Mme Alliot-Marie prête à dissoudre des groupes de supporteurs du PSG
Les groupes de supporteurs du PSG impliqués dans l'exhibition d'une banderole injurieuse lors de la rencontre du club en finale de la Coupe de la Ligue face à Lens, le 29 mars, pourraient bien être dissous. C'est du moins la volonté de la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie qui a saisi la commission nationale consultative pour la prévention des violences dans les enceintes sportives, présidée par le conseiller d'Etat, Pierre Bordry, et composée de douze membres, dont Frédéric Thiriez, vice-président délégué de la Fédération française de football.
L'hypothèse d'une autodissolution avancée vendredi 4 avril par les trois plus vieilles associations du Kop de Boulogne, les "Boulogne Boys", les "Rangers "et les "Gavroches", ne change rien. " La procédure ira jusqu'au bout", prévient-on dans l'entourage de la ministre.
Pour l'heure, seuls les "Boulogne Boys" paraissent en fâcheuse posture. Parmi les trois personnes, âgées de 20 à 28 ans, interpellées et mises en examen, vendredi, pour "provocation à la haine ou à la violence lors d'une manifestation sportive", - un délit passible d'un an de prison, de 15 000 euros d'amende et de trois ans d'interdiction de stade -, l'une d'elles a reconnu faire partie du bureau du groupe de supporteurs où elle serait entrée en 1999. Une perquisition, effectuée dans les locaux des "Boulogne Boys" et aux abords a permis de trouver des traces de peinture qui pourraient avoir été faites lors de la confection de la banderole. Les deux autres hommes se sont présentés comme des indépendants ; n'adhérant en principe à aucune association, ils sont considérés comme plus incontrôlables.
Il s'agit de "personnes bien insérées socialement", a indiqué à la presse le procureur de Bobigny, François Molins. Des étudiants ou des travailleurs "dépassés par les événements" et qui ont "exprimé des regrets", tout en minimisant la portée de leurs actes et en renvoyant à une pratique qui serait habituelle dans les stades.
Les trois suspects ont avoué avoir participé au transport et à l'assemblage de la banderole pour l'un d'entre eux et à sa confection pour les deux autres, a précisé M. Molins. Ces trois personnes, qui avaient déjà fait l'objet d'interdiction temporaire de stade, ont été laissées en liberté sous contrôle judiciaire.
Si, au terme de l'enquête, la décision était prise de dissoudre les "Boulogne Boys", ces derniers, créés en 1985, rejoindraient la cohorte de la trentaine de groupes de supporteurs du PSG déjà dissous ou mis en sommeil.