Rooney : l’indispensable
Voila Manchester United champion d’Angleterre pour la deuxième année consécutive. Tout le monde jase sur Cristiano Ronaldo (ce qui est justifié avec de telles stats) mais un homme est la clé de voute du système de Fergusson: Wayne "Shrek" Rooney
Il explose aux yeux de l’Angleterre en 2003 en inscrivant un but hallucinant face à Arsenal; contrôle poitrine puis enchainement d’un dribble et d’une frappe de 25 mètres sous la barre. "Wayne Rooney, 17 years old, remember this name, remember this name" crache alors sur son micro le commentateur de SkySport. Il devient le plus jeune international anglais, et le plus jeune buteur, devant le vieux (25ans) Owen.
Un an plus tard, c’est toute l’Europe qui est émerveillée par ce jeune qui n’a peur de rien, super costaud, super puissant, mais aussi terriblement adroit et altruiste. Alors que le magnifique Michael Owen pédale dans la semoule, Rooney enchaine les grandes performances et les buts. Il marque à tous les matchs de groupe et mystifie même l’arrière garde française (pauvre Sylvestre) sans coup férir. Arrive le Quart face au Portugal, pays hôte. Le temps de chauffer l’arrière garde portuguaise, Owen retrouve son niveau et inscrit un but d’anthologie. Malheureusement, Shrek se blesse rapidement au métatarste (déjà) et laisse ses coéquipiers perdre avec les honneurs (et un but refusé pour rien).
Ayant tapé dans l’oeil de tous les observateurs de l’époque, il signe pour plus de 30 millions d’euros à Man United. Les fans d’Everton le maudissent, lui le Scouser, en qui ils voyaient un destin à la RAUL. Après avoir été écarté des terrains à cause de sa blessure à l’Euro, il revient pour son premier match de Ligue des Champions face à Fenerbhace; verdict: 3 buts!
Alors que Ronaldo tombe à chaque match, Rooney montre une hargne typiquement anglaise: le fighting spirit. Pas un match ne se passe sans qu’il n’insulte l’arbitre à coup de fu*k ou d’autres mots poétiques. Il court partout, revient défendre, tente des reprises de volley de n’importe où, frappe de 35 mètres etc...
Mais au fil du temps, Fergusson arrive à le polir; il fait partir l’albatros van Nistelrooy pour lui faire de la place au sein de l’attaque (pourtant, c’était magique van Nistelrooy-Rooney-Ronaldo). Malheureusement, Rooney se blesse encore au métatarste avant le mondial allemand et y est transparent. Mais il n’oublie pas de s’essuyer les crampons sur les partis de Carvalho, coupable de trop lui caresser les chevilles. Ronaldo vient alors voir l’arbitre pour l’inciter à mettre un rouge.
Alors que tout l’Angleterre pense que le gamin va refaire le portrait à la starlette portuguaise, il ne se passe rien; au contraire ils forment un duo de choc. Si Ronaldo marque plus que Rooney, ce dernier défend plus, fait plus de passes décisives, décroche plus, fait plus d’appels.....Lors de la demi face à Milan, c’est lui qui tient la dragée haute à Kaka.
Cette année encore, il est dans l’ombre de Ronaldo, mais il a tout de même inscrit plus de 20 buts, mais c’est lui qui crève l’écran par sa combativité, son sens du devoir et du jeu et par des buts tout aussi jolis et importants que ceux de Ronaldo (il marque contre Chelsea et Arsenal entre autre, pas Ronaldo). Il est à la fois 10, 9 mais aussi 6.
Alors la question que je me pose aujourd’hui: est ce que Ronaldo aurait inscrit 31 buts sans Rooney?
Que serait Ronaldo sans le travail de sape de Rooney?
Petite info, Ronaldo est le témoin de mariage de Rooney cet été.