes avant la reddition de Linette, la Préfecture de Police de Paris, à une semaine de la rencontre, s'était - enfin - aperçue du subterfuge. Entre le déplacement des supporters stéphanois, l’invasion rennaise et le débarquement niçois, impossible de gérer la sécurité autour du Parc des Princes dans le XVIe arrondissement, et aux abords du Stade de France dans le 9-3. Rassurant à trois ans de l'Euro 2016... Ou alors le plan était minutieusement orchestré afin que les supporters nissarts demeurent sagement au Comté. Paranoïa mal placée dirons-nous. En tout état de cause, plusieurs dizaines de fidèles sont sèchement frappés au portefeuille, tenus de modifier leur feuille de route à la dernière minute.
Mais revenons au terrain et à ce sommet non annoncé entre le probable futur champion opposé au 4ème du classement, en course pour la coupe aux grandes oreilles. Car après 32 journées, le Gym tient toujours lieu de surprise, voire d’intrus. Alors il est peut-être plus rentable pour C+ d'inviter Nabila... Canal +, la télé pas comme les autres. Autorisons-nous un conseil : Cyril, remisez la "Beck'cam" et ouvrez grand les yeux. Dimanche, l'OGC Nice va s'imposer à Paris. A la rédaction, on a coché le 2.
Voici pourquoi.
1. "Tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat". Le détonant syllogisme d'Eugène Ionesco pourrait être décliné au mode OGCNiçois. Nice a battu le PSG. Le Barça n'a pas gagné contre le PSG. Donc Nice est meilleur que le Barça. Autant dire que dimanche soir à 21h, les Parisiens peuvent se préparer à recevoir une manita niçoise des grands soirs.
2. Alerte enlèvement ! Dario Cvitanich a promis de transporter à Paris le rein disparu de Van der Wiel du match aller. Notre Mahamane Traoré aux trois poumons se chargera de couler une formation qui a bu la tasse à Evian. Comme le "slamerait" Grand Corps Malade, même avec notre ribambelle d'invalides, nous allons décrocher une victoire avec la tête, le cœur et… hum, le reste.
3. Les Parisiens seront certainement sacrés champions de France dans quelques semaines. Mais le Gym viendra retarder la petite sauterie. Depuis 7 matches au Parc du Prince Tamim, la terre est devenue fertile pour les Niçois (seulement deux défaites). Loïc Rémy et les siens y avaient enfanté une sublime victoire il y a trois saisons. Comme Ederson deux ans plus tôt.
4. 120 minutes à Evian en Coupe de France, une nouvelle élimination désastreuse aux tirs au but, le Paris Saint-Germain est à des années lumières du niveau affiché à Barcelone. Logique ? Peut-être pas. Car le PSG n'est tout simplement pas encore un grand d'Europe. Quand le Bayern Munich ou le Barça se font respecter en coupes nationales, le nouveau PSG s'incline à Annecy. Avec un léger avantage psychologique et donc physique, la bande à Puel a largement de quoi faire un coup.
5. On se délecte déjà du debrief sur le plateau du CFC. Imaginons que Nice l'emporte. Quel angle choisir ? Paris qui n'y arrive plus ou Nice qui mérite sa place parmi les grands ? Paris qui n'y arrive plus.
Cette blague…
Steeven Devos et la rédaction.
ACTU FOOT
Marrant. 