Le PSG transfiguré
Parlons-en, justement, du PSG. Il a réalisé, et de très loin, le meilleur match de sa saison. Mais pourquoi diable s'entête-t-il à refuser à jouer au Stade de France ? Son public y fait un boucan d'enfer, et les joueurs y ont un comportement de champion. Malgré ses deux défaites contre Lyon, cette saison en L1 (2-3 au Parc puis 2-4 à Gerland), une drôle de question avait démangé les suiveurs : pourquoi cette équipe donne-t-elle l'impression de bien jouer contre l'OL ? Réponse toute faite : Lyon est une équipe qui joue, donc qui laisse des espaces, et en plus elle joue moins en bloc que par le passé. Samedi, il y a eu plus que ça. Le PSG a mordu dans son match, enchaîné des séquences stupéfiantes au regard de l'ordinaire. Sans inhibition, avec un bloc plus resserré que Lyon, avec l'absolue détermination de finir la saison en beauté. Comme escorté d'un incroyable sentiment de légèreté, passé le cut de la 38e journée. Le PSG en championnat, cette saison, c'était trois passe latérales, jeu arrêté, et la quatrième était interceptée ou ratée. Au Stade de France, il a joué en avançant : un contrôle, passe vers la ligne de devant, souvent dans l'intervalle, sans peur de la prise de risque. Combien de fois dans la saison a-t-on vu un Diané passer un ballon dans la profondeur aussi délicieux et imprévisible que celui confié à Pauleta à la 41e ? Combien de fois a-t-on vu Diané, Pauleta, Mendy ou Luyindula affronter le duel et le gagner ? Le foot, c'est désormais établi, est un sport qui se joue dans la tête.
Le PSG devra se contenter de sa Coupe de la Ligue, d'un émouvant hommage rendu à Pauleta à sa sortie (71e) et de cette forme d'accomplissement que peut être une défaite avec la manière. L'équipe en a fait assez pour heurter deux fois les montants de Coupet (Camara 10e, Yepes 63e), provoquer une main de Boumsong non sifflée par M. Kalt (63e), obliger le même Boumsong (21e) et Réveillère (32e) à sauver en catastrophe ou forcer Coupet à sortir des gestes de classe internationale (61e). Et Armand s'est vu refuser un but sur hors-jeu (45e+2). Lyon n'aura pesé que par intermittence, aussi désordonné dans son 4-4-2 de printemps que dans son 4-3-3 qui connaissait désormais des ratés. Des tirs de loin et des frappes contrées : Alonzo a été mis au régime sec jusqu'à un duel avec Keita dans les dernières secondes. Mais voilà, c'est l'un des suprêmes paradoxes dont le football est capable. L'équipe de Lyon la moins impressionnante depuis quatre ou cinq ans est la première à réaliser le doublé. Alain Perrin peut savourer une oeuvre qui est déjà peut-être achevée. Et l'OL tout entier, espère ne pas subir le mouvement de balancier la saison prochaine.
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Argh je suis tout à fait d'accord. 