ILS PLAIDENT L´ACCIDENT
Même si leur défaite face à Lorient (2-3) a remis en scène les défauts éternels du "Paris qui déçoit", les joueurs du Paris-SG annoncent qu´ils rectifieront le tir samedi à Valenciennes. A une condition : jouer enfin en équipe.
« Si dans trois mois, on est dixième... »
Les joueurs du Paris-Saint-Germain ont eu le temps de réfléchir à leur déconvenue contre Lorient (2-3). Mickaël Landreau parlait, dès samedi, d´une performance «difficile à expliquer». Le recul n´a pas offert beaucoup plus d´éléments à ses équipiers, sauf un : il est trop tôt pour s´inquiéter et dire que le PSG est condamné à une nouvelle saison galère. «C´est plutôt un accident de parcours qu´un mal profond» résume la recrue Samy Traoré, indisponible samedi. «C´est difficile de se faire une idée précise sur un match, veut croire Pauleta. Mais ce n´est pas possible de commencer un Championnat comme ça. Si dans trois mois on est dixième, alors ça voudra dire qu´on n´a pas retenu les leçons du passé et il y aura de quoi s´inquiéter. Samedi, on était trop loin les uns des autres. Mais on est là pour s´aider. On va penser au match de Valenciennes, avec l´objectif de ne pas perdre.»
Dès dimanche, tous les joueurs promettaient d´afficher un autre visage chez cet autre promu, qu´ils affrontent dans le cadre de la 2e journée. «On a clamé qu´on était solide. Ce sera le moment de le montrer samedi prochain, engage Edouard Cissé. Contre Lorient, les lignes se distendaient au fil du match. On n´a pas fait notre boulot sur 90 minutes et le coach est vexé, c´est normal.» Le plus ancien Parisien de l´effectif, qui en a vu d´autres, ne plaide pas le manque d´envergure physique. «Je ne pense pas que ce soit physique, même si on n´est pas au top.» Même approche pour Jérôme Rothen. «Les fatigues, c´est bon dans les derniers quarts d´heure. Mon analyse est plutôt qu´on n´a pas fonctionné en bloc équipe sur tout le match. Dans le vestiaire, il y avait un sentiment terrible. Tu ne peux pas être satisfait quand tu mènes deux fois au score et que tu perds.»
Toujours ce manque de caractère
Guy Lacombe, forcément sensible à la pression du résultat qui pèse sur chaque entraîneur parisien, a déjà prévu de mettre en concurrence «certains» joueurs qui «n´ont pas pris leurs responsabilités». «Il faut arrêter de dire aux joueurs qu´ils ont du talent, s´emportait-il dès la fin du match. On peut avoir un jour sans mais on ne peut pas jouer comme ça. Être joueur professionnel impose des contraintes et des efforts à faire.» Le constat n´est pas tout à fait nouveau. Guy Lacombe toujours : «Le football est un jeu d´équipe. Il faut d´abord jouer en équipe et pour l´équipe. C´est la base de tout. Après seulement la qualité des joueurs fera la différence. Ici, les joueurs qui jouent en équipe, il faut les chercher, franchement.» Ces propos datent du 19 février dernier au soir d´une défaite contre Le Mans (0-1) au Parc des princes. Rien n´a changé en Championnat, la victoire en Coupe de France ayant pourtant promis des lendemains unis. «A l´entraînement on se parle, relève Mendy. Mais en match... »
Il y a six mois, l´ancien entraîneur de Sochaux avait pointé ce qui semble être l´un des deux problèmes fondamentaux du Paris-SG depuis l´époque dorée de la période 1991-1996 : un manque de caractère trop lourd à dépasser parmi les joueurs, l´autre étant l´instabilité chronique à la tête du club. «Je vais aligner des joueurs qui ont envie de jouer ensemble, de jouer en équipe. Il faut ça même à Paris. Et je dois même le dire, encore plus à Paris, en raison de l´environnement et du contexte, expliquait Guy Lacombe. Les joueurs ont la qualité technique et physique, forcément, puisqu´ils sont à Paris. Mais on sait pertinemment que c´est la qualité mentale qui fera la différence. Je suis déçu qu´il n´y ait pas eu de prise de conscience plus tôt. Les joueurs sont un peu comme des gosses : il faut attendre de se brûler pour comprendre le danger. Là, ils se sont bien brûlés. » Ils avaient oublié ce que ça faisait. Il leur faudra encore avoir la peau dure cette année.
CAYZAC PREND TOUT POUR LUI !
Loin du discours d´un Guy Lacombe qui n´a pas l´habitude de protéger ses joueurs si ceux-ci ne le méritent pas forcément, le nouveau président du PSG Alain Cayzac, a personnellement assumé la responsabilité de la défaite contre Lorient, dimanche sur l´antenne de RMC Info. «Le PSG est comme une entreprise et lorsque l´entreprise ne va pas bien, c´est le patron le responsable. Là, le patron, c´est moi, je suis donc fautif. J´essaierai de faire mieux la prochaine fois.»
Il a poursuivi : «On sait que ça ne se passe jamais comme prévu. Tout paraissait bien huilé, on a fait une première mi-temps correcte puis on a perdu confiance au fil des minutes en deuxième mi-temps et les démons ont resurgi. Il va falloir essayer que ce ne soit pas le début d´une crise de doutes. C´est la défaite du club, pas seulement celle des joueurs.»