L’agression du duo Meite-Ecker dont est victime Ljuboja ne fait qu’ajouter à une ambiance qui s’est radicalisée ( 36e). Mais le pire est à venir.
Sans qu’il y ait cette fois de mauvaises intentions, dans son duel aérien avec Christanval, Pauleta se blesse à l’avant-bras gauche en retombant au sol. La mort dans l’âme, il doit quitter ses copains ( 55e), alors que cinq minutes plus tôt, il ouvrait trop son pied droit face à Barthez, dans un duel conséquent dans ce type d’opposition. Comme Fiorèse, victime d’une blessure quasi identique ( Ecker lui a marché sur la main, 55e), a lui dû être remplacé à la pause, Halilhodzic va devoir réorganiser son équipe. Et les entrées en jeu de Hugo Leal et de Reinaldo vont être significatives.
Seul en pointe, Ljuboja va pouvoir faire parler sa technique. Plus du tout contraint de s’employer à jouer pour Pauleta, l’ancien strasbourgeois va dynamiter la défense olympienne par ses nombreux gestes techniques et son pressing constant sur le dernier défenseur. L’arrêt décisif de Barthez face à Sorin ( 60e) n’ôte en rien les velléités marseillaises. Drogba est toujours le même poison. Une tête ( 72e) puis une sortie de Letizi dans les pieds de l’attaquant ivoirien donne le tournis au bloc parisien. Un ultime contrôle de la poitrine enchaîné par un tir cadré de Ljuboja ouvre de bonnes perspectives pour la prolongation ( 90e). Paris est en jambes, et comme souvent dans pareil cas, c’est le plus frais physiquement qui fait la différence.
Une première échappée en solitaire de Reinaldo, et c’est Hugo Leal qui se retrouve seul face à Barthez. La frappe du Portugais n’est pas suffisamment enroulée pour trouver le chemin des filets, mais elle l’est suffisamment pour faire douter un peu plus encore une formation marseillaise malmenée dès qu’elle approche à quarante mètres des buts parisiens.
Finalement c’est une combinaison à trois qui apportera la délivrance en même temps que la qualification. Rocchi joue juste en première intention vers Reinaldo. Le Brésilien passe entre les jambes de Van Buyten et choisit de centrer au deuxième poteau où les crânes, chevelus et peroxydés, de Sorin et Ljuboja attendent le ballon. Le plus petit des deux s’élèvent dans les airs, et Paris prend encore un peu plus de hauteur dans le ciel, de moins en moins orageux, de Marseille. Paris est ici, chez lui ! Définitivement