Foot - C1 - Marcos : « Tout sauf un hasard »
Notre consultant Angel Marcos explique la qualification de Chelsea à Valence (2-1) par la détermination sans limite de l´équipe de José Mourinho, pourtant avare de jeu mais dotée de moyens athlétiques sans équivalent. Il souligne que Manchester United a su provoquer, par son intelligence tactique, la démonstration contre l´AS Roma (7-1).
« La qualification de Chelsea est logique, il n´y a pas photo sur le contenu de sa deuxième mi-temps à Valence. L´équipe espagnole a mis du temps à comprendre qu´il ne fallait pas laisser le ballon à Chelsea, qui a d´abord fait n´importe quoi avec, dégageant aveuglément même quand l´adversaire ne pressait pas. Exaspérant ! Il a fallu attendre une demi-heure pour voir Valence prendre le ballon, attaquer à quatre ou cinq. Le résultat n´a pas traîné : trois énormes occasions, dont un but. Il s´en est fallu de peu que le match soit plié avant la mi-temps. Ça n´aurait pas été du luxe, car les Espagnols ne pouvaient pas s´opposer beaucoup plus longtemps aux qualités athlétiques de Chelsea. Pendant une mi-temps, les Anglais n´ont rien tenté. Puis la rentrée de Joe Cole a fait un bien énorme à Chelsea. C´est un joueur plus créatif que les quatre autres milieux réussis. Il a pris la place de Diarra, Essien reculant au poste de latéral droit. Cette entrée a enfin permis à l´équipe d´utiliser toute la dimension du terrain, dans la largeur, puis d´imposer son rythme par des passes. Même si l´égalisation est venue sur une action ´´à la Chelsea´´, un ballon balancé dans la boîte, contré, puis repris par Chevtchenko, il y avait une domination flagrante, un travail de sape, du mouvement. Valence, privé de ballon, a fini par craquer. Son seul espoir, c´était déjà les tirs au but. Ce que montre Chelsea n´est pas très enthousiasmant, mais il y a bien un esprit commando dans cette équipe. Les joueurs se sentent imbattables et ont une dévotion pour l´entraîneur. Cela se voit dans leurs gestes, ils font des efforts inconsidérés pour compenser les déséquilibres de l´équipe, nés du profil très axial de la plupart des joueurs.
La victoire de Manchester United est évidemment difficile à expliquer rationnellement. Un tel score est difficile à appréhender en Ligue 2, alors en Ligue des champions contre l´AS Roma... Manchester avait cependant tout compris qu´il y avait deux choses à faire contre cette équipe, celles que Lyon n´était pas parvenues à réaliser. La première : presser haut pour empêcher Rome de diriger le rythme du match. La deuxième : utiliser sa faiblesse sur les côtés. Cette intelligence a créé la réussite et entraîné des buts exceptionnels. Ce pressing effréné, Manchester l´a réalisé y compris dans la surface romaine, où on a vu Mexès et Chivu dégager droit devant. Réussir cela est impossible plus d´une demi-heure. La question est : que se serait-il passé à 0-0 après trente minutes de jeu ? Personne ne le saura car Manchester a pris le risque de faire ce qu´il fallait. Quand on provoque autant la réussite, on finit par l´avoir. Car lorsque Manchester récupérait le ballon, il l´utilisait rapidement en allant sur toute la largeur. Rome a des difficultés sur les côtés car ses défenseurs ont plus des profils de contre-attaquants. Or, Manchester a la particularité de posséder de vrais joueurs de côté, Giggs et Ronaldo. Tous les buts sont venus des côtés, ce qui a créé des décalages dans l´axe et ensuite de la place partout sur le terrain. L´arme majeure de la Roma, c´est son utilisation du ballon, puisqu´elle ne le perd presque jamais. Or, là, elle ne l´avait pas, elle ne se trouve quasiment jamais dans cette situation et elle n´a pas su la gérer. Elle a même réussi à se créer des occasions avec des miettes, attaquant comme d´habitude à sept ou huit dès la récupération. Ce match était un rêve, c´est entendu, mais ce déroulement était tout sauf un hasard. C´était une démonstration d´intelligence tactique. »