Football : « Le pari d´un nouveau fonctionnement »
Loïc Amisse nouvel entraîneur du FC Nantes
« On ne change pas d´entraîneur, mais de staff technique. » C´est le message qu´a fait passer Jean-Luc Gripond, hier, lors de l´intronisation de Loïc Amisse en qualité de nouvel entraîneur du FCNA. En faisant aussi son mea culpa, le président des Canaris a présenté les grandes lignes de conduite du club en terme de fonctionnement.
Au FC Nantes, on tire un trait sur le passé, tout en s´appuyant sur l´histoire du club, sur sa culture, ses valeurs et sa philosophie. La nomination de Loïc Amisse au poste d´entraîneur, c´est le choix de la promotion d´un homme du sérail, joueur mythique, symbole de l´institution jaune et entraîneur crédible, sérieux et discret. « Autant au moment du départ de Raynald Denoueix, nous avions privilégié la solution extérieure pour s´enrichir des différences, rappelle Jean-Luc Gripond. Autant là, le choix d´un homme de la maison nous semblait essentiel. » Car le patron du FCNA a, entre temps, fait son mea culpa.
« Les choses ont dégénéré, explique-t-il. L´individualisme a pris trop de place dans le fonctionnement collectif. Je n´ai pas été assez rigoureux à un certain moment. Je n´ai pas osé « faire péter la baraque » ! Mais à dix matches de la fin, nous n´étions pas dans une situation d´angoisse, mais à la limite de nos objectifs. Or j´ai sans doute fait là une grave erreur d´appréciation. Donc je n´ai pas tapé du poing sur la table et j´ai attendu la fin de la saison pour opérer à des changements. » Robert Budzynski abonde et va même un peu plus loin. « Au fil des mois, les choses se sont désolidarisées. Et le comportement des joueurs a été à l´image de ceux qui les dirigeaient... »
Après avoir pris le temps de l´analyse, à un moment où une nouvelle crise pointait le bout de son nez, puis celui de la réflexion, et donc de l´attente, Jean-Luc Gripond a mis en lumière les dysfonctionnements de la maison jaune pour mieux les exorciser. « La faiblesse la plus lourde à porter, c´est le manque de cohésion du staff technique. Il n´y avait pas de guerre ni de clan, mais des problèmes de conceptions non partagées. De différences millimétriques. On a donc décidé de changer non pas d´entraîneur, mais de staff technique. Si cela fonctionne bien dans le staff, cela portera ses fruits sur le groupe. Car on sait que cette équipe peut faire bien plus et beaucoup mieux. »
« Georges Eo restera au club »
Alors l´équipe dirigeante a oeuvré. Et consulté. Loïc Amisse puis Serge Le Dizet sont passés dans le bureau du patron. Chacun a présenté son staff au président et son projet. C´est celui du premier qui a convaincu. « Le choix du coach s´est fait sur deux points, précise l´homme fort du FCNA. 1) celui de la solidarité, le point qui nous faisait défaut, 2) le choix de l´homme. Dans ce contexte, « Lolo » nous a parus plus mûr, le plus approprié à notre situation. Désormais, il y a un staff cohérent pour l´équipe pro ( celui de Loïc Amisse, lire ci-dessous N.D.L.R.) et un autre, en cours de finalisation, pour le centre de formation ( celui de Serge Le Dizet promu entraîneur de l´équipe réserve N.D.L.R.). Deux patrons en somme, alors qu´auparavant, le patron des pros était celui du centre de formation. Le pari, il est là : bâtir quelque chose d´innovant, à Nantes, en terme de fonctionnement. Aujourd´hui, Loïc et Serge acceptent chacun le rôle de l´un et de l´autre. »
Tout comme ils cautionnent le nouveau statut de Georges Eo. Le désormais ancien adjoint de Blazevic, de Suaudeau, de Denoueix et de Marcos ne rentrait ni dans les plans d´Amisse ni dans ceux de Le Dizet. « Mais Georges restera au club, affirme le président. Il travaillera, aux côtés de Robert, dans un secteur où nous avons des manques : la supervision et le recrutement. »
Reste maintenant à construire l´équipe qui inaugurera ce nouvel organigramme. Eric Djemba y fuguera-t-il ? Mickaël Landreau en sera-t-il le capitaine ? Et le président parviendra-t-il à la réduire à 26 pros comme les limites économiques le contraignent à le faire ?