Les six raisons d´un décollage
Les deux victoires consécutives des Parisiens face à Toulouse, puis samedi en Bretagne, s´expliquent en grande partie par ce qui s´est passé cette semaine au camp des Loges et d´habiles changements.
Bien sûr, le PSG n´a battu que Toulouse ( 18 e , 2-1) et Guingamp ( 19 e , 2-0, samedi en Bretagne), deux solides candidats à la L 2. Mais, au-delà de ces deux victoires consécutives et de la bonne opération mathématique, les Parisiens ont vécu une semaine très riche dans l´évolution du groupe. Si un déclic s´est produit contre les Toulousains, une dynamique positive est née tout le long de la semaine dans les coulisses du club.
Enfin du ballon. Toute la semaine, Vahid Halilhodzic a davantage axé ses entraînements sur la circulation du ballon et sur le jeu. Après avoir bouffé des tours de terrain depuis fin juin, les joueurs étaient ravis et même soulagés de goûter aux joies du football. D´autant que, pour la première fois, l´effectif était enfin au complet. Deux enseignements majeurs à retenir : d´abord, le PSG est désormais au point sur le plan athlétique sur toute la durée d´un match ; ensuite, l´entraîneur bosniaque a su entendre les doléances de son groupe, transmises par Frédéric Déhu.
Quatre costauds en défense. A Guingamp, quatre défenseurs centraux de formation étaient alignés au coup d´envoi. Fidèle à sa philosophie, Halilhodzic a choisi des athlètes pleins d´abnégation, agressifs et puissants dans les duels : El Karkouri ( 1,84 m, 79 kg), Déhu ( 1,87 m, 80 kg), Pierre-Fanfan ( 1,89 m, 86 kg) et Heinze ( 1,78 m, 78 kg). L´objectif est de former un mur devant Lionel Letizi qui n´a d´ailleurs eu aucun arrêt à effectuer devant les inoffensifs attaquants bretons. Pour le moment, la relance n´est pas la qualité première de cette ligne défensive. Mais comme à Lille, Halilhodzic veut d´abord fermer la maison.
Benachour, le maillon manquant. « Depuis dix jours, je travaillais deux systèmes, dont un avec Benachour, confie Halilhodzic. Je cherchais quelqu´un capable de trouver les intervalles mais aussi d´aller vite vers l´avant. » L´entraîneur parisien a compris qu´il existait trop d´espaces entre son bloc défensif et Pauleta, trop esseulé sur le front de l´attaque. Le Portugais a besoin de jeu court et de passes offertes en première intention. Les longues transversales aventureuses ne s´accordent pas avec son profil d´avant-centre. La vision du jeu et la technique en mouvement de Benachour apportent la fluidité en phase offensive.
Un groupe se fédère. Mercredi lors d´un entraînement, Déhu se prend de bec avec son entraîneur et veut quitter la séance. C´est Bernard Mendy qui le retient. Quand Boskovic va être expulsé, samedi, Heinze se précipite sur l´arbitre pour le prier d´être compréhensif. A la fin du match, Cana est agressé par Kouassi. Déhu sprinte pour calmer son jeune partenaire. Sur le banc de touche, Alonzo vit chaque action en bondissant et s´occupe d´offrir les bouteilles d´eau dès qu´un partenaire s´approche. Cette semaine, Halilhodzic a réuni son staff dans un restaurant italien dans le même esprit. Son message a été clair : Paris ne s´en sortira que si tout le monde rame dans le même sens. Du coup, Paris gagne un match en étant réduit à dix pendant une heure. « A Guingamp, c´était un pour tous, et tous pour un », résume ainsi Halilhodzic.
Plus de faux-semblants. Cette saison, les Parisiens ne se retranchent plus dans de longs silences et derrière des visages fermés en cas de contre-performance. Le président Francis Graille les oblige à venir s´expliquer à tour de rôle devant les médias, donc devant leurs supporters. Cette obligation professionnelle fait également office de thérapie. Ainsi, Fabrice Fiorèse explique avec humour qu´il préfère jouer côté droit que meneur de jeu : « Fioresinho, c´est pas le top ! ». Pauleta exprime longuement son inquiétude face à son inefficacité pour mieux la dépasser. Comme par hasard, ces deux-là ont été décisifs à Guingamp.
Et ils restent lucides. Les Parisiens pensent tous à Auxerre. Fiorese : « Il faut profiter de ces bons moments pour prolonger cette série contre Auxerre. » Pierre-Fanfan : « Il faut s´inscrire dans une logique de résultats positifs contre Auxerre et Sochaux. Il faut viser plus haut. » Halilhodzic : « On saura contre Auxerre si le PSG est vraiment de retour. » Tous les Parisiens ont fait preuve de modestie et d´humilité, samedi soir, après leur meilleur match de l´année. Samedi, au Parc des Princes, ils passeront un vrai test face à des Auxerrois qui ont retrouvé leur niveau. En attendant, hier, Halilhodzic a offert à ses joueurs sa célèbre tournée de champagne Dom Pérignon rosé.