Zinédine Zidane se faisait une fête de venir au Chili, de fouler pour la 1ère fois le sol sud-américain de son idole, l´Uruguayen Enzo Francescoli, et en même temps, d´être à l´abri pendant une semaine des médias espagnols. Mais, son talent, doublé d´un nouveau statut de joueur le plus cher de l´histoire, font de lui une vrai star bien au-delà de la Cordillère des Andes.
Impossible de faire un pas sans avoir à ses basques une horde de journalistes et de curieux. Mais, en prenant de l´âge, Zizou est devenu philosophe. "Maintenant, c´est comme cela. Il faut s´y faire. C´est devenu plus que du football", lâche-t-il un sourire figé à la commissure des lèvres en levant les yeux sur la barrière humaine qui l´attend quelques mètres plus loin.
"Mais, maintenant, je suis prêt de la fin (de ma carrière). Il me reste encore quatre belles années de football. J´aurais connu une aventure extraordinaire avec l´équipe de France, un club fantastique avec la Juventus et aujourd´hui un club mythique avec le Real. A 33 ans, j´aurais fait le tour. Après, je ferais autre chose", lâche-t-il, un rien désabusé.
Puis, rapidement, le professionnel reprend le dessus. "C´est vrai que je suis en meilleure condition qu´à Nantes pour le match de reprise contre le Danemark (1-0 le 15 août). L´entraînement au Real est plus dur. Il y a davantage de travail foncier et moins de ballon. Cela devrait progressivement porter ses fruits", analyse-t-il.
Malgré la défaite à Valence (0-1) pour la première journée de championnat, Zidane n´est guère préoccupé pour la suite de la saison. "Il y a toujours une période d´adaptation. Plus cela va avancer, mieux je me sentirais avec le groupe", estime-t-il avant de lever toute ambiguïté sur le thème récurrent développé par la presse espagnole pour savoir si c´est Zidane qui doit s´adapter au jeu du Real ou le contraire.
S´adapter au Real
"Quand un joueur arrive au Real, c´est à lui de s´adapter. C´est à moi de m´intégrer et d´ailleurs tout le monde m´a parfaitement bien accueilli. Il me reste à démontrer sur le terrain que le Real a bien fait de m´acheter", lance-t-il en souriant. En fait, Zidane, malgré cette pression de tous les instants, affiche sa joie de retrouver ses copains de l´équipe de France.
Après les déjeuners, expédiés en une vingtaine de minutes, les discussions se prolongent longtemps autour de la table, ou dans un des recoins du palace. "Le Chili. C´est vrai que c´est un petit peu loin. Mais, cela nous laisse un petit peu plus de temps pour être ensemble", avoue-t-il.
"Et puis, ajoute-t-il l´oeil gourmand, c´est la première fois que je viens en Amérique du sud, un pays où l´on aime le football et les gestes techniques, même si j´évolue à un poste où l´on voit de moins en moins de joueurs opérer dans ce registre. Surtout ne me comparez pas à Maradona, c´est une autre planète", lance-t-il, modeste, aux journalistes chiliens.
Heureux de participer à une rencontre aux allures de match de gala pour les adieux de "Bam Bam" Zamorano, "un joueur qui a beaucoup donné au football", Zidane espère qu´en raison du caractère amical de la rencontre "on pourra véritablement jouer au ballon". Presque un luxe avant les joutes ibériques et européennes.