MU - Berbatov enfin chez lui
samedi 31 janvier 2009
Hasard ou coïncidence, le renouveau de Manchester United dans le jeu correspond au net regain de forme de sa recrue phare de l’été, Dimitar Berbatov. Poussif en début de saison, le Bulgare enchaîne désormais les prestations de haute volée et les buts importants. En l’absence de Rooney, il sera l’atout offensif numéro un des Red Devils face à Everton cet après-midi.
Manchester a étrillé WBA sur son terrain en milieu de semaine (5-0). Mouais, et alors ? Si les boys de Ferguson ont désormais toutes les cartes en main pour conserver leur titre, il en faudra un peu plus pour décréter le retour de la machine à marquer qu’étaient les champions d’Angleterre lors des deux précédentes éditions. Sauf qu’il y a un mois, MU se serait bien contenté de gagner 1-0, faute de mieux, sur un coup de casque de Vidic ou un but de raccroc de Fletcher. Un bail que le quatuor offensif des Red Devils - le match de Chelsea mis à part - n’avait pas autant carburé. Même Berbatov semblait trouver ses coéquipiers les yeux fermés. Pour la première fois de la saison, le Bulgare ne donnait pas l’impression d’un être égaré au milieu d’un collectif qui, disons-le franchement, n’avait pas vraiment besoin de lui pour briller.
Rarement période d’adaptation n’avait duré aussi longtemps. Arrivé pour renforcer un secteur qui ne l’avait pas attendu pour faire ses preuves, Berbatov a passé six mois à se marcher sur les pieds avec Rooney et à empiéter sur les plates bandes de Ronaldo. Louis Saha parti à Everton, le Bulgare aurait pu être là pour faire le nombre, à savoir remplacer numériquement le Français dans l’attaque à deux têtes des doubles champions d’Angleterre. Seulement, il a coûté 36 millions d’Euros. Ferguson s’est donc entêté à le faire jouer coûte que coûte, allant même jusqu’à aligner Rooney milieu droit en début de saison, une hérésie.
Au lendemain d’une défaite face à Arsenal au cours de laquelle le Bulgare avait été transparent - ce qui ne l’avait pas empêché de jouer tout le match -, on imaginait l’édifice mancunien fragilisé, pour ne pas dire en train de s’écrouler. Une situation qui rappela l’épisode Veron, au début de la décennie 2000. La venue de l’Argentin, priorité numéro un de Ferguson, obligea l’Ecossais à modifier son milieu de terrain, pourtant de loin le meilleur d’Europe à l’époque, pour y insérer l’ex Laziale qui du coup a fait office de cinquième roue du carrosse. Avec ce milieu à cinq, MU ne quadrilla plus aussi bien le terrain qu’à l’accoutumée et son équilibre en devint ébranlé. Un chamboulement tactique qui avait marqué la fin de l’hégémonie Mancunienne sur la Premier League. Bis repetita ? Non, Ferguson ne fait jamais deux fois les mêmes erreurs.
La vie sans Rooney
Berbatov a débarqué à Old Trafford avec son buste droit, son serre-tête et ses extérieurs du pied, et sa réputation de joueur classieux. Les supporters s’attendaient à voir le nouveau Cantona, ils ont découvert un joueur qui tripote bien la balle, certes, mais surtout un mec qui marche et qui n’est jamais là dans la zone de vérité. Jusqu’à Noël, le Bulgare a joui d’une incroyable indulgence de la part du manager écossais. Alors que Tevez, qui avait pourtant déjà fait ses preuves, rongeait son frein sur le banc, Berba débutait - et finissait - presque systématiquement toutes les rencontres. Puis est arrivé janvier et ses matches à répétition. Et l’ancien Spur s’est mis à claquer : Middlesbrough, Chelsea, Bolton et dernièrement WBA ont fait les frais du réveil du sosie d’Andy Garcia. A croire que Berbatov avait compris le jeu de Manchester. En réalité, ce sont davantage ses coéquipiers qui se sont adaptés à lui.
Petit à petit, Berbatov est donc devenu ce killer des surfaces qu’attendait Ferguson, capable de donner trois points à son équipe à la 92ème, comme à Bolton dernièrement. Plus mobile, plus tranchant, le Bulgare a compris qu’il devait arrêter de se regarder jouer. En tête du classement des passeurs avec neuf unités, le Bulgare est revenu dans le coup au bon moment, puisque Rooney est actuellement indisponible depuis son claquage face à Wigan. Paradoxalement, Berbatov semble davantage libéré depuis la blessure de l’international anglais. Il décroche, touche plus de ballons et marque les buts que l’on est en droit d’attendre d’un joueur à 36 millions. Comme si le malheur des uns faisait le bonheur des autres. Carlos Tevez ne dira pas le contraire.