Tapie rêve de Paris
Bernard Tapie est de retour. Dans la foulée de sa victoire en justice contre le Crédit lyonnais, l´ancien président de l´OM n´exclut pas de revenir dans le football. Il veut relancer l´idée d´un deuxième grand club à Paris pour concurrencer le PSG.
Allez-vous revenir à l´OM ? Bernard Tapie.
Non, parce que le propriétaire (NDLR : Robert Louis-Dreyfus) est là pour longtemps. Les résultats, mauvais ou contradictoires, ne lui ont pas donné envie de mettre un terme à sa vie dans le foot. Donc, l´OM, on oublie. On m´a proposé deux ou trois fois des clubs susceptibles d´être parmi les meilleurs, à qui il manquait un peu d´expérience et de dynamisme. Mais, quand on est président, on est avant tout supporter, c´est très compliqué de changer de club. Blayau est passé de Rennes au PSG, mais Paris ce n´est pas son club.
Un autre projet pourrait-il vous inciter à revenir dans le football ?
Ramener un deuxième grand club à Paris, comme c´est le cas à Rome, Barcelone, Milan ou Londres, ça me brancherait. Le Stade de France n´est toujours pas occupé. Un parcours de bon niveau dans le Championnat de France peut amener des recettes colossales et donner des assises financières très importantes à un club qui serait ambitieux.
Vous aviez planché sur un tel projet en 1999 avec Noisy-le-Sec...
J´ai cette idée en tête depuis un moment. Quand on voit le nombre de personnes qui se sont mobilisées pour Paris 2012, il y a un énorme potentiel d´énergie et de moyens financiers disponibles. Il faudrait partir d´un club qui soit dans l´une des trois premières divisions (NDLR : actuellement, Créteil évolue en L 2, l´Entente Sannois - Saint-Gratien en National, le Racing CF 92, le Paris FC et Noisy-le-Sec en CFA) et, pourquoi pas, le fusionner avec un autre club comme le Red Star. Quand on a le nom et le lieu, ce n´est pas insurmontable. On a fait des choses plus dures dans la vie.
Ce projet est-il réalisable à court terme ?
Pour l´instant, c´est un rêve. Mais il faut que ce projet démarre la prochaine saison. J´en ai parlé à Thiriez (NDLR : président de la Ligue de football professionnel), il est fana. Cet été, j´ai croisé Campora (NDLR : l´ancien président de Monaco). Il me dit : « Je viens avec toi. » Plein de gens bandent pour ce projet : équipementiers, chefs de télé, sponsors habitués du football... Jacques Séguéla (NDLR : le célèbre publicitaire) est intéressé. Claude Bartolone (NDLR : député PS de Seine-Saint-Denis) est passionné de foot et adorerait également participer.
Vous pourriez donc de nouveau diriger un club de foot ?
On n´en est pas là. Ce qui compte, c´est que ça débouche. Si demain un mec vient me dire qu´il veut mettre plus d´argent que les autres et devenir président, il est président.
L´Entente SSG intéressée
L´ANNONCE d´un retour de Bernard Tapie dans le monde du football n´a laissé personne indifférent au sein des clubs parisiens. Si Armand Lopes, président de Créteil (2 e de Ligue 2), et Philippe Bompard, son homologue du Paris FC (4 e en CFA), précisent que leur « club n´est pas à vendre », d´autres se montrent moins fermes. Luc Dayan, ancien président du Losc, aujourd´hui actionnaire majoritaire de l´Entente Sannois - Saint-Gratien (11 e de National), assure même que « la nouvelle l´a fait mourir de rire.
Tapie, c´est un vrai personnage de roman. Ça m´amuserait qu´il m´appelle. Je ne sais pas si on s´entendrait mais en tout cas je partage son analyse. Paris peut supporter deux ou trois clubs professionnels et le dossier concernant un deuxième grand club en Ile-de-France est le plus passionnant du football français. » Même son de cloche du côté du Racing (rétrogradé cet été en CFA et actuellement dernier de son groupe) où Jean-Michel Jaquot ne ferme pas la porte. « Pourquoi pas ? », lance le président du Racing. A Noisy-le-Sec (7 e de CFA), on n´a pas oublié que Tapie avait tenté une approche à la fin des années 1990. Mais compte tenu de son passé et de sa situation géographique (à quelques encablures du SDF), le Red Star (2 e de CFA 2) semble être la meilleure cible. « Le Red Star a tout pour être le deuxième grand club parisien, convient le président Davoine. Mais même si je n´ai rien contre M. Tapie, je resterais méfiant s´il venait à me contacter. »