«Je ne suis pas une star»
Reinaldo, attaquant du PSG
C´est un jeune homme de 24 ans aussi discret qu´attachant. Avec trois buts en deux titularisations, Reinaldo a su sortir de l´anonymat. Ce soir, il compte bien aider le PSG à battre Toulouse. Mais le Brésilien aimerait aussi que son club lui propose enfin les cours de français qu´il attend en vain depuis plusieurs semaines...
Qu´éprouvez-vous à être actuellement le meilleur buteur du PSG ?
Reinaldo. Je suis très content mais je le serais davantage si le club était mieux classé. Peu importe qui marque, le PSG doit gagner contre Toulouse.
Vous n´étiez pas connu en France. Vous attendez-vous à être désormais davantage surveillé par les défenseurs ?
Oui, dès ce match-là d´ailleurs. Dans le football, c´est difficile de trouver des espaces mais encore plus en France où le marquage est très serré. Mais j´ai l´habitude car au Brésil... j´étais connu ( il sourit).
Quels sont vos qualités et vos défauts ?
Je crois en tous les ballons. Je pense aussi être rapide et je ne me décourage jamais. En revanche, je dois améliorer la qualité de mes passes parce que l´entraîneur a demandé des passes parfaites. Je dois aussi m´habituer à effectuer du pressing. Au Brésil, on ne fait pas ça.
Quels joueurs vous ont servi d´exemples ?
Romario reste mon idole. A Rio, il a toujours été humble avec les jeunes de Flamengo dont je faisais partie. En Europe, Ronaldo est au-dessus de tout. Je suis aussi impressionné par ce que fait Ronaldinho même si nous n´évoluons pas au même poste. Et puis je n´ai jamais vu quelqu´un marquer autant de buts et avoir autant de réussite que Van Nistelrooy ( NDLR: attaquant néerlandais de Manchester United).
Vous auriez aimé jouer avec Ronaldinho ?
Cela aurait un rêve. Quand j´étais encore au Brésil, il m´avait dit au téléphone qu´il aurait bien aimé évoluer avec moi car je suis un attaquant rapide et que c´est plus facile pour lui. Mais je ne suis pas du genre à me lamenter. J´essaie au contraire de profiter des joueurs qui sont dans le groupe.
Vous êtes avec Paulo Cesar les derniers Brésiliens de l´équipe...
C´est un frère pour moi. Sans lui, mon destin ici aurait été différent. Et je ne dis pas ça parce qu´il m´invite tous les jours à manger chez lui !
Comme tout Brésilien, vous êtes très lié à votre famille...
Oui, et ils me manquent beaucoup... Ils ne peuvent pas venir car mon frère et mes deux soeurs vont encore à l´école. Alors, nous nous appelons beaucoup.
La mort de votre père a été très dure à vivre...
C´est lui qui m´emmenait voir les matchs de Flamengo. Il m´a poussé à devenir footballeur alors que ma mère voulait que je travaille pour ramener de l´argent à la maison. Il est décédé le 13 juillet 1998, le lendemain de la finale France - Brésil... J´avais 19 ans. Je suis resté une semaine sans m´entraîner. Je voulais arrêter le football. Mais les dirigeants de Flamengo ont insisté pour que je continue en sa mémoire.
Que représente pour vous votre venue en Europe ?
C´était quelque chose de prévu car j´ai joué dans de grands clubs au Brésil ( Flamengo et Sao Paulo FC) qui sont des vitrines du football brésilien. Comme je marquais beaucoup, je me doutais que j´aurais une chance en Europe.
Votre arrivée à Paris a pourtant pris du temps...
Cela a été difficile et compliqué... J´ai vécu l´un des moments les plus difficile de ma carrière. La première fois ( Ndlr: en janvier dernier, il avait été convoqué à Paris par Luis Fernandez), on m´a dit: «Tu peux repartir à Sao Paulo», où j´étais prêté par le PSG. J´étais pourtant dans une bonne période... Là-bas, j´ai dû me mettre dans la tête qu´il fallait que je recommence à très bien jouer pour revenir à Paris. Et cet été, j´ai cru à nouveau qu´on ne compterait pas sur moi. J´étais super-triste. Mais, maintenant ça se passe bien et avec l´aide de Dieu, j´espère continuer à marquer.
Depuis le début, vous semblez plutôt réservé...
La discrétion, c´est un peu mon style et ma façon d´être même si c´est accentué ici par le fait que je ne parle pas encore français. Et puis, je ne suis pas une star. Au Brésil, j´avais l´habitude de faire des blagues avec les autres joueurs, de rire tout le temps. Maintenant ici, en Europe, je dois m´adapter. Et je ne connais pas encore les joueurs susceptibles d´apprécier mon humour! Mais j´ai un contrat à remplir ici: écrire l´histoire avec le PSG.
===> AHHHHHH bon petit ce Rei´